Après la débâcle malienne à Kidal : à quoi servent les armées africaines ?

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Soldiers in the Armed Forces of the DemoOn dirait que les régimes au pouvoir dans la plupart des Etats africains sont poursuivis par le même signe indien. Une fois aux affaires, au lieu de se mettre à renforcer le système sécuritaire dans leurs pays respectifs, les dirigeants africains passent le plus clair de leur temps à doter leurs gardes prétoriennes rapprochées des moyens conséquents pour les exercices de parade en abandonnant curieusement les véritables corps de la défense des intérêts vitaux de la nation dans un état de délabrement avancé. De sorte qu’au moindre accrochage avec des éléments rebelles, ces gardes prétoriennes disparaissent dans la nature car non formées aux techniques modernes de la guerre. De même, Il a été observé que la majorité des éléments composant ces forces prétoriennes proviennent des milieux socioculturels proches des dirigeants au pouvoir, très exposés et dociles à la corruption et à l’impunité.

Il est tout de même étonnant et scandaleux de constater que mêmes des Etats considérés jusque-là comme des puissances militaires en Afrique se sont avérés incapables de mettre en déroute des mouvements rebelles à connotation confessionnelle. L’exemple le plus frappant est celui de la secte islamique de BOKO HARAM qui est en train de mettre à genoux les contingents de l’armée régulière nigériane alors que ce pays était considéré comme doté d’une des armées les plus puissantes du continent africain. Comment les dirigeants nigérians ne parviennent-ils toujours pas à éradiquer ce phénomène de BOKO HARAM ? Ce mouvement ne cesse d’humilier chaque jour qui passe un Etat comme le Nigéria tout comme deux de ses voisins, dont curieusement le Cameroun et le Tchad. Deux Etats jusque-là considérés comme possédant des forces armées rompues à l’art de la guerre et disposant des moyens financiers considérables. A ce jour, le Nigéria pourtant crédité l’une des plus grandes puissances militaires du continent apparait de plus en plus comme un géant aux pieds d’argile. Le Cameroun, pour sa part, se révèle incapable de faire face et de prévenir les incursions de ce mouvement islamique contre son puissant voisin occidental.  Car, il est de plus en plus évident que les hommes de BOKO HARAM circulent à l’aise dans certaines parties du territoire camerounais où ils se sont permis de prendre des otages, notamment un religieux et les membres d’une famille française qui exploitaient un domaine touristique.

Insuffisances des armées africaines

La débâcle de l’armée régulière malienne à Kidal vient de mettre à nu les insuffisances des armées africaines et surtout l’inconscience, pourquoi pas la complicité de certains cercles au pouvoir dans les Etats africains. En République Centrafricaine, les forces armées régulières se sont montrées incapables de tenir face aux éléments de la SELEKA composés en partie des mercenaires venus du Tchad voisin. En RDC, les armées régulières ont toujours été remises en difficultés par des mouvements rebelles. Dont les mulelistes avaient occupé les 3/5 du territoire congolais de 1961 jusqu’en 1965 grâce à l’avènement de Moïse TCHOMBE au pouvoir. Les guerres du Shaba ont démontré les insuffisances de l’armée nationale face à des groupuscules des rebelles composés des anciens partisans de feu Moïse TCHOMBE. Incapables de faire face, le régime de Mobutu a recouru aux éléments des légions françaises et marocaines pour chasser ces rebelles venus de l’Angola voisin.

Ces insuffisances se sont avérées néfastes lors de la guerre entre le RCD et le MLC soutenus par le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi face aux forces régulières soutenues par l’Angola, le Zimbabwe, la Namibie et la Zambie. Une véritable guerre mondiale africaine qui a sévi pendant cinq ans sous des prétextes fallacieux et mensongers véhiculés par le régime du FPR au pouvoir à Kigali. Il a fallu recourir aux armées étrangères pour contraindre les différentes parties au conflit de s’asseoir autour d’une table pour mettre en place un régime politique sui generis pour conduire la transition en vue de l’organisation des élections générales de 2006.

Aujourd’hui, il s’avère que sans la présence militaire de la France, le Mali et ses voisins n’existeraient plus en tant qu’Etats indépendants et souverains. Le terrorisme d’obédience islamique aurait percé cette partie du continent africain jusqu’à atteindre les bords de l’océan Atlantique allant de la Mauritanie jusqu’au Golfe de Guinée.

Remèdes appropriés                        

Après la défaite des éléments du MNLA suite à l’intervention de l’armée française, les dirigeants de Bamako se sont assis agréablement sur le fauteuil du pouvoir et se sont mis à effectuer des dépenses somptueuses, particulièrement l’achat d’un aéronef splendide pour le chef de l’Etat. Provoquant ainsi la colère des responsables du FMI et de la Banque Mondiale. Cela, au lieu de s’adonner sérieusement aux fondamentaux d’un Etat moderne, notamment accélérer le programme de professionnalisme des forces armées nationales pour en faire un instrument au service de la nation et non des individus. Par ailleurs, les dirigeants africains devraient cesser de se comporter comme si la sécurité de la nation dépendait uniquement des interventions des forces armées étrangères. Tel était le cas en RDC lors des guerres du Shaba et aujourd’hui au Mali. Ils devraient aussi éviter de consacrer le gros des budgets aux contingents de leurs gardes prétoriennes qui se débandent souvent face aux rebelles. Ils feraient œuvre utile en négociant une véritable coopération militaire avec des partenaires expérimentés pour s’occuper de la formation des éléments de l’armée régulière, éviter le tribalisme et la clientèle au sein des forces de sécurité nationale. Bien entendu, il faudrait accorder une attention particulière aux conditions sociales des éléments des services de sécurité nationale, notamment leurs salaires, les camps d’hébergement, les garanties sociales, etc.

F.M.    

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