Armée : les questions de Kengo wa Dondo

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A plus ou moins 12 mois des échéances électorales, les Congolais ont besoin de la paix et de la sécurité. Le président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, s’est fait l’écho, dans son discours d’ouverture de la session de septembre, d’une situation sécuritaire fort préoccupante, spécialement dans la partie Est du pays. « Hormis l’accalmie constatée sur certains fronts, la vulnérabilité du pays reste entière », a-t-il relevé.

Et l’homme de poursuivre : «  Comme tout autre pays au monde, nous voudrions être maître de notre destin, de nos ressources, respecté de nos voisins. La solution ne réside-t-elle pas dans la poursuite des réformes amorcées par le gouvernement dans le domaine de la Justice, de l’Armée, de la Police, de l’Administration ? ». 

            S’appuyant sur la Constitution, Léon Kengo a rappelé l’impératif de la mise sur pied « d’une armée professionnelle, disciplinée, concernée, équipée, nourrie et bien payée ». S’agissant de sa configuration, Mr « Rigueur » explique : « une armée redimensionnée, dont le gros sera constitué de la troupe, me paraît raisonnable ». Nos compatriotes ont appris, du président du Sénat, qu’il existe un plan de réforme de notre armée, lequel s’étale de 2009 à 2025. 

Et Voici Africom 

            A propos de la réforme de l’armée nationale, il est heureux de constater qu’un bataillon de 700 commando vient de sortir du camp Base de Kisangani, grâce à la coopération militaire congolo-américaine. Ces nouveaux commando ont bénéficié d’une formation de sept mois de la part d’instructeurs américains appartenant à Africom (United States Africa Command). Cette unité spéciale est décrite comme outillée dans des interventions rapides liées aux opérations de sécurité tant interne qu’externe. L’annonce de la mise en route d’un second bataillon est de bon augure, si l’effort est maintenu dans le même sens. 

Où sont passés Kitona, Kotakoli, CETA, Kananga et Kamina ?

            En marge de la sortie d’une nouvelle unité commando, des millions de compatriotes ne s’empêchent de s’interroger sur l’état des lieux qui prévaut dans des centres d’instruction et de formation sur lesquels l’armée nationale avait bâti sa réputation, de la Force Publique aux ex-FAZ. A cet effet, l’on pense notamment à Kitona au Bas-Congo, à Kotakoli à l’Equateur, à Ceta à Kinshasa, à Kananga au Kasaï Occidental et à Kamina au Katanga.

            A en croire des habitués de ces « bases » militaires, Celles-ci souffrent du délabrement de leurs infrastructures, du sous-équipement, de la carence d’instructeurs, du déficit de financement, etc. La plupart se trouvent dans un état tel qu’il leur est désormais difficile de remplir leurs missions de formation d’officiers ou de troupes spécialisées dans les domaines les plus divers : infanterie, aviation, renseignements, administration, gestion…

            Pour ne prendre que le cas de Kotakoli, ce centre de formation des éléments commando n’avait pas son pareil en Afrique. Plusieurs bataillons, brigades et divisions de « choc » de notre armée avaient pris corps à partir de cette bourgade de l’Equateur. Dans le temps, il était inconcevable qu’un militaire congolais se réclamant du statut de commando ne puisse passer par Kotakoli.

            S’il existe chez les gouvernants congolais une réelle volonté de réussir l’émergence d’une armée républicaine, il faudrait, comme l’a suggéré Léon Kengo, que des moyens financiers suffisants soient dégagés pour réhabiliter Kitona ( le mouroir des militaires sous le régime de l’APR/AFDL), Ceta ( domaine militaire de plus en plus envahi par des résidences privées), Kotakoli ( base redevenue une forêt vierge), l’EFO/Kananga, Kamina (où pilotes et techniciens militaires se tournent souvent les pouces).

            La réhabilitation des bases et centres de formation des officiers et combattants congolais s’avère nécessaire pour un pays qui s’est engagé pratiquement dans une course contre la montre pour rattraper son retard dans le secteur de sa défense et de sa sécurité. Kengo a relevé un fait très important : la vulnérabilité de la RDC dans le domaine militaire et sécuritaire. Un tel message devrait inciter ceux qui ont la charge de la réforme de l’armée à s’investir dans la bonne conduite du planning allant de 2009 à 2025.

            Car, sans sécurité ni paix, le pays ne peut ni aller aux élections, ni amorcer un développement durable.                               

                                   KIMP

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