Arrêtés et jetés en prison : des braqueurs des agences de transfert de fonds en liberté

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Quelques agents des établissements de crédit de Kinshasa, victimes de braquages, et qui en gardent encore les séquelles, sont aujourd’hui, inquiets, après avoir croisé de manière fortuite dans des rues, des terrasses ou des bars, des malfaiteurs redoutables, auteurs de plusieurs braquages des agences de transfert des fonds, qui ont fait trembler dernièrement la ville de Kinshasa. Plusieurs membres de ces fameuses bandes sont visibles soit au rond-point Victoire ou au centre-ville. Les têtes d’affiche de la pègre sont facilement reconnaissables. Et les travailleurs des agences de quelques banques de la place se sont rappelés que ces bandits avaient été présentés à la presse. Auparavant, lors des enquêtes préliminaires, ces agents de banques étaient même conviés à les identifier parmi plusieurs malfaiteurs sortis des cachots pour la confrontation avec les victimes.

C’est sans peine que ces travailleurs ont pointé leur doigt accusateur sur les vrais auteurs de braquages qui au moment des faits, leur avaient exigé des fonds, avant de disparaître avec le butin.  Ces travailleurs craignent pour leur vie, se demandant s’ils ne subiront pas des représailles de la part de ces bandits de grand chemin, au cas où ces derniers les croisaient dans des endroits isolés.

Au niveau de la profession bancaire, c’est une vive inquiétude qui règne depuis que cette affaire de «  remise en liberté » des braqueurs a éclaté et fait grand bruit. Car, estiment certains, si ceux qui menacent la profession se retrouvent facilement en liberté, c’est qu’on leur donne des ailes et on entretient l’impunité. On se pose la question de savoir pourquoi entretenir cette insécurité pour les opérateurs financiers.

D’autres craintes sont formulées par les policiers de plusieurs unités et services d’enquête, embarqués dans des missions d’investigations et de traque des malfaiteurs. C’est ici le lieu de rappeler que certains limiers ont essuyé des tirs sporadiques de ces malfaiteurs, lors des accrochages qui ont précédé leur capture. Mis aux arrêts, ces bandits ont tenté de corrompre les policiers, soit eux-mêmes, soit les membres de leurs familles, leur proposant des espèces sonnantes et trébuchantes. Contre toutes ces sollicitations et même des menaces, les enquêteurs dont il faut saluer le courage, la bravoure et la détermination d’éradiquer la criminalité, ont résisté et rempli loyalement leurs devoirs.

C’est dans cette ambiance de psychose généralisée que ce qui paraissait au départ comme une rumeur folle, s’est révélé plus tard comme une sonnette d’alarme, suscitant l’émoi à travers toute la ville. Car l’on sait que ces membres de la pègre kinoise, une vingtaine environ,  avaient été transférés à la Prison militaire de Ndolo, où ils devaient attendre que leurs dossiers judiciaires soient fixés devant les tribunaux militaires, pour association des malfaiteurs, vols à main armée et extorsion des fonds. Parmi les noms les plus cités dans cette vague d’évasion ou de remise en liberté, on épingleun certain Lorenzo, son comparse Douglas, leurs acolytes, Linus, Delongs, Emma, Degabon, Stef, Ilebu, Ekens, Kendio, et Mus de Mus Malela.

Que ces membres de la pègre se retrouvent aujourd’hui en liberté, après des semaines de détention à la Prison militaire de Ndolo, doit interpeller les responsables de cet établissement pénitentiaire qui jadis, avait la réputation de bien garder les éléments des Fardc ou de la police appréhendés dans des affaires de grande criminalité.

Quelle serait la raison principale pouvant justifier la remise en liberté de ces prévenus dont la participation criminelle dans de nombreux cas de braquages dans la ville de Kinshasa, ne fait l’ombre d’aucun doute, au niveau des enquêtes de la police, surtout qu’ils ont été reconnus spontanément par plusieurs victimes ?

Coïncidence malheureuse, au moment où ces informations circulent dans la ville, Kinshasa a enregistré dernièrement un cas de braquage. C’était le 2 juillet, à 18 H 5’, sur l’avenue du Commerce à Gombe. Cinq hommes armés et en tenue avaient braqué la fourgonnette de transfert des fonds devant l’agence de Fibank. Ils avaient surpris et dépouillé les travailleurs qui chargeaient les colis d’argent dans leur véhicule. Après le coup, ils avaient  sauté dans leur véhicule et disparu à travers les rues de Kinshasa.

Si cette information se vérifiait, il y a lieu de se demander pourquoi ce genre des malfaiteurs qui mettent en péril les efforts de bancarisation de notre économie, et qui tentent de décourager les investisseurs ayant choisi d’implanter leurs affaires dans notre pays, jouissent d’une telle impunité.

Que faut-il faire pour que les auteurs de braquages appréhendés par la police puissent répondre de leurs actes criminels, devant  les cours et tribunaux ?

Autant des questions qui restent posées et attendent des réponses de la part de ceux qui gèrent les dossiers de la lutte contre la criminalité dans la ville de Kinshasa.

 

JRT

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