Assemblée Nationale : le G.7 promet une session houleuse

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g7Même si elle reste « majoritaire » à l’Assemblée nationale, la Majorité Présidentielle vient de perdre tout de même 80 députés. Des sources crédibles indiquent que les intéressés, fichés jusque-là comme sociétaires de la famille politique du Chef de l’Etat, viennent de rejoindre officiellement les « frondeurs » du G7, érigé en plate-forme politique depuis son « auto-exclusion », le mercredi 16 septembre 2015.

Pour annoncer les couleurs, ces députés frondeurs ont tenu leur première réunion hier 21 septembre 2015 dans la salle des Spectacles du Palais du peuple. Cette première prise de contact était une manière pour ceux qui se considèrent désormais comme des députés G7 d’affirmer leurs distances vis-à-vis de leurs collègues, au nombre de 300, appelés en consultation le dimanche 20 septembre 2015 à l’hôtel Venus, sous la direction du président de l’Assemblée, Aubin Minaku, dans sa casquette de  Secrétaire Général de la Majorité Présidentielle.

« Nous sommes 80 députés nationaux du groupe G7, signataire de la lettre pour rappeler à la MP le respect de la Constitution et nous avons été honorés par la présence de trois membres, qui sont des alliés d’autres partis, qui se joignent  à notre lutte », a déclaré devant la presse, Mohindo Nzangi, député du MSR (Mouvement Social pour la République) et porte-parole improvisé des élus G.7.

Ce député national a fait savoir que leur première rencontre a tourné essentiellement autour des actions parlementaires que les députés G7 vont entreprendre pour matérialiser l’engagement pris par leurs partis politiques dans la lettre signée par leurs sept leaders contre toute tentative de révision constitutionnelle, dans le seul but de conserver le pouvoir.

L’élu de Goma a affirmé que le combat déclenché par le G7 va aussi toucher le Parlement. Autrement dit, les Congolais devraient s’attendre à une session houleuse au Palais du Peuple, au cours de laquelle les députés et sénateurs fidèles à Pierre Lumbi ( MSR), Mwando Nsimba (Unadef), Gabriel Kyungu ( Unafec), Olivier Kamitatu (ARC), Christophe Lutundula (MSDD), José Endundo ( PDC) et Banza Maloba ( ACO), comptent user à fond de leurs prérogatives de législateurs, d’autorités budgétaires, de contrôleurs de l’action du gouvernement, de gardiens des intérêts de la République pour ne faire aucun cadeau à la Majorité Présidentielle.

Mohindo Nzangi a souligné que les partis membres de la nouvelle plate-forme baptisée G7 n’ont enregistré jusque-là aucune démission. « Tout Congolais a droit à la parole. Notre démarche est légale et légitime, en tant que Congolais », a-t-il réagi, en guise de réplique à Me Yoko, membre fondateur du MSR, qui a conseillé aux frondeurs, lors de sa sortie médiatique de dimanche dernier, de bien vouloir faire amende honorable à l’Autorité morale de la MP et de la soutenir avant, pendant et après les élections.

La contagion  de la fronde de G7 à l’intérieur du Palais du peuple ne ferait qu’élargir le camp du refus contre la révision constitutionnelle. A lumière de la dernière tribune de l’ancien chef du gouvernement, Adolphe Muzito, qui dénonce une majorité factice, il est à craindre que Joseph Kabila perde le contrôle de sa propre majorité, comme Mobutu à la Conférence nationale souveraine (1991-1992).

Les 80 députés frondeurs vont naturellement se retrouver, pour les besoins de la cause, dans la même barque que les 80 députés de l’Opposition, qui luttent jour et nuit, depuis le début de l’actuelle législature, contre le troisième mandat du Chef de l’Etat.

« Nous sommes en train de définir les prochaines étapes de notre action. Nous avons posé des problèmes de fond. S’il ne s’agissait que des intentions, cela n’aboutirait pas à notre exclusion. Donc, il y a un plan que nous avons dénoncé », a souligné Mohindo.

ERIC WEMBA