Armes légères et de petit calibre en RDC : vers le «marquage» des armes de l’Etat

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« La volonté politique du gouvernement pour passer à l’action en ce qui concerne le marquage des armes de l’Etat est là. On envisage dans un bref délai d’organiser un atelier pour déterminer les grandes lignes du marquage. Les résultats (de l’atelier) seront transmis au gouvernement qui décidera de la suite à accorder à ce dossier, », a déclaré hier Ernest Ngumbi Mashaka, secrétaire permanent de la Commission nationale de contrôle des armes légères et de petit calibre et de réduction de la violence armée (CNC-ALPC). C’était au cours d’une matinée de réflexion dénommée « Mardi développement », organisée par le PNUD dans sa salle polyvalente, autour de la présentation du livre sur la prolifération des armes légères et de petit calibre (ALPC) dans l’Est de la Rd Congo, intitulé « Armes légères dans l’Est du Congo : enquête sur la perception de l’insécurité».

Ce marquage permettra d’identifier la provenance d’une arme au niveau de l’Armée nationale et de la police et de pouvoir sanctionner le cas échéant. C’est une des recommandations du livre cité ci-dessus, lequel est le fruit d’une étude initiée en 2009 par le PNUD, selon Paul Thierry Kalonga qui a fait à l’assistance l’économie de cette étude. Devant examiner la prolifération illicite des ALPC en Rd Congo, elle a été menée par le Groupe de recherches et d’informations sur la paix et la sécurité (GRIP) et le Bonn International Center for Conversion (BICC). L’étude a été effectuée dans les provinces de l’Est, notamment au Nord et Sud Kivu, Maniema, dans les districts de l’Ituri (Province orientale) et du Tanganyika (Katanga).

Elle  a été validée par le gouvernement congolais qui, dans la suite logique, est appelé à élaborer un plan d’action national de contrôle et de gestion des ALPC (PAN) pour contribuer efficacement à la lutte contre la circulation illicite des ALPC en Rd Congo.
C’est dans le cadre de ce plan qu’Ernest Ngumbi Mashaka a exposé sur « le contrôle des ALPC par le désarmement des civils ». Ce plan prévoit un désarmement volontaire des civils, et repose sur trois principaux axes, à savoir l’installation des institutions efficaces, la gestion effective des ALPC et l’échange effectif d’informations. Mais le désarmement passe par la confiance à restaurer de la population vis-à-vis de l’armée nationale. Le secrétaire permanent de CNC- ALPC a reconnu que ce sera un travail de longue durée.

Dans le souci de mettre tout en marche, ce plan prévoit également une sensibilisation des troupes en vue d’un rapprochement civilo-militaire.  C’est ce qu’a signalé à l’assistance le général de brigade José Mulubi bin Muhemedi, chargé de cette tâche dans l’armée nationale. A cet effet, il a signalé la publication d’un « livre de bonne conduite » à l’intention des militaires. Ce livre rédigé en français sera traduit dans les quatre langues nationales pour permettre aux militaires de savoir comment passer leur journée de travail. Il a souligné que la formation des formateurs a déjà démarré pour pouvoir atteindre tous les éléments des FARDC, car la lecture d’un livre n’est toujours pas certaine par les militaires. Tout cela s’inscrit dans l’objectif de restaurer la confiance des civils envers les militaires.
Comme il fallait s’y attendre, les représentants des structures civiles et militaires pour lutter contre la circulation des armes illicites en Rd Congo ont demandé des moyens financiers à la communauté internationale pour pouvoir aller de l’avant dans leur travail. Il convient de souligner que « Mardi développement » a permis d’échanger des informations sur cette question délicate de la circulation des armes légères en Rd Congo.

Jean- René Bompolonga

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