Assemblée Nationale : une motion de défiance en gestation contre le ministre Justin Kalumba

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images-Parlement_RDC_135797760_137179868Le ministre des Transports et Voies de Communication, Justin Kalumba, a désormais la guillotine sur la tête. Une motion de défiance se prépare contre lui.

Le « missile » sera tiré de l’Assemblée nationale. Les députés l’accusent d’outrage au Parlement et au Bureau de l’Assemblée nationale.

C’est au cours de la plénière d’hier mardi 2 juin que les députés ont été alertés, grâce à la motion d’information de leur collègue Mutwale, sur une correspondance du ministre des Transports et Voies de communication adressée au chef du gouvernement, en violation de la Constitution. 

Dans cette motion, le député national Mutwale a dénoncé l’arrogance du ministre concerné à l’endroit du Président de l’Assemblée nationale, et partant de tous ses membres.

En fait, après le rejet de son projet de loi portant Code de la route par la plénière du 19 mai 2015, le ministre Justin Kalumba ne s’est pas avoué vaincu. Il a écrit, à en croire le député Mutwale, une lettre de demande au Président de l’Assemblée nationale, via le Premier ministre, lui exigeant des explications au sujet du rejet de son projet de loi par la plénière.

Un comportement que le député « motionnaire » considère comme un déni de crédit au président de la Représentation nationale et à toute son institution, ou mieux un outrage au parlement.

«Tout le monde sait que le Ministre des Transcoms avait présenté un projet de loi creux, bâclé qui avait été rejeté par manque de fondement constitutionnel», a déclaré l’orateur en guise de rappel des raisons ayant milité au rejet de l’initiative de Justin Kalumba. Avant de marteler : «Je vais introduire en effet une motion de défiance contre le ministre, une motion qui aura pour nom « kisambeti» .

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            Pendant que toute la plénière était révoltée contre le ministre, le président du bureau a indiqué que le ministre ne l’a pas sommé de fournir des explications, mais il a seulement reçu en copie une correspondance qu’il a adressée au Premier ministre dans laquelle il dit ne pas être convaincu du rejet de son projet de loi par l’Assemblée nationale. D’après lui, la chambre basse a agi en violation de la Constitution et des pratiques parlementaires.

            Pourtant, le jour de l’examen du projet de loi portant Code de la route, il a accordé la parole conformément, au règlement intérieur, à deux « pour » et deux « contre » pour appuyer ou combattre la motion incidentielle de Henri Thomas Lokondo. Et le président de l’Assemblée nationale était même allé au-delà en accordant la possibilité au Ministre de réagir pour éclairer à nouveau la lanterne des élus avant de soumettre la motion Lokondo au vote.

Mais, le ministre a refusé. Au finish, la plénière a tranché.

            A ce sujet, un autre député en appui à la motion de son collègue Mutwale a tenu à rappeler : « C’est le parlement qui contrôle le gouvernement et non pas le contraire. C’est le parlement qui est l’autorité législative et peut juger de la légalité des actions du gouvernement et non pas le gouvernement ».

De fortes chances pour déchoir Kalumba

 

            La motion défiance contre Justin Kalumba risque d’atteindre son objectif dans la mesure où elle intervient à un moment de crise au sein de l’hémicycle. Depuis l’échec de la motion de défiance contre Evariste Boshab, les députés de l’Opposition avaient décidé de sécher les plénières jusqu’à un règlement durable du différend. Ils ont le sentiment d’être étouffés par la majorité qui monte des subterfuges pour démolir les initiatives de contrôle parlementaire.  Une commission spéciale est à pied d’œuvre pour tenter de dénouer la crise, mais jusqu’hier, les opposants n’ont pas regagné l’hémicycle.

Dans cette ambiance, la motion du député Mutwale a toutes les chances d’obtenir un maximum de signatures tant dans le camp de la majorité que de l’opposition pour faire tomber ministre des Transcoms.

Dom