Après la modification de l’Arrangement particulier : la Majorité poursuit son passage en force

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Des participants au séminaire d’échanges entre communicateurs de la majorité présidentielle, tenu 5 au 7/9/2011 à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Des participants au séminaire d’échanges entre communicateurs de la majorité présidentielle, tenu 5 au 7/9/2011 à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Après avoir réussi à modifier l’Arrangement Particulier et obtenu sa
signature le 27 avril 2017 par une frange de l’Opposition et de la
Société Civile ainsi que par ses propres affiliés, la Majorité
Présidentielle ne semble plus reculer devant rien. Elle est décidée a
poursuivre son passage en force, en dépit des protestations du
Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement
et de la communauté internationale contre les violations de  ce texte
ainsi que de l’Accord du 31 décembre 2016.

Dans cette lancée, un communiqué de la présidence de la République
rendu public le vendredi 12 mai 2017 accordait 48 heures aux parties
signataires de l’Arrangement Particulier révisé pour le dépôt des
listes de leurs membres au Conseil National de Suivi de l’Accord du 31
décembre 2016. Contrairement à ce qui était prévu dans l’Accord de la
Saint Sylvestre, le président de cette nouvelle institution d’appui à
la démocratie ne va plus avoir la casquette de président du Conseil
des Sages du Rassemblement. Selon l’Arrangement Particulier modifié,
il va être désigné de manière consensuelle par ses pairs, au nombre de
28, appelés à siéger au sein de cette institution. Un délai de 15
jours leur est donné pour se mettre d’accord, sous la haute
surveillance du Chef de l’Etat.
Le pays va se retrouver ainsi avec un Premier ministre sans attache
politique puisqu’exclu de l’UDPS, où il assumait la charge de
Secrétaire général Adjoint, et du Rassemblement, où il exerçait comme
porte-parole, et un président du Conseil National de Suivi de l’Accord
du 31 décembre à puiser soit dans les rangs de l’aile dissidente du
Rassemblement conduite par Joseph Olenghankoy, soit du Front pour le
Respect de la Constitution (MLC et alliés), soit de l’Opposition
signataire de l’Accord de la Cité de l’Union Africaine.
Par conséquent, au lieu d’une cohabitation non conflictuelle entre
forces politiques et sociales pendant la transition, la RDC va
fonctionner dans un climat de fortes contestations internes et
externes des animateurs des institutions, dont personne n’ignore que
les mandats ont largement expiré.
La question que nombre d’observateurs se posent est de savoir quels
dividendes la Majorité Présidentielle escompte tirer d’un
environnement où les forces politiques et sociales opposées au
tripatouillage de l’Arrangement Particulier ainsi que les Occidentaux
la renvoient machinalement au respect de l’esprit et de la lettre de
l’Accord du 31 décembre 2016. Elle n’ignore certes pas les risques
d’un isolement diplomatique face à certaines réalités politiques,
sécuritaires, diplomatiques, économiques, sociales et financières de
notre planète, où les « grandes puissances » sont capables du meilleur
et du pire.
Pour ne prendre que le cas récent de la fièvre hémorragique Ebola qui
vient de se déclarer au Nord-Est du pays, le ministère de la Santé
s’est précipité à lancer un appel à l’assistance internationale, car
les pays ne dispose pas des moyens financiers et logistiques
suffisants pour faire face à l’épidémie. A ce sujet, une réponse
négative de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) aurait pu placer
le pays dans un situation inconfortable. Il en est de même des appuis
financiers de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International,
dont l’octroi dépend de la bonne volonté de la haute financière
internationale.
C’est pareil pour les investisseurs étrangers, que Kinshasa appelle à
cor et à cri mais qui hésitent à jouer la carte RDC à cause de
l’instabilité politique, de l’insécurité, de la mauvaise gouvernance,
du mauvais climat des affaires, de la corruption, de la justice à la
tête du client, etc. Au lieu d’envoyer des signaux positifs à travers
l’Accord du 31 décembre 2016, unanimement salué par la communauté
internationale et coulé en Résolution 2348 au niveau du Conseil de
Sécurité des Nations Unies, la Majorité Présidentielle persiste à
entretenir un climat politique délétère, qui avait pourtant montré ses
limites sous le régime de feu le Maréchal Mobutu Sese Seko. Au lieu de
conduire le peuple de l’ex-Zaïre aux élections, après avoir épuisé ses
mandats et souscrit aux résolutions de la Conférence Nationale
Souveraine (CNS), le Président Fondateur s’ingéniait, sur conseil de
ses « faucons », dont certains ont réussi à infiltrer la Majorité
Présidentielle actuelle, à tirer la transition en longueur, pour
finalement être balayé par la rébellion de l’AFDL, fruit d’un vaste
complot international contre lui.

Si le schéma en chantier au sein de la famille politique du Chef de
l’Etat est de contourner les élections à travers, soit une
interminable transition, soit un référendum constitutionnel, il faut
craindre que les mêmes causes produisent les mêmes effets.
Kimp