Après l’allègemet de la dette : trois axes prioritaires pour le gouvernement

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Après l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE (pays pauvres très endettés) avec à l’affiche l’allègement de quelque 80% de la dette extérieure du Congo démocratique, le gouvernement s’est fixé trois objectifs ou axes prioritaires. A savoir : la gestion macroéconomique, la poursuite et consolidation des réformes amorcées, les infrastructures.

L’annonce est du Directeur de cabinet adjoint du Premier ministre, le professeur Daniel Mukoko Samba.

Il l’a faite au cours d’une conférence-débat qu’il a animée, le vendredi 30 juillet, à l’invitation du FOREC (forum économique), une organisation des étudiants de la faculté des Sciences économiques de l’Université de Kinshasa. 

            Thème choisi : « RD. Congo : quelle politique de relance économique après l’allègement de la dette ?».

Concernant la gestion macroéconomique, le gouvernement compte maintenir la discipline budgétaire, définir une politique d’endettement plus prudente pour ne plus retomber dans une situation de surendettement.

            Pour ce qui est des réformes, il s’agira de poursuivre celle des entreprises publiques, des finances publiques y compris la passation des marchés publics, ainsi que les réformes visant la facilitation des activités économiques.

            L’adhésion au Traité de l’OHADA entre également dans ce cadre des réformes que le conférencier a qualifiées de clés.

            Enfin, le gouvernement entend accélérer les travaux d’infrastructures, celles existantes étant en état de vétusté ou délabrement total.

            Ce sont là les « trois axes du combat que le gouvernement entend mener », a déclaré Daniel Mukoko. Il est qestion de mieux gérer les éléments fondamentaux de l’économie nationale, de poursuivre les réformes et les consolider, de modifier le paysage physique du pays et le cadre de vie des Congolais.

Toutefois, certains obstacles réduisent les chances de décollage économique de la République démocratique du Congo. Il s’agit du niveau insuffisant d’infrastructures publiques, du cadre institutionnel déficient pour l’exercice des activités économiques, ainsi que du profil inadéquat du capital humain.

A titre d’exemple, le Dircaba d’Adolphe Muzito a fustigé la lourdeur de procédures qui préjudicie les investisseurs pour obtenir des documents donnant lieu à la création de petites et moyennes entreprises.

            Ainsi, un opérateur doit passer par 9 procédures et attendre pendant 63 jours pour entrer en jouissance d’un conteneur de 20 pieds importé. Idem pour celui qui veut créer une Sprl ou Sarl : il lui faut 13 procédures et 149 jours d’attente, etc.

            L’orateur a ouvert son exposé par une observation pertinente l’atteinte du point d’achèvement ne signifie pas la fin d’une gestion plus prudente des finances publiques et de la monnaie. Car, le programme macroéconomique du gouvernement soutenu par le FMI se poursuit jusqu’au 30 juin 2012, avec les missions de revue tous les 6 mois et des décaissements semestriels en appui à la balance des paiements, etc.

            Il a, à l’occasion, rappelé le volume du stock nominal avant et après l’allègement de la dette.

            Avant, c’était évalué à 13,705 milliards $US, et il est resté 2,696 milliards $ US après l’allègement.

Quant à la ventilation du stock avant l’allègement (13,705 milliards $), la situation se présentait de la manière suivante : les bailleurs multilatéraux : 4,986 milliards $, FMI : 0,800 milliards $, Banque mondiale : 2,497 milliards $, Banque africaine de développement : 1,415 milliards $, Club de Paris : 7,475 milliards $, autres bailleurs bilatéraux : 1,029 milliards $, dette comm: 0,215 milliards $, Club de Londres : 0,081 milliards $.

            Après l’allègement (2,696 milliards $), la situation se présente de la manière ci-après: multilatéraux : 1,857 milliards $, FMI : 0,254 milliards $, BM : 0,966 milliards $, BAD : 0,525 milliards $, Club de Paris : 0,076 milliards $, autres multilatéraux : 0,640 milliards $, dette comm : 0,123 milliards $, Club de Londres : 0,006 milliards $.

            Par ailleurs, l’allègement de la dette repose sur un certain nombre d’engagements pris par le gouvernement. Notamment : mettre en place une politique économique qui vise à réaliser une croissance économique forte et durable, privilégiant les secteurs économiques à même de contribuer à la réduction de la pauvreté. Et c’est à ces secteurs que le gouvernement doit accorder des allocations budgétaires conséquentes; maintenir la stabilité macroéconomique ; affecter l’épargne dégagée par l’allègement du service de la dette obtenu au titre de l’IPPTE aux dépenses de lutte contre la pauvreté ; renforcer la transparence et l’efficacité de l’exécution des dépenses budgétaires ; améliorer la gouvernance et la prestation des services publics, etc.

Dom

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