Après le Rwanda, l’Ouganda s’invite aussi au Nord-Kivu

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Le décor sécuritaire actuel du Nord-Kivu fait craindre aux autochtones le retour imminent de la guerre. Pour l’heure, il est difficile de connaître le pays qui, entre le Rwanda et l’Ouganda, va frapper le premier. Ce qui est curieux est que les troupes rwandaise et ougandaise se sont signalées simultanément, au milieu de la semaine dernière, par des infiltrations en territoire congolais. Si le Rwanda a choisi son « jardin naturel » qu’est le territoire de Nyiragongo, l’Ouganda pour sa part a opté pour sa « chasse gardée » qu’est le secteur de Rwenzori.

 Les observateurs auront noté une forte médiatisation, par les autorités civiles et militaires congolaises, du safari de l’armée rwandaise en territoire congolais, et un silence radio au sujet de l’incursion ougandaise, qui s’est pourtant produite à la même période. On retient pour l’essentiel que l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo a été violée par ses deux voisins, pourtant signataires de l’Accord-cadre d’Addis Abeba sur la paix en RDC et dans les Grands Lacs.

Pourquoi ces provocations à répétition ?

 La question que de millions de compatriotes se posent est de savoir pourquoi l’Ouganda et le Rwanda, en dépit de multiples accords de paix et de coopération signés avec la RDC, n’en finissent pas avec les provocations au niveau de la ligne de front du Nord-Kivu. La réponse est à chercher sans doute dans la conviction qu’ont leurs dirigeants depuis qu’ils avaient piloté « la guerre de libération » contre la dictature de Mobutu de 1996 à 1997, que le grand Congo reste encore un colosse aux pieds d’argile. Ce sentiment s’est accru avec l’occupation du territoire congolais, de 1998 à 2003, par des rébellions qu’ils avaient instrumentalisées au vu et au su de la communauté internationale, sans oublier l’épopée des rébellions du CNDP (Conseil national pour la Défense du Peuple) des généraux Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda ainsi que celle du M23 (Mouvement du 23 mars 2009), du colonel Sultani Makenga, entre 2009 et 2013.

Les maîtres de Kigali et Kampala, visiblement avides de « recoloniser » militairement la RDCongo, ne semblent pas accepter le projet des Nations Unies visant l’éradication définitive, dans le court terme, des « forces négatives» internes et externes responsables de l’insécurité au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. On remarque que l’Ouganda et le Rwanda ne digèrent pas les actions militaires des FARDC en vue du démantèlement des rebelles ADF/Nalu et des FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda).

A ce sujet, chacun peut constater que les velléités miliaires rwandaise et ougandaise d’invasion du Nord-Kivu visent en réalité à distraite l’armée congolaise et à fragiliser son dispositif de défense. On assiste pratiquement à l’exécution d’un plan machiavélique destiné à créer plusieurs foyers de tension dans la partie Est du pays et à casser l’opération « Sukola II », dont la mission principale est de neutraliser toutes les forces négatives internes et externes présentes au Nord-Kivu.

            D’où, c’est le lieu d’insister sur la mise en place dans les territoires et secteurs de cette province, par les autorités politiques et militaires congolaises, des structures de riposte rapide face aux incursions ennemies. Le « ventre mou » de la République étant archiconnu de l’autre côté de la frontière, il est plus qu’impérieux de consolider le système national de défense afin que les ennemis de la paix comprennent que rien ne devrait plus comme avant 1996 et 1998.

                                   Kimp