Après un passé glorieux entre la Grèce et la RDC : Ambassadeur Catranis : réchauffer les relations de coopération

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L’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République de Grèce en RDC, Dr Alexandre Catranis, a une grande préoccupation, ainsi qu’une grande ambition. Comme il a eu à l’exprimer clairement devant des intellectuels, des diplomates et des journalistes, lors de sa conférence de la semaine passée, au Fleuve Congo Hôtel, sur «  Crise économique – Le défi  du social », son ambition est de réchauffer les relations de coopération entre la Grèce et la RDC.

 Dans le passé, a-t-il fait remarquer, la RDC avait abrité une grande communauté hellénique. En effet, 40.000 Grecs avaient contribué à l’essor économique du Congo. On les retrouvait dans presque toutes les provinces et dans tous les secteurs : l’agriculture, le commerce, l’industrie textile, le transport, l’agro-industrie, etc… Ils ont su s’intégrer au sein des communautés locales et s’adapter à de dures conditions d’existence dans les coins reculés. Grâce eà leurs activités commerciales, les paysans n’étaient nullement tentés d’effectuer le déplacement à Kinshasa, pour s’approvisionner en produits pharmaceutiques. Ils trouvaient tout sur place et cela favorisait leur sédentarité.

Il nous faut reconnaître ici que les opérateurs économiques grecs avaient créé des emplois pour des milliers de chômeurs. Ils assuraient l’évacuation des produits alimentaires de centres de production vers les centres de commercialisation et de consommation. A cette époque, la distribution des produits alimentaires de première nécessité et autres articles de traite était garantie, au point que dans des coins reculés, des boutiques des Grecs étaient toujours bien achalandées. Aujourd’hui, a regretté l’ambassadeur de Grèce en RDC, on compte à peine un millier de ses compatriotes en RDC.

Aussi durant son mandat, l’ambassadeur de Grèce en RDC ambitionne de réchauffer les relations de coopération entre la Grèce et la RDC. S’il n’a pas indiqué un secteur bien déterminé, l’on croit savoir que Dr Alexandre Catranis serait certainement intéressé par le renforcement des relations économiques. Dans ce domaine, la RDC regorge des potentialités que les industriels grecs pourraient exploiter en partenariat avec les hommes d’affaires congolais. Les entreprises grecques ont énormément besoin de matières premières que la RDC pourrait exporter vers ce pays européen.

Dr Alexandre Catranis ferait œuvre utile en suscitant des relations de partenariat entre l’Office grec du commerce extérieur  et  l’Agence nationale pour la promotion des investissements, et en favorisant des visites d’affaires des opérateurs congolais en Grèce, et de ses compatriotes en RDC.  Ces échanges permettraient à coup sûr aux uns et aux autres d’explorer plusieurs possibilités d’investissement profitables à nos deux pays. Cela augurerait une ère nouvelle dans les relations de coopération entre la Grèce et la RDC, après une longue période de passage à vide.

Souhait de Dr Catranis : bénéficier de plus de solidarité de l’UE et de l’assouplissement des mesures d’austérité

Dr Alexandre Catranis s’est dit également préoccupé comme tant de ses compatriotes, par l’avenir économique de son pays. Frappée de plein fouet par la crise économique à la suite de plusieurs politiques gouvernementales, la Grèce était devenue le grand malade qu’il fallait sauver en urgence. La solidarité européenne aidant, l’Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire, la troïka économique, ont volé à son secours avec à la clé plusieurs programmes d’ajustement structurel. Elle a contracté une dette aux conditionnalités très contraignantes. Comme bouffée d’oxygène, la Grèce a pu bénéficier d’une enveloppe de 73 milliards de dollars.

Les mesures d’austérité lui prescrites seront très mal ressenties  par l’ensemble de la population. Entre autres, dévaluation intérieure, réduction des effectifs de la Fonction publique de plus de 15 %, réduction des salaires minimums et fiscalité revue à la hausse. D’où les nombreuses manifestations de protestation organisées par les travailleurs.

Aujourd’hui, des analystes souhaiteraient que la dette de la Grèce soit ramenée à un seuil supportable par le programme gouvernemental dont on se réjouit d’avoir rempli quelques critères de performance convenus avec ses bailleurs de fonds.

Son vœu le plus cher est de voir son pays bénéficier davantage de la solidarité avec l’Union européenne dont elle est membre à part entière, afin de retrouver sa stabilité d’antan, mais aussi d’arracher l’assouplissement des mesures d’austérité qui réduisent la marge de manœuvre du gouvernement grec dans le domaine social.

                          J.R.T. 

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