Assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon : l’Omec présente ses condoléances à RFI

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Zemanta Related Posts ThumbnailL’Observatoire des Médias Congolais (Omec) a appris avec stupeur et indignation le double assassinat, le samedi 02 novembre 2013 à Kidal, de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, tous deux correspondants de RFI (Radio France Internationale). Les circonstances de leur ignoble exécution indiquent que les deux journalistes ont trouvé la mort « au front », en plein exercice de leur métier, peu après avoir réalisé une interview avec le chef rebelle Ambery Ag Rhissa.

L’Omec condamne avec la dernière énergie un acte aussi lâche, qui témoigne de la fragilité des Etats post-conflit et du grave déficit de démocratie en Afrique. La disparition brutale de Ghislaine Dupont et Claude Verlon constitue un énième signal négatif pour la liberté de presse et d’expression sur notre continent, où visiblement la notion de la diversité d’opinions a du mal à passer.

La presse congolaise est d’autant bouleversée qu’un certain 02 novembre 2005, elle perdait un de ses éminents journalistes en la personne de François Kangundu alias « Franck Ngyke », tué en compagnie de son épouse Hélène Paka, par l’industrie kinoise du crime devant la porte d’entrée de leur résidence.

            L’Omec interpelle à cette occasion non seulement les autorités maliennes mais aussi celles d’autres parties du continent où les journalistes tant africains qu’étrangers travaillent chaque jour au péril de leur vie, afin qu’elles prennent les mesures qui s’imposent pour prévenir d’autres drames. C’est le lieu d’en appeler à la prise de conscience, par les Africains, de la montée du terrorisme en Afrique et de la nécessité de la mise en œuvre des mécanismes tant de lutte que de prévention.

            En attendant les résultats des enquêtes que s’apprêtent à diligenter les gouvernements français et maliens, l’instance d’autorégulation des médias en République Démocratique du Congo constate que les deux journalistes morts viennent de payer de leur sang leur passion du métier, leur soif de servir les fidèles auditeurs de RFI, parmi lesquels se recrutent des millions d’Africains.

            Si leurs assassins ont cru avoir étouffé à jamais leurs voix, ils se sont trompés lourdement car celles- ci resteront à jamais gravées dans la mémoire collective africaine. Certes, la liberté de presse a une fois de plus reçu un coup de massue. Mais, une fois de plus, les professionnels des médias disséminés aux quatre du continent n’ont pas le droit de baisser les bras. Le sacrifice suprême imposé à Ghislaine Dupont et Claude Verlon par les ennemis de la paix et de la démocratie devrait servir de leitmotiv aux journalistes africains pour ne pas laisser s’éteindre le flambeau de la liberté.

            En ces moments où il est difficile de croire que le fait, pour un journaliste, de faire parler un responsable politique, peut conduire à la mort, l’Omec présente ses sincères condoléances à la haute direction de Radio France internationale, à son équipe rédactionnelle, ainsi qu’aux familles des victimes.

                                               Fait à Kinshasa, le 03 novembre 2013

                                               Prof. Bernard Munsoko

Secrétaire Exécutif

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