Après le scandale Emaxxon : pourquoi l’Etat rechigne-t-il à financer la MIBA ?

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 Considérée hier comme la première société minière productrice du diamant industriel au Monde, la Minière de Bakwanga ou MIBA en est réduite, à ce jour, à se contenter des partenaires inconnus sur le marché de ce minerai. Le dernier en date est une société de droit chinois et localisée dans la province de Shanghaï du nom de « Fametal ».
Des experts de cette société sont arrivés il y a peu à Mbuji Mayi pour étudier les voies et moyens de conclure un  partenariat avec l’ancienne première productrice du diamant au monde. Ce contrat devait permettre à la Miba de relancer ses activités dans ses concessions situées sur la rivière Sankuru toujours au Kasaï Oriental.

Considérée aujourd’hui comme un parent pauvre des entreprises minières opérant en RDC, la MIBA s’est montrés incapable de mobiliser la somme de 20 millions de dollars Us pour relancer sa  production. L’Etat congolais qui est pourtant l’associé majoritaire à raison de 90 % des parts sociales n’a pu consentir qu’un financement minable de l’ordre des 10 Millions de dollars Us sur les 20 attendus. De sorte qu’à ce jour, la Minière des Bakwanga ne produit que 2.000 carats de diamant industriel par jour. Ce qui ne peut pas lui permettre de répondre à ses besoins sociaux, notamment la paie régulière des salaires de ses agents et les autres frais sociaux conformément au Code du Travail et à la Convention Collective conclue avec ses agents.

Encore un contrat léonin ?

On sait que la mort lente mais programmée de la Minière des Bakwanga date de dernières années du régime du MPR-Parti Etat du fait de la chute de la production observée à la Gécamines à la suite des ponctions régulières de ses recettes par le pouvoir politique de l’époque. A l’avènement du régime de l’AFDL, la situation n’a pas du tout évolué car douze mois plus tard, éclata la guerre dite du R.C.D. qui contraint les tenants du régime à puiser abondamment dans les recettes de cette société minière de l’Etat pour soutenir les efforts de la résistance face aux agresseurs rwando-ougandais. On en est arrivé à voir la production de la Miba mise en vente sous forme de ce que l’on appelait « tender » sous la direction du ministre des Finances et des Mines de l’époque sans que les dirigeants de cette société ne soient associés à ces marchés. Voilà comment la Miba a continué sa descente aux enfers jusqu’à mettre
la clé sous le paillasson avec la mise au chômage de tout son personnel tant de Mbuji Mayi, Kinshasa, Bruxelles que de Jobourg.

Le contrat EMAXXON

De tous les contrats de partenariat qu’a eus à conclure la Miba depuis sa création, celui dénommé EMAXXON a crevé le plafond par son caractère léonin qui a été décrié et dénoncé sans ménagement urbi et orbi. Un scandale jamais vu sur le marché du diamant. C’est ce contrat conclu sous la houlette d’un des hommes les plus puissants du régime qui a enterré définitivement la Miba car il ne lui a pas permis de réaliser son programme de relance de la production alors que le cours du diamant avait été multiplié par dix sur tous les marchés des matières précieuses. Le prix imposé à la Miba par ce contrat EMAXXON était tellement bas qu’il n’a pas permis à la société minière de l’Etat de soutenir les charges sociales et d’exploitation.
On a appris aussi que ce contrat qui sera conclu avec la société chinoise « Fametal » contiendrait des clauses léonines qui ressembleraient à celle d’EMAXXON. De même, la carte géologique du Kasaï démontre l’existence d’immenses gisements d’autres minerais riches et recherchés sur les marchés mondiaux et qui n’intéressent pas ces investisseurs chinois alors que des voix en provenance de l’Occident font état de nombreux intermédiaires qui piafferaient d’impatience pour s’introduire dans cet univers de la Miba. Des questions fusent de partout : pourquoi ferme-t-on la porte aux autres investisseurs qui ne cessent de frapper au portillon de la Miba car intéressés à d’autres minerais que le fameux diamant ? Pourquoi l’Etat congolais qui est l’actionnaire majoritaire de la Miba rechigne-t-il à délier le cordon de sa bourse pour libérer un financement digne de ce nom afin de permettre à la Miba de relancer sa
production pour atteindre son niveau de l’époque d’or où elle était considérée comme la première grande société minière au Monde ? Ce serait faire justice à cette société qui avait soutenu les efforts de guerre contre les agresseurs rwando-ougandais à l’époque où la Gécamines ne valait pas un clou.
F.M.