Après l’évacuation forcée de leur caserne : les sapeurs-pompiers dans la rue

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40247764Lorsque les hommes, femmes et enfants qui squattaient dans la caserne des sapeurs-pompiers située au croisement des avenues ex-24 novembre et Justice avaient été évacués de force, la rumeur d’alors avait fait état du démarrage des travaux de réfection de ce site pour y loger des engins pimpant neufs offerts par la coopération japonaise au gouvernement provincial de la Ville. Au fur et à mesure que les jours passaient, d’autres rumeurs ont alors circulé avec insistance pour évoquer un retard dans le calendrier de ces travaux.

 Cependant, depuis quelque temps, une autre rumeur fait rage au sujet de la vente ou spoliation de ce terrain à un groupe d’hommes d’affaires belges et libanais pour y ériger un grand immeuble commercial. Et pour preuve, le site a été complètement évacué par ses anciens occupants et l’on y observe une ceinture en tôles galvanisées utilisées souvent pour annoncer le démarrage des travaux de construction. . Des engins de génie civil ont été aperçus et des architectes et autres ingénieurs en construction y travaillent déjà, a-t-on rapporté au Phare. Pour y ériger un hôtel, un complexe d’appartements de luxe, un supermarché, une école moderne, un centre hospitalier ? On se perd en conjectures sur la destination de ce qui sera construit sur ce terrain situé dans ce quartier très convoité où le mètre carré doit coûter de l’or selon certains promoteurs immobiliers.

La première question qui taraude les esprits est celle de connaitre l’identité du vendeur. Car, il est établi que ce terrain a toujours appartenu à l’Etat depuis l’époque coloniale, qui y avait construit la principale caserne des sapeurs-pompiers de la ville. Certes, l’Etat a le droit de vendre ses terrains mais la loi foncière en vigueur stipule que la vente ou l’aliénation d’un bien immobilier de l’Etat est subordonnée à une autorisation préalable du parlement dès lors qu’il s’agit d’un bien appartenant au peuple congolais. En outre, l’Etat ne peut pas conclure avec un particulier un contrat de bail commercial avec construction. Qui a alors vendu ce terrain ? On ne tardera pas à le savoir une fois terminés les travaux de construction sur ce site.

Un autre constat amer, c’est que les gros véhicules anti-incendie sont garés tout autour de l’immeuble abritant le Gouvernorat de la Ville. Les sapeurs-pompiers sont ainsi devenus des « SDF » ou des sans domicile fixe car dépourvus des bureaux, de caserne et des garages pour leurs engins. Pire, bon nombre d’entre eux que l’on a eu à croiser autour de l’Hôtel de Ville ne disposent même plus des tenues de travail. Une fois, a indiqué au Phare un sinistré d’un incendie accouru chercher du secours, le véhicule n’a pas pu démarrer faute de carburant.

Une mégapole dépourvue de service anti-incendie

 Les signaux annonciateurs de cette supercherie avaient commencé avec l’évacuation forcée des hommes, femmes et enfants des sapeurs-pompiers qui squattaient depuis des lustres les bâtiments qui servaient de caserne. Ensuite, l’on a vu surgir des géomètres, des architectes et des ingénieurs en génie civil qui se sont mis à l’œuvre.

            Le silence observé du côté de l’Hôtel de Ville inquiète plus d’un kinois. Peut-on concevoir une mégapole de plus de dix millions d’habitants de la trempe de Kinshasa sans service anti-incendie? Au lieu d’aliéner ce terrain, la sagesse aurait incité les pouvoirs publics à chercher des financements pour la construction de plusieurs casernes des sapeurs-pompiers, au moins une dizaine à raison d’une pour deux communes, cela, pour voler le plus vite possible au secours des victimes d’incendies. Les mêmes financements peuvent servir pour installer des bouches d’incendies à travers les 24 communes pour alimenter les véhicules anti-incendie en cas de sinistre. On ne compte pas le nombre de fois où les véhicules anti-incendie arrivent le plus souvent avec un très grand retard sur le lieu du sinistre pour se retrouver dépourvus d’eau pour travailler ! Il faut aussi prévoir les équipements modernes au profit des sapeurs-pompiers, notamment des tenues, des gants, des échelles, des cordes et pourquoi pas des hélicoptères et des bateaux rapides pour intervenir dans des zones dépourvues des routes.

F.M.          

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