Assassinat de Me Kahasha : le Tribunal de Garnison Militaire de Ngaliema attaque le fond

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justice6Après avoir examiné les mémoires uniques déposés au cours des audiences passées par les avocats de toutes les parties au procès, le Tribunal de Garnison Militaire de Ngaliema, siégeant au premier degré en matière répressive, en  chambre foraine, à la prison militaire de Ndolo, a donné sa position le vendredi 16 mai 2014. Il a dans son jugement avant dire droit, rejeté la requête du prévenu Bella relative à l’obscuri libelli et en conséquence l’a déclarée non fondée. En ce qui concerne la confirmation de  mise en liberté provisoire sollicités par le collectif des avocats du prévenu Mudulu Emmanuel, le tribunal a également rejeté cette exception pour non fondement. Par rapport au préalable soulevé par le conseil du prévenu Kahasha Jean sur la suite réservée à ses plaintes au parquet, le tribunal a encore déclaré ce préalable non fondé et l’a rejeté. Quant à la requête de la partie civile Clara consécutive à la litispendante, le tribunal l’a déclarée non fondée et a reçu son exception sur sa double qualité. Elle est désormais reconnue dans la présente cause comme partie civile et non renseignante. Le tribunal a dit non fondée la requête du prévenu Yambuli sur sa mise en liberté provisoire et par conséquent la rejette et le maintient en détention jusqu’au prononcé du jugement. Quant à la requête de Mwanza sur la transformation du renseignant en prévenu, le tribunal l’a rejetée et a ordonné la poursuite de l’instruction de la cause sous examen, afin de déterminer les circonstances et les auteurs du crime de Me Guillaume Kahasha.

 En effet, le tribunal militaire a entamé l’instruction de cette cause inscrite sous le RP 873/013, en vue d’identifier et de sanctionner les coupables de la mort de Me Guillaume Kahasha conformément à la loi. Il cherche à avoir la lumière sur l’assassinat de l’illustre disparu, qui était abattu par des bandits armés, dans la nuit du 7 au 8 septembre 2013, devant la parcelle de son père située sur l’avenue Makelele, n°3, au quartier Mama Yemo, dans la commune de Ngaliema, plus précisément à Binza Pompage.

Au cours de cette audience publique du vendredi 16 mai 2014, le tribunal a confronté Jean Kahasha à la prévenue Amisa Kiza, marâtre du défunt et à d’autres prévenus.

Dans ses dépositions, Amisa Kiza a soutenu n’avoir jamais eu d’entretien avec ses co-accusés Yambuli et consorts. Appelé à son tour à la barre, le prévenu Jean-Kahasha a donné le récit des faits liés au meurtre de son frère feu Guillaume Kahasha. Il a indiqué que cet incident macabre a eu lieu au moment où l’intéressé, en compagnie de lui et de Patrick Kahasha, attendait l’ouverture du portail familial, afin d’amener leur père à l’hôpital pour des soins appropriés puisse qu’ils avaient appris de Pacifique que ce dernier était souffrant. Et pendant qu’ils attendaient dehors, ils ont été surpris par l’irruption des hommes à main armée qui, après leur avoir demandé de descendre du véhicule et identifié Me Guillaume, ont abattu ce dernier d’une balle dans sa cuisse gauche, sans sommation. Et pour les mettre dans l’impossibilité de secourir la victime, puisse qu’il gisait par terre et baignait dans son sang, les assaillants avaient confisqué les clés de contact du véhicule à bord de laquelle ils se trouvaient y compris leurs téléphones.

C’est sur ces entrefaites que Me Guillaume avait rendu l’âme devant le portail de son père, en leur présence. Il a soutenu que contrairement à l’accusation du ministère public qui le poursuit pour non assistance à personne en danger, il avait cette volonté d’aider son frère mais seulement il était dans l’incapacité de le faire puisque les clés du véhicule étaient emportées par les criminels. Il avait simplement alerté plusieurs personnalités.  Et le regretté était acheminé à la morgue de la Clinique Ngaliema. «N’eut été l’abandon de mon père par son épouse la prévenue Amisa Kiza tout ceci n’allait pas arriver. Elle avait effectué un voyage pendant que papa était malade. C’est ainsi qu’on avait décidé de s’enquérir de son état de santé puis de l’amener à l’hôpital pour des soins », a-t-il martelé. Le tribunal a renvoyé cette cause à une semaine pour continuer l’instruction. Mais bien avant cette remise, les avocats du prévenu Yambuli Iseko ont fait savoir au tribunal que leur client ne porte plus le statut de militaire. D’où, il ne peut pas être poursuivi en tant que tel. En réplique, le ministère public a soutenu que ledit prévenu est poursuivi en tant que militaire sur base des éléments que lui-même avait communiqués à l’auditeur militaire. S’il estime qu’il a cessé d’être militaire, qu’il le prouve  par un écrit. Le collectif de ces mêmes avocat a indiqué que le ministère public doit bien spécifier la qualité de leur client parce que si on le poursuit en tant que militaire, il serait condamné solidairement avec l’Etat congolais pour avoir posé des actes dans l’exercice de son métier.  Mais si c’est le contraire, il sera condamné seul en tant que civil. C’est ainsi qu’ils ont demandé au tribunal d’inviter l’Etat major-général des FARC à venir infirmer ou confirmer de la qualité de leur client.

La veuve Clara ainsi que les orphelins de maître Guillaume Kahasha continuent d’attendre l’éclatement de la vérité. Les préventions retenues à charge des prévenues porte sur l’association des malfaiteurs, le meurtre, la non-assistance à  personne en danger, la détention illégale d’armes de guerre…

Muriel Kadima   

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