Assemblée nationale : la loi sur la microfinance recevable

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Les députés ont voté pour la recevabilité de la proposition de loi portant réglementation de la microfinance en République démocratique du Congo.  Et elle a été envoyée à la commission économique et financière pour toilettage et enrichissement.

C’était à la plénière de la chambre basse, d’hier mardi 2 novembre.

Son auteur qui n’est autre que leur collègue Hubert Masala, justifie son initiative par la faiblesse et le sous-développement du secteur financier en Rdc dus notamment à une très faible bancarisation qui reste jusqu’ici concentrée dans quelques grandes villes du pays, déficience de l’intermédiation, à l’absence d’investissement dans les infrastructures financières de proximité ainsi qu’à une fiscalité défavorable à l’émergence des institutions de microfinance. 

            Ces insuffisances, explique Hubert Masala, sont à la base du taux élevé de thésaurisation de la monnaie nationale au détriment de la part drainée dans les circuits financiers officiels. Idem pour le taux d’inflation.

            Situation qui fait que des ménages à faibles revenus, tout comme de petites et moyennes entreprises et industries n’aient pas d’accès aux services financiers de base.

            Or, qu’à travers le monde, les services financiers de crédit et d’épargne au bénéfice des populations vulnérables ont permis à ces dernières de franchir les barrières de l’exclusion et d’améliorer de manière significative leur qualité de vie, et d’inciter par là au développement du pays.

            La microfinance est devenue un levier incontournable du développement et de la lutte contre la pauvreté.

            Elle aide également à l’amélioration du cadre macroéconomique par travers notamment la baisse du taux de la thésaurisation  de la monnaie, l’accès au système de crédit pour les couches sociales les plus démunies, la déconcentration et l’extension géographique de la bancarisation, le drainage de la quasi-totalité de la monnaie dans le circuit bancaire, l’accroissement et la diversification des investissements sur l’ensemble du territoire national, l’augmentation du PIB par l’augmentation et la diversification des investissements, l’amélioration des recettes de l’Etat à la suite de l’augmentation du PIB, etc.

            Ne voulant demeurer en reste de cette donne moderne, la République démocratique du Congo a initié depuis l’an 2000 une réforme du secteur de la microfinance, a rappelé l’auteur de la loi.

            Ladite réforme vise entre autres la mise en place d’un cadre légal spécifique suffisamment clair, flexible, innovant et structurel pouvant permettre le développement, la professionnalisation et l’assainissement du secteur de la microfinance. Elle favorise également la bancarisation de masse dans la perspective de la mise en place d’un système financier inclusif opérant, à terme, en temps réel.

            Enfin, Hubert Masala a fait savoir que dans la perspective de la mise en place de la décentralisation prévue par la constitution, la promotion de la microfinance permettra de consacrer la décentralisation financière qui se veut un appui indispensable et incontournable à la décentralisation politique et administrative. 

Les députés à l’école buissonnière ! 

            Depuis quelque temps, le bureau de l’Assemblée nationale est mis dans l’impossibilité de faire voter globalement une loi à la première séance plénière.

            Raison : il se trouve toujours buté au problème de quorum qu’on ne sait pas réunir, à cause de l’absentéisme devenu chronique des honorables députés, alors qu’ils avaient reçu le mandat du peuple pour légiférer afin de permettre à l’appareil étatique de bien fonctionner.

            Toutes les lois sont actuellement votées à la séance subséquente dont la majorité relative suffit pour adopter la loi.

            Cette attitude qui frise l’irresponsabilité pousse à se poser quelques questions: qu’est-ce les élus font du mandat leur confié par le peuple ? Que veulent-ils en s’absentant aux travaux ? De quoi se préoccupent-ils en refusant de faire le travail pour lequel ils ont été élus ?

            Voilà le comportement de ceux qui prétendaient représenter le peuple et parler en son nom, et qui pourront probablement revenir auprès du même peuple qu’ils déconsidèrent solliciter un nouveau mandat en 2011. 

Dom

 

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