Asadho : le train a déraillé

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« A ce jour, il est difficile pour la CENI (Commission électorale nationale indépendante) d’organiser les élections responsables et transparentes dans le délai constitutionnel, ce qui ne peut rassurer personne quand la constitution est violée… Le processus de révision du fichier électoral connaît quelques problèmes dont la corruption, l’inexpérience des agents de saisie, la délocalisation des électeurs, l’insuffisance des kits dans certains milieux, la faible sensibilisation des populations. Ainsi, l’ASADHO propose que les forces vives, à savoir : les partis politiques, la société civile, les confessions religieuses…) se rencontrent pour examiner les pistes de solutions à mettre en place pour améliorer le processus électoral, et éviter de prolonger le pays dans un autre chaos». Telle est la position de l’Association  Africaine de défense des Droits de l’homme (ASADHO), rendue publique jeudi 02 juin 2011, au cours d’un point de presse tenu au siège de cette ONG de promotion et de défense des droits de l’homme, sis n° 3 de l’avenue Lokele, dans la commune de la Gombe, par son président national, Me Jean Claude Katende.

Dans le cadre du processus électoral, a fait observer Me Jean Claude Katende, l’ASADHO a mené plusieurs actions pour que le calendrier électoral respecte le délai constitutionnel ; pour que les élections présidentielle et législatives soient couplées, et pour que les opérations relatives à la révision du fichier électoral soient transparentes. Mais le constat est amer : le train a déraillé, mieux le processus électoral a du plomb dans ses ailes et il faut impérativement ouvrir le dialogue, les concertations pour le recadrer.

De novembre 2010 à mai 2011 : 82 victimes des droits de l’homme
Outre le déroulement du processus électoral, Me Jean Claude Katende s’est apaisanti  sur le Rapport circonstanciel de son ONGDH sur l’insécurité en RD Congo. Intitulé : « La protection des personnes et leurs biens soumise à dure épreuve : les victimes accusent les forces de sécurité ! ». Ce rapport de 31 pages couvre la période allant du mois de novembre 2010 à mai 2011, à Kinshasa, capitale de la RD Congo.
D’après les conclusions de ladite enquête, la situation sécuritaire dans la ville de Kinshasa marque le pas, c’est-à-dire ne s’améliore pas du tout. 82 personnes ont été répertoriées comme des victimes d’arrestation et détention arbitraires, d’extorsion,  de vol à mains armées, de tortures, de meurtres, de viol, de menaces… Ces multiples et graves violations des droits de l’homme sont en grande partie perpétrées par des policiers, des militaires, ainsi que des agents des services de renseignements. L’ASADHO fustige, enfin, une faible réaction des autorités contre les auteurs de violation des droits de l’homme. Leur  mutisme fait croire à leur complicité.

Dans ses recommandations, l’ASADHO demande au gouvernement d’assurer la réforme du secteur de la sécurité en mettant un accent sur la protection des droits et libertés, et de cesser toute utilisation de la police à des fins politiques et personnelles des membres ou regroupement des partis au pouvoir. Elle demande aussi à la communauté internationale de faire  pression sur le gouvernement congolais pour qu’il boucle la réforme du secteur de sécurité avant l’organisation des prochaines élections.
Elle exhorte, dans le même ordre d’idées, l’Inspection Générale de la police nationale congolaise à faire preuve de transparence et d’impartialité pendant les opérations de maintien ou de rétablissement de l’ordre public, à établir la communication et une compréhension mutuelle avec la population et, enfin, à sanctionner et faire traduire en justice tous les policiers impliqués dans les violations des droits de l’homme. Même recommandation aux Forces armées de la RD Congo.

A l’Agence nationale des renseignements, l’ASADHO conseille le respect de ses compétences telles que stipulées dans la loi qui la crée et la poursuite judiciaire des agents qui sont impliqués dans des cas de violation des droits humains.

Michel  LUKA

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