Assemblée provinciale de Kinshasa : le MLC réussit son penalty

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Le Mouvement de Libération du Congo a réussi son penalty : tel est le constat fait par les observateurs hier mercredi 22 septembre après l’élection d’un de ses cadres, en la personne de Malungeni, au poste de président de l’Assemblée Provinciale de Kinshasa, en remplacement de Roger Nsingi, lui aussi cadre du même parti. Contrairement aux appréhensions de certains qui craignaient de voir le parti cher à Jean-Pierre Bemba perdre l’unique Parlement provincial encore sous sa direction, l’électorat MLC n’a pas trahi. Le coup fourré de Mbandaka, avec l’éviction de José Makila au profit de Jean-Claude Baende, qui a depuis lors traversé la rue, ni le cauchemar d’Adam Bombole dans la course au gouvernorat de Kinshasa ou celui du duo Fuka- Nsemi  au Bas-Congo ne se sont pas reproduits. Tout est bien qui finit bien pour le MLC, pourrait-on dire.  

La séparation des pouvoirs affirmée

            La grande leçon de l’élection de Malungeni est à chercher dans l’affirmation, par les députés provinciaux de Kinshasa, du principe constitution de la séparation des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire. 

Visiblement bloqués par la note du Procureur Général de la République suspendant toutes leurs plénières jusqu’à nouvel ordre, en raison de la controverse observée autour de la procédure ayant abouti à la déchéance du président sortant Roger Nsingi, ils ont décidé de délocaliser l’élection du nouveau président de leur bureau d’abord dans la salle des Conférences du ministère des Affaires Etrangères. Ayant constaté que ce site, leur était interdit d’accès, au même titre que la salle des conférences du Centre Culturel Boboto, ils n’ont pas trouvé mieux que de s’installer devant le siège du Sénat, au Palais du Peuple.

            La Chambre haute du Parlement national n’a pas été choisie au hasard. Aux yeux des députés provinciaux de Kinshasa, cette institution est leur émanation. On rappelle que les sénateurs étaient élus par un corps électoral uniquement composé des députés provinciaux.

            La question est maintenant de savoir sur quelle base va se fonder la contestation de ce qui vient de se passer à l’Assemblée Provinciale de Kinshasa. Apparemment, la procédure de déchéance de Nsingi a été respectée. Il y a eu au départ  une résolution votée en plénière et donnant primauté à la motion de défiance. Il y a eu ensuite le vote, par une écrasante majorité 33 voix contre 3, de la motion de défiance. Il y a eu enfin une élection organisée conformément aux textes, avec la participation de la majorité des membres du Parlement provincial.

            En fait, c’est Nsingi qui était devenu « un problème » pour le Parlement de Kinshasa. Désavoué à l’unanimité, il a été remplacé par un candidat voté à l’unanimité. Puisque les députés provinciaux, dans leur majorité, ont avalisé le changement à la tête de leur Bureau, rien ne devrait plus s’opposer à la reprise des activités. L’obstacle « Nsingi » étant donc levé, tout devrait rentrer dans l’ordre.                    Kimp.

 

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