Assemblée provinciale de Kinshasa : déchu, Nsingi accuse F. Babala et J-L Busa

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Il n’est plus habilité à engager le bureau de l’Assemblée provinciale de Kinshasa en tant que président. «C’est en ces termes que Bangama, 1er vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa s’est exprimé, vendredi 10 septembre 2010, à l’issue d’un vote contre le président de l’organe délibérant de Kinshasa. Tout s’est passé en salle des conférences du collège Boboto qui sert d’hémicycle aux élus kinois. Une salle pleine des éléments d’une base pro-Nsingi chauffée à blanc qui a proféré des menaces à l’endroit du corps électoral quelques minutes après le verdict de l’urne. 33 sur 3 députés ont voté pour sa déchéance sur l’ensemble de 45 membres dont 11 absents et un excusé.

On reprochait à Roger, « l’incompétence et le manque de maîtrise du règlement intérieur… », selon les termes de la résolution. 

Vendredi extra… 

 Que s’est-il passé vendredi ? Le Phare est en mesure de restituer , point par point  le scénario. La plénière attendue à 10 heures a plutôt commencé quelques heures plus tard. Le président fait son entrée et annonce l’ordre du jour : « Tour d’horizon autour de la crise à l’assemblée provinciale ». L’auteur de la motion se présente et prend la parole. Du haut de la chaire, le bouillant Ngangale – tombeur du vice gouverneur – rappelle la procédure de la déchéance telle que prescrite dans le règlement intérieur et prie le président de « se montrer démocratie et de s’assumer ». 

Il est immédiatement débouté par le président qui estime que la question avait déjà fait l’objet de débat samedi 4 septembre 2010 lors de la conférence des présidents qui a pris l’option d’accorder au bureau le temps nécessaire pour venir présenter son rapport de gestion à la plénière. Ce point de vue soutenu par certains députés présents à la conférence de samedi a été battu en brèche par d’autres également présents ce samedi-là. Même l’avis du député Laurent Batumona Kandi-Khan proposant un report de la plénière « pour éviter le pire » a été rejeté par ses pairs. Devant l’auditoire Nsingi tente, en vain, d’inscrire un autre point à l’ordre du jour. Celui relatif à la proposition d’édit portant modalités de perception des taxes de  pollution dans la ville de Kinshasa. Qui sont pour ? «Non», rétorquent en chœur, les députés qui, visiblement, veulent que le point principal de débat soit au préalable vidé. Nsingi se tait. Silence. Ngangale et Fayulu veulent prendre la parole. Le président s’oppose, estimant la leur avoir donnée suffisamment. Blocage. Nsingi reprend son souffle et demande à la plénière d’accepter que le bureau lève la séance pour se retrouver, samedi, avec les présidents des groupes parlementaires pour débattre de la question, laquelle  fera ensuite l’objet de rapport le lundi en plénière. La salle s’oppose. « La solution, c’est maintenant », crie, cravate au cou, un député de l’Amp. « Je déclare la séance levée », lance Nsingi, farde-chemise sous les aisselles, pieds sur les marches. Confusion dans la salle. Cinq minutes, dix minutes. Cris des menaces et des joies dehors. Le 1er vice-président revient précipitamment après la sortie de son « chef » et invite  ses pairs à la poursuite des travaux en plénière. Entretemps, Nsingi quitte Boboto en trombe. Mbangama revient sur le podium avec le rapporteur et son adjoint, sans le questeur, sorti de la salle dans la foulée du départ de Nsingi de Boboto. Il lit le règlement intérieur. Ici, il se fonde sur l’article 9 qui dispose que le vote est sollicité pour toute matière non législative. Il demande à la plénière si elle approuve l’option. Sur les 35 membres présents, plus un qui s’est ajouté, un seul est contre. Très rapidement, Duniya, député Amp, prie Bangama de lui accorder cinq minutes pour échanger, à l’extérieur, avec les députés de son obédience. Dans la salle, l’auteur de la motion de défiance est prié de lire le texte de la résolution. Deux députés sont choisis, un qui s’oppose à la procédure de déchéance et l’autre qui l’approuve. «On passe aux voix». La majorité est pour la procédure. On passe au vote, lâche Bangama sur la base de la décision de la plénière. Les bulletins sont apprêtés. Deux témoins sont désignés. L’un pour recueillir les bulletins «Non », l’autre pour recenser les « Oui ». C’est parti. Et…voici le dépouillement. Le rapporteur fait le décompte. 36 bulletins mis dans l’urne correspondent au nombre de votants. 33 voix pour la déchéance, 3 contre. Et le « 1er vice » rend publics les résultats : « …la plénière adopte la déchéance du président Roger Nsingi ». Tous se précipitent à vider la salle. Ngangale, objet des menaces des militants pro-Nsingi fait la sourde oreille, quitte Boboto, sourire en coin. Fayulu aussi. 

Réactions 

            Avant de mettre ses pieds dans sa jeep, Martin Fayulu s’adresse aux mdias : « Ils ont siégé dans la légalité, la plénière est souveraine ». Et Ngangale  : « Nous travaillons pour la population, on ne doit donc pas bloquer la machine à cause d’une seule personne. Beaucoup de matières nous attendent et cette session est essentiellement budgétaire ».

            Un « civil » pro-Nsingi fait son analyse : « A travers la défénestration de Nsingi, c’est Bemba qu’on vise et c’est chose faite. Nous le regrettons… » 

« C’est Fidèle Babala et Jean-Lucien Busa », accuse Nsingi 

            Invité sur un plateau de télévision le jour même de sa déchéance qu’il juge « illégale », Roger Nsingi accuse son « vice » d’ « usurpation des pouvoirs ». A ses yeux, c’est de « l’anarchie » tout en promettant de se rendre au bureau le lundi (aujourd’hui, Ndlr). « Je sais que les auteurs de la cabale sont Fidèle Babala et de Jean-Lucien Busa; qui ont instrumentalisé certains députés MLC », accuse, énervé, le président sortant qui révèle que « Babala a fait échouer, par des députés interposés, deux motions qui visaient particulièrement André Kimbuta ». « C’est toujours lui qui a fait rater au Mlc le gouvernorat de la ville de Kinshasa », en citant l’ancien directeur de cabinet de Bemba. Enfin, il a noté que sa procédure de déchéance était «irrégulière » et promis le « déluge » à l’hypothèse de son départ définitif du bureau.                                                

D-I.K 

 

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