Assemblée nationale : Minaku invite le gouvernement à inscrire le social des Congolais dans les priorités

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Appelée traditionnellement session budgétaire, la session ordinaire de septembre 2017, ouverte le vendredi 15 aura plusieurs priorités à son calendrier, hormis l’examen et le vote de la loi de finances de l’exercice 2018. Le président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku
l’a souligné dans son discours d’ouverture.

« L’heure est grave ! L’un de nous disait souvent avant de prendre la parole, que nous n’avons pas le droit de nous leurrer là-dessous. En ce moment, les préoccupations et les attentes économiques et sociales de notre population sont sérieusement pressantes. Il est évident que la crise économique actuelle impacte fortement sur le vécu quotidien
des Congolais. C’est pourquoi, dis-je, il ne faudrait pas que l’Assemblée nationale et le Gouvernement apparaissent comme étant endécalage avec ce que nombre de nos concitoyens considèrent comme prioritaire, voire urgent, à savoir le social ».

Conscient que l’économie nationale connaît de sérieuses difficultés
et traverse une crise aiguë dont les signes remontent au deuxième
semestre 2015, en affectant les matières premières qui constituent les
principales sources des recettes budgétaires, il recommande à
l’Exécutif national de déployer des efforts pour améliorer le
quotidien des Congolais, premières victimes de la crise par la perte
très sensible du pouvoir d’achat.
Il en veut pour preuve : le taux de croissance du PIB qui indiquait
6,9% en 2015, 2,4% en 2016, et 3,1% selon le taux prévisionnel de
l’exercice budgétaire 2017. De même, le taux d’inflation fin période
affichait 1,06% en 2015, 25,04% en 2016, et 52,57% à la fin de
l’exercice 2017. Conséquence : le pouvoir d’achat des Congolais est
quasi nul.
« Mais au-delà des constats précités, d’aucuns se posent plusieurs
questions sur la situation socioéconomique actuelle du pays.
Pour une frange de l’opinion, on se demande pourquoi, contre toute
attente, nous nous sommes retrouvés dans une situation de profonde
précarité au moment où le pays devait bénéficier des retombées d’une
croissance proche de 10% enregistrée durant trois exercices d’affilée.
D’autres compatriotes s’interrogent sur la persistance de ladite
crise, en dépit de la remontée des cours des matières premières qui
demeure apparemment sans impact sur les recettes publiques.
Je ne parlerais pas de ceux de nos compatriotes qui réfléchissent sur
les facteurs ayant justifié la stabilité d’antan, ni de ceux qui
considèrent comme une voie de sortie la diversification de notre
économie, notamment par la promotion des investissements nouveaux dans
le secteur agricole, dont les effets induits se font encore attendre
», a déclaré en substance le speaker de la Chambre basse.
Par ailleurs, il reconnait que l’économie reste en proie à la
persistance des contraintes majeures à lever pour la stabilité du
cadre macroéconomique. Parmi ces contraintes, il y a  la non
diversification de l’économie nationale ; le non suivi des mesures
d’urgence prises par le gouvernement en janvier 2016 en vue de juguler
la crise ; les pesanteurs du système fiscal  avec à l’affiche
l’imperfection de la TVA ; le fossé entre la fiscalité et le climat
des affaires ; le non remboursement de la TVA payée par les
entreprises en amont ; la faible mobilisation des recettes lors des
dernières échéances fiscales ; la corruption, l’évasion fiscale et le
détournement des fonds publics ; la non application stricte de la
feuille de route relative à l’amélioration du climat des affaires ;
ainsi que la problématique du rapatriement des devises par les
opérateurs miniers et la modicité des réserves de change.
Pour aider le gouvernement à juguler cette crise, le président de
l’Assemblée nationale a promis que sa chambre fera diligence l’examen
et le vote de tous les projets de lois à caractère économique et
financier, déposés ou à déposer sur son bureau. C’est le cas notamment
du Code minier, des textes relatifs au partenariat public-privé, à la
concurrence des prix. De la même manière, l’Assemblée nationale
s’emploiera à amplifier le contrôle parlementaire à tous les niveaux.

Le CNSA et la CENI sommés de publier le calendrier électoral
Abordant le chapitre politique, Aubin Minaku Ndjalandjoko a rappelé
que malgré sa mise en place par les parties prenantes au Dialogue
politique global et inclusif du 31 décembre 2016, le Conseil Nationale
de Suivi de l’Accord (CNSA) souffre d’existence légale devant lui
conférer ipso facto celle juridique. Raison pour laquelle, a –t-il
souligné, il y a nécessité de voter sa loi organique.
Dans le même ordre des priorités, la Représentation nationale pourra
également faire diligence en ce qui concerne le vote du projet de loi
portant répartition des sièges par circonscription électorale, du
projet de loi modifiant et complétant la Loi électorale conformément
aux engagements pris dans le cadre de l’Accord politique global du 31
décembre 2016.
Parlant du processus électoral, il a d’abord salué les efforts de la
CENI pour avoir enrôlé à ce jour près de 42 millions d’électeurs sur
une prévision de plus ou moins 45 millions, avant de l’inviter, avec
le CNSA, à travailler pour la publication urgente du calendrier
électoral en vue de rassurer le peuple.
«J’invite donc le Conseil National de Suivi de l’Accord et du
processus électoral ainsi que la Commission Electorale Nationale
Indépendante, chacun dans la sphère de ses responsabilités, à
s’assumer pleinement pour rassurer notre peuple par la publication au
plus vite du calendrier électoral », a-t-il déclaré en guise de
recommandation. Toutefois, il a insisté pour que cela ne se fasse pas
dans la précipitation inconsidérée ni dans la lenteur excessive.
Dom