Après l’élimination de Karegeya : Kagame fait trembler ses opposants

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kagameDonné pour mort le week-end dernier par les populations de l’Est de la République Démocratique du Congo, Paul Kagame, le président rwandais, est finalement sorti de son silence. Et, de quelle manière ! C’était pour se livrer à un commentaire d’un cynisme diabolique sur l’assassinat, le 31 décembre en Afrique du Sud, du colonel Patrick Karegeya, un de ses anciens bras droits devenus un de ses farouches opposants. « Face à quelqu’un qui n’a pas honte de détruire ce que nous avons mis du temps à construire, pour ma part, je n’ai aucun scrupule à protéger ce que nous avons construit… Ceux qui nous accusent d’être responsables, ont fait de même un millier de fois pour défendre leurs nations », a-t-il confié aux journalistes qui voulaient connaître sa réaction face aux accusations le pointant comme le commanditaire du crime.

Parlant sans le moindre état d’âme, le maître de Kigali a souligné que « la trahison a des conséquences. Tous ces types n’auraient rien été sans le Rwanda. C’est le Rwanda qu’ils dénigrent aujourd’hui qui a fait d’eux ce qu’ils sont. Quiconque trahit notre cause ou souhaite du mal à notre peuple deviendra une victime. Il reste seulement à savoir comment il deviendra une victime ».

Avec des propos pareils, Paul Kagame fait visiblement trembler ses opposants. L’on peut noter que l’homme qui avait réussi à faire glisser le M23 dans le giron national congolais et qui persistait à soutenir que la résolution de la crise congolo-congolaise devait fatalement passer par le dialogue entre Kinshasa et cette force négative a oublié les vertus de sa recette. Au contraire, il fait savoir à tous ceux qui ne sont pas politiquement d’accord avec lui que leur sort, c’est la mort.

            Dès qu’on lui demande de se mettre à la même table que les FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda) ou ses opposants politiques vivant en exil, il parle de traîtres, d’ennemis du peuple rwandais, dont les vies peuvent être supprimées sans le moindre scrupule.

            Le monde entier sait désormais ce qui attend tous les Rwandais qui refusent de se plier à la dictature de Kagame. Celui-ci est prêt à les refroidir comme Patrick Karegeya, car les autres ne sont rien sans le Rwanda. Mais ce pays serait-il devenu le patrimoine privé d’un individu ? C’est le lieu d’interpeller les facilitateurs et médiateurs qui se bousculent au portillon du Congo chaque fois qu’un mouvement rebelle pro rwandais ou ougandais exige un dialogue avec le pouvoir en place, avant déposer les armes. Quand feront-ils pression sur Kagame pour l’amener à organiser un dialogue rwando-rwandais avec ses rebelles et exilés ?

                                   Kimp

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