Assassinats des étudiants à l’Unikin : Mashako découvre «une main noire»

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 « Il y a manifestement une volonté de créer une psychose généralisée dans la ville de Kinshasa en utilisant l’assassinat dans les milieux des jeunes et ceci doit interpeller tout congolais, » a déclaré le ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, le professeur Léonard Mashako Mamba, lors de la conférence de presse qu’il a animée dans son cabinet le vendredi 14 janvier 2011. Il y croit fermement car, pour lui, les assassinats ont été opérés probablement par des personnes extérieures à l’UNIKIN. Le premier étudiant tué dans la nuit du 4 au 5 janvier 2011, Mbayi Michel de 2me doctorat dentaire, a été piégé au moment où il quittait le site universitaire aux environs de 23 heures. Il a refusé de laisser son sac qui contenait son PC à ses agresseurs et il a été abattu.
       Le deuxième étudiant tué dans la nuit du 11 au 12 janvier 2011, l’étudiant Nzomambu Kibanda Fiston de premier graduat psychologie, a été retrouvé suspendu sur une branche d’un arbre à 5h00 du matin entre le Home X et le Home XX du côté de Kinduku. Selon le ministre, « il a été tué avant la mascarade de la pendaison ailleurs au vu des indices physiologiques : notamment bouche fermée et yeux fermés». Ce qui est contraire à une mort par pendaison. Nzomambu a passé une bonne partie de la nuit avec trois de ses amis avec lesquels il avait suivi la télé jusqu’à 23h avant d’aller dormir. Il était sorti la nuit pour le grand besoin.
       « La succession et les ramifications des événements dans les institutions d’enseignement supérieur et universitaire de Kinshasa laissent croire à l’action d’une main noire. Aussi on ne voit pas la relation directe qui existe entre d’une part les actes de vandalisme et de destruction observés à l’UNIKIN et à l’ISTA, et d’autre part, les justifications avancées du mécontentement des étudiants» a dit le ministre Mashako. Pour lui, certaines personnes veulent régler leurs comptes en voulant instrumentaliser les étudiants.
       Comme actes de vandalisme, le ministre a signalé : plusieurs véhicules brûlés, tous les véhicules du Recteur brûlés, une station en construction et une ancienne station saccagées, le bureau administratif de l’intendance générale saccagé, le bureau de la police universitaire incendié, la résidence du recteur incendiée, la résidence du commandant de la police universitaire attaquée, le containeur de 500 ordinateurs déposé la veille devant le bâtiment administratif, don sud-coréen, a été dévalisé, l’ancienne résidence du
Premier ministre brûlée et son chantier détruit, une étudiante blessée en soins médicaux à la polyclinique Bon Berger.
       Un policier a été pris en otage par les étudiants, mais il a été libéré après négociations entre la police et les ravisseurs avec comme facilitateur la coordination estudiantine. Le ministre a salué la retenue de la police.
       S’agissant de l’ISTA, le ministre a indiqué qu’un étudiant a été tué par un véhicule à Matete. Quelques-uns de ses camarades et d’autres personnes extérieures à l’ISTA ont tenté de faire du désordre à l’ISTA. Mais la garde universitaire et la police ont empêché l’aboutissement de leur initiative.
       Le ministre a pris quelques mesures préliminaires pour préserver le calme dans les milieux universitaires. Il s’agit notamment de sensibiliser l’opinion tant nationale qu’internationale sur le drame qui frappe l’ESU dans la ville de Kinshasa ; d’instruire les Comités de gestion de travailler en synergie avec la garde universitaire et la coordination des étudiants pour démasquer les non étudiants qui traînent dans les sites universitaires ; de veiller et renforcer l’apolitisme des sites universitaires ; d’interpeller les étudiants sur leur propre sécurité ; d’informer à temps les autorités en cas de connaissance d’une situation suspecte pour prévenir les événements ; de travailler étroitement avec les médias pour faire circuler en temps réel l’information et de couper court à l’intoxication.

Jean- René Bompolonga

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