Après la retraite politique annoncée de Moïse Katumbi : Katanga, les coups bas ont commencé

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Après la retraite politique anticipée de Moïse Katumbi, gouverneur du Katanga et président du célèbre club de football TP Mazembe, la guerre de succession est visiblement ouverte. Comme l’avait déjà souligné Le Phare dans l’une de ses livraisons antérieures, une très grande agitation est observée dans les milieux politiques de la province précitée. Depuis peu en effet, des noms sont cités dans l’opinion comme virtuels successeurs du « retraité » prématuré. Dans ce panel apparaissent le gouverneur honoraire Kisula Ngoie, le PPRD Muyej Mangez, l’UDPS Mutomb Kan Kato, Vano Kiboko, Muyambo Kyassa, Sanguza Mutunda, Mutombo a Mutomb, mais aussi le député provincial et homme d’affaire Nazem Nazembeetc.

Moïse Katumbi irremplaçable ?

En principe, il n’est interdit à aucun Congolais ou à aucune Congolaise de rêver du leadership politique dans la province cuprifère, où Moïse Katumbi volait très haut depuis les élections de 2006. Après avoir proclamé le plus officiellement du monde son retrait volontaire du monde politique, l’homme continue de promener son ombre sur la scène politique provinciale. Les observateurs ont l’impression que le jeune « retraité » politique est davantage présent dans l’esprit que pendant les 4 ans de son règne à la tête du gouvernement provincial. Son bilan, qu’il a lui-même jugé négatif, le serait-il réellement ? Le doute est permis. Bien que politiquement retraité dès la fin de son mandat, le gouverneur de province le plus populaire de la République n’en continue pas moins de jouer les prolongations dans la mémoire collective.

Une drôle d’affaire de fraude douanière

Bien qu’il persiste à affirmer ne pas être intéressé par la course à la  direction du Gouvernorat du Katanga, Nazem Nazembe serait fiché, à son corps défendant, comme preneur pour ce poste politique. On laisse entendre que des adversaires politiques qui verraient en lui le profil du candidat Gouverneur de province, auraient résolu de ne lui faire aucun cadeau, dans l’hypothèse où l’idée le tenterait.

C’est le sens à donner, pense-t-on, à ce qui passe déjà pour une présumée affaire de fraude douanière dans laquelle sont citées la société Hyper Psaro et l’agence en douane Socodam, deux firmes dont les détracteurs du député élu de Lubumbashi tiennent absolument à lui imputer la propriété, alors qu’il ne possède la moindre action ni dans l’une, ni dans l’autre. Selon les informations en circulation sur les places de Kinshasa et de Lubumbashi, en effet, Hyper Psaro et Socodam seraient coupables d’opérations maffieuses qui se chiffreraient à plusieurs dizaines de millions de dollars américains, au détriment du trésor public congolais, au travers de son administration douanière.

Des membres de la Représentation nationale, que certaines sources croient avoir été mal informés, se sont même saisis du dossier pour exiger que soit appliquée la Tolérance zéro à l’égard de toutes les personnes morales et physiques impliquées dans une fraude douanière qui s’étalerait sur plusieurs années, avec en tête de liste, évidemment, Nazem Nazembe. De l’avis des habitués des opérations douanières cependant, on fait remarquer que dans le cas où Hyper Psaro et Socodam frauderaient effectivement au niveau des postes frontaliers de Kasumbalesa ou autres, la procédure voudrait que ce soit d’abord une affaire de l’administration douanière.
Et, à ce niveau, on sait que la traçabilité d’un produit importé exige que celui-ci fasse l’objet d’une déclaration douanière, suivie d’une vérification et d’une contre-vérification par l’administration douanière. Or, à l’étape actuelle apparemment, il est difficile de soutenir la thèse de la fraude douanière dans le chef de Hyper Psaro et Socodam, avec la complicité du député provincial précité.

Qu’à cela ne tienne ! S’il existe des indices sérieux de fraude douanière, avec la couverture de l’administration douanière, il appartient à qui de droit de diligenter une enquête judiciaire, ou, comme cela est de plus en plus coutume dans notre pays, une enquête au niveau du parlement provincial ou de l’Assemblée Nationale. La Représentation nationale serait même, aux yeux de beaucoup, la structure la mieux indiquée pour tirer pareille situation au clair. C’est en tout cas ce qui ressort de la conférence de presse donnée par le Secrétaire général du Courant du Futur, parti de Monsieur Nazem Nazembe, le week-end à Kinshasa.

Les œuvres de Nazem dérangent…

A quelques semaines de la fin de la législature en cours, un constat  unanime se dégage au sujet des élus de 2006 : ils sont presque tous passés à côté de la plaque. Au Katanga comme ailleurs, le fameux vote-sanction pèse sur la quasi-totalité des députés nationaux et provinciaux. Mais, dans cet océan des promesses non tenues, quelques élus ont réussi à sortir la tête de l’eau.

Et dans les rues de Lubumbashi, Nazem Nazemb est compté au nombre des « Honorables «  qui ont pu soulager, tant soit peu, les souffrances de leurs compatriotes. Ses œuvres dérangent. Cet acteur politique et opérateur économique est reconnu par l’homme de la rue comme le financier des dons tels que des groupes électrogènes de 600 KVA pour l’Hôpital Sendwe, l’Université de Lubumbashi, la station provinciale de la RTNC/Katanga, etc. C’est encore le président du Courant du Futur qui est cité comme ayant financé, sur fonds propres, l’aménagement des fontaines d’eau potable dans les quartiers populaires et le cités universitaires de la ville de Lubumbashi, payé des tôles et des fournitures pour établissements scolaires du chef-lieu du Katanga.

On pense aussi que le grand péché de Nazem Nazemb est de ne pas garder sa langue dans sa poche. Il est en effet de ceux qui, au sein de l’Assemblée provinciale comme dans ses échanges avec leur « base », n’ont cessé de dénoncer le pillage des ressources minières et la fraude douanière au Katanga, la mal gouvernance à tous les niveaux de la province, la grande escroquerie politique dont fut victime l’électorat katangais en 2006, avec des élus qui lui avaient promis le paradis sans pour autant le matérialiser.
Son credo, comme celui de tout patriotique digne de ce nom, reste la construction d’un Congo nouveau, réconcilié avec lui-même.

Jacques Kimpozo

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