Assemblée proviniale de Kinshasa : échauffourées entre députés et policiers

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Le spectacle, auquel journalistes et téléspectateurs ont assisté vendredi devant la salle de spectacles de Boboto– ironie du sort –  entre policiers et élus provinciaux de Kinshasa était fort désolant. Cause : les députés provinciaux tenaient, coûte que coûte, à pénétrer dans la salle pour y tenir leur plénière. Mais les agents de l’ordre – sur instruction du Parquet général de la République – s’y sont farouchement opposés. Il s’en est suivi un grand remue-ménage lorsque les policiers se sont interposés contre la volonté des élus. Les uns comme les autres ont momentanément recouru aux biceps pour se faire entendre. Certains ux de nos élus, tirés à l’arrivée, à quatre épingles, ont vu leurs vestes malmenées et fort froissées. Face aux journalistes, ils ont déploré « l’interférence du judiciaire dans le législatif ».  

           Déçus mais ne s’avouant pas, pour autant vaincus, les élus se sont engouffrés, chacun dans sa jeep. Destination : Salle de congrès du Palais du peuple. Ici, les 34 sur 45 députés ont sollicité l’autorisation du président du Sénat qu’ils auraient obtenue pour siéger. Ce qui a été fait. Ils ont, dans la foulée de leurs travaux, adopté le rapport portant élection de Malungeni. Au sortir de la plénière, ils ont, à l’unisson, dit leur détermination à arrêter « l’arbitraire ».

            Entre-temps, au siège de l’organe délibérant, Nsingi, le président déchu,  recevait en audience trois députés « neutres ». A leur tête, le jeune Itoka qui a porté à la connaissance des journalistes que l’objet de leur échange a tourné autour des voies à proposer pour sortir de la crise. A ses yeux, la bataille que se livrent « légalistes » et « légitimistes », ne peut trouver une issue que dans une « concertation » entre les parties en conflit.

            On rappelle que Roger Nsingi, objet de déchéance depuis le 10 septembre par ses pairs, exerce sa fonction de président de l’Assemblée à la faveur d’une décision du Pgr qui le réduit à ne gérer que des « questions administratives » et non financières. Mais le président en disgrâce tient encore la comptabilité. Seule sa signature est acceptée chez le banquier qui loge les comptes de l’organe délibérant. En milieu de semaine, Marius Ngangale et Martin Fayulu, ont, au nom de leurs collègues, saisi le Pgr à travers une plainte. Ils accusaient Roger Nsingi d’avoir retiré les salaires du mois de septembre à la banque mais sans les leur verser. Ce qui a paru à leurs yeux comme un « détournement ».

            Mais Nsingi, de son côté, dit avoir « servi » huit de 45 membres de l’Assemblée. En réaction à l’élection de son successeur Malungeni, le résident du quartier cossu « Beau vent », souligne s’en tenir à la décision de justice, portant interdiction des plénières sur toute l’étendue de la ville. En sus, Nsingi s’étonne que « ceux qui se croient dans la légalité tiennent des plénières dans des hall (…) »

            La prochaine plénière, peut-être le prochain spectacle, c’est pour ce mardi.                       D-I.K

 

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