Assemblée provinciale de Kinshasa : Malungeni succède à Nsingi

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Chassés du « Salon rouge » des Affaires étrangères, cadre choisi pour abriter l’élection, mercredi 22 septembre, du président en remplacement de Roger Nsingi, les députés provinciaux se sont déportés au Palais du peuple. Arrivés à l’hémicycle de Lingwala, ils y ont planté leurs pénates au siège du Sénat en rappelant que les membres de la chambre haute sont bien leurs émanations. Ils ont, sur-le-champ pris quartier sur les marches au premier niveau de la bâtisse chinoise. 

            Le vice-président Mbangama et les deux rapporteurs, assis sur des chaises en plastique, ont prié leurs collègues, de s’asseoir à même le sol « pourvu que l’essentiel soit atteint ». Ce qui a été fait. Ordre du jour : élection du président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa. 

Le rapporteur a été prié de prononcer le quorum de décision. Sur 48 membres, 33 ont répondu à l’appel. Dans la foulée des débats, le vice-président a pris soin d’informer ses pairs qu’un communiqué du parquet général de la république était affichée sur toutes les entrées de la salle de conférences du collège Boboto, interdisait toute tenue des plénières. A ce sujet, Martin Fayulu a demandé et pris la parole, par une motion d’information, pour réagir, texte de la Constitution à la main. L’élu de Ngaliema s’est fondé sur  l’article 28 où il est bien stipulé que « Nul n’est tenu d’exécuter un ordre manifestement illégal… », pour rejeter la décision du parquet. Applaudissements. « Nous sommes une institution à la fois politique et législative. Que vient faire le judiciaire surtout que l’ordre public n’est pas troublé », a relevé Fayulu.

            Mme Kasa, a, pour sa part, abondé dans le même sens en se fondant, elle, sur l’article 6 du règlement intérieur qui, d’après elle, reconnaît à l’Assemblée de siéger où elle veut. « Nous devons donc tenir nos travaux ici ».

Désobéissance au PGR 

            Avant l’entrée en la matière, la procédure proposée par le président ad intérim a voulu, conformément au RI, qu’une résolution soit adoptée pour déclarer nulle toute entorse à la voie conduisant à l’élection du président. Aussitôt dit, aussitôt fait, la résolution a été lue et adoptée. La « résolution de désobéissance de la lettre de l’Avocat général de la République jamais déposée a été adoptée », a lancé le vice-président Mbangama avant d’inviter le rapporteur à revenir et procéder à l’appel nominal des membres constituant le corps électoral. L’urne était apprêtée de même que les bulletins de vote. Le candidat unique, Malungeni, a pris soin de lire son « projet de société ». L’heure du vote est arrivée, et chaque député, porteur d’un bulletin, a pu faire face à son « devoir civique ». Et la vérité des urnes était sans appel : Joseph Malungeni, candidat Mlc à ce poste, s’en est sorti avec toutes les voix, soit 33 voix sur 33 pour 48 députés régulièrement recensés, deux excusés et 13 absents.

            L’économiste, jusque-là président de la commission Ecofin, a été proclamé président de l’Assemblée provinciale. Jean-Busa, Fidèle Babala, deux hauts cadres du MLC que Nsingi accuse d’avoir joué pour son départ étaient bien là. Ils ont congratulé l’entrant tout en dénonçant « l’incursion » du pouvoir judiciaire dans le « fonctionnement d’une institution législative». A eux, s’est joint Germain Kambinga, cet autre jeune turc du Mlc.  

« C’est illégal… », persiste Nsingi 

Dans une conférence de presse tenue hier, le président déchu, a réagi à l’élection de Malungeni : « C’est illégal, c’est du théâtre de chez nous », a-t-il déclaré.

« Le PGR a interdit toute plénière, il a même demandé aux forces de l’ordre d’afficher le communiqué sur les entrées de la salle. Mais les députés ont refusé d’obtempérer en violation de la loi ». Nsingi continue de s’estimer comme l’incarnation de la liberté. 

    D-I.K

 

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