Armée : les Congolais rattrapés par l’histoire

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Lors du Dialogue Intercongolais tenu entre 2002 et 2003 à Sun City puis à Pretoria, en Afrique du Sud, une des résolutions pertinentes adoptées par les belligérants, l’Opposition non armée et la Société Civile concernait la réforme de l’armée et des services de sécurité. La construction d’une nouvelle armée, voulue républicaine, apolitique, performante et dissuasive avait été retenue comme une priorité à satisfaire par les gestionnaires de la Transition (2003-2005 avec une possibilité de prolongation de deux fois six mois).
Au lieu de s’atteler effectivement à la réorganisation de l’armée nationale, les animateurs des institutions de la République, sous le  Régime du 1+4 (un Président et 4 vice-présidents), avaient préféré en faire un fourre-tout. L’intégration en désordre d’effectifs incontrôlables, les « brassages » et « mixages » à la sauvette, la distribution des grades sans tenir compte des profils des bénéficiaires avaient finalement donné naissance à un « monstre ». Les chefs des « composantes » et « entités » ainsi que leurs principaux collaborateurs se tapaient mensuellement de grosses fortunes provenant des listes de paie scandaleusement gonflées. Pendant toute la durée de la Transition, les anciens belligérants, toutes « composantes »et « entités » confondues ont saigné à blanc le Trésor public.
 
Malheureusement, la vérité est têtue. L’histoire a fini par rattraper les Congolais, en leur rappelant que de 2003-2006, ils ont préféré passer leur temps à « chanter », à l’image de la cigale, au lieu de se doter d’un système de défense à même de décourager les velléités belliqueuses de leur voisin rwandais.
Si la RDCongo avait achevé la réforme de son  armée, il y a longtemps qu’elle se serait émancipée de l’assistance militaire des Nations Unies (Monuc et Monusco). Si l’armée républicaine avait effectivement pris corps, le pays n’en serait pas aujourd’hui à la mise en place dans sa partie Est d’une force africaine de tous les dangers.
 
Pour une armée de métier
 
Au vu du scénario de traque des FDLR et  du M 23 concocté au niveau de l’Union Africaine, la République Démocratique du Congo se doit, plus que jamais, de mettre sur pied une armée de métier. Le recrutement selon les normes internationalement admises, la réhabilitation des académies militaires nationales, la construction de nouvelles casernes et le réaménagement de celles qui existent déjà, la maîtrise des effectifs… sont autant de pistes à suivre s’il existe réellement une volonté politique de bâtir une nouvelle armée congolaise.
Certes, de louables efforts sont déjà consentis dans ce sens mais il y a nécessité de les poursuivre. L’armée devrait cesser d’être le dépotoir des ratés de la société congolaise ou une maison de placement de frères, sœurs, cousins, cousines ou amis des décideurs politiques ou encore des galonnés.
 
Donner une chance aux compétences
 
A la chute de Mobutu, en mai 1997, le Congo de Mzee Laurent Désiré Kabila aurait pu rebondir rapidement au plan militaire, si un « brassage » ordonné avait été réalisé entre les ex-FAZ (Forces Armées Zaïroises) et les Kadogo des FAC (Forces Armées Congolaises). Hélas, le tristement célèbre James Kabarebe, propulsé chef d’état-major général, avait entrepris de liquider l’armée de Mobutu au « mouroir » de Kitona, sous l’œil complaisant de ses « amis » de l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo).
Qu’à cela ne tienne ! Un impressionnant corps d’officiers formés dans les meilleures académies militaires européennes, américaines et asiatiques poireaute encore dans la « réserve » de la République. Des centaines de « brevetés » et « techniciens » d’Etat-major, que nous envient plusieurs pays africains sont là, en chômage, prêts à relever le défi de la défense du drapeau national, à encadrer des recrues, à renforcer les capacités des combattants, à les réarmer moralement pour le front.
En ces temps difficiles, la patrie devrait donner une chance à toutes les compétences qui sommeillent à travers le pays et qui ne demandent qu’à être utilisées au niveau des forces terrestres, aériennes, navales et autres. Il serait faux de faire croire que la RDC souffrirait d’un manque d’officiers formés. Ceux qui avaient accepté que certains d’entre eux soient condamnés à mort par James Kabarebe à Kitona devraient avoir le courage de songer à récupérer les survivants encore aptes au métier des armes.
 
Kimp
 

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