Après la Charte de la MP : le remaniement ministériel

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C’est probablement le dernier verrou qui vient de sauter avant le remaniement ministériel tant attendu. La signature intervenue hier au Stade Vélodrome de Kintambo de la Charte de  la Majorité Présidentielle semble ouvrir la voie à un réaménagement de l’équipe gouvernementale de MUZITO II. Une opération très attendue par l’opinion depuis plus d’une année et qui pointe donc à l’horizon pour plusieurs raisons. La première est de combler les vides créés par la révocation du vice-Premier Ministre François-Joseph MOBUTU Nzanga suivie immédiatement de la démission de BIANDO, ministre du Commerce Extérieur par solidarité avec son autorité morale. Deux postes et non des moindres très convoités et qui font l’objet des manœuvres politiciennes émanant de toutes les familles politiques se réclamant proches de la majorité et curieusement même de l’UDEMO où la guerre de succession et de positionnement fait rage allant jusqu’à menacer d’ébranler cette formation politique fondée par le chef de la famille de l’ancien président de la République. Le parti PANU créé de feu André-Philippe FUTA Kabongo, le tout premier secrétaire général de l’AMP est traversé par des dissensions mortelles pour le partage des postes au niveau du gouvernement et des entreprises publiques. Il en est de même à l’URPDI de Me MUSHI Bonane ainsi que d’autres formations politiques membres de la Majorité Présidentielle. Preuve s’il en faut une que ce réaménagement ministériel n’est pas une fiction ni une vue d’esprit. Au PPRD, ce serait une lapalissade que de parler d’une guerre des tranchées qui fait rage et il a fallu de peu au Bas Congo que ses animateurs en viennent aux mains.

Le besoin de donner un nouveau souffle à cette équipe gouvernementale n’est pas à écarter. Du sang neuf pour amorcer le tout dernier virage vers les élections de tous les dangers, ne cessent  de proclamer haut et fort ceux qui se croient investis de la mission de régenter la vie politique de ce pays. Ce serait une occasion rêvée pour se débarrasser de certaines têtes gênantes car trop mouillées dans des scandales de corruption, de détournement des deniers publics, des signatures des contrats léonins dans bien de domaines de la vie nationale, d’implications dans des opérations mafieuses qui ont beaucoup terni l’image du régime au pouvoir en place depuis bientôt dix ans. C’est ce qui donne des insomnies à de nombreux dignitaires qui voient leur séjour au gouvernement menacé et pourquoi pas bientôt déférés devant les cours et tribunaux dans le cadre de l’opération Tolérance Zéro tant vantée par le chef de l’Etat et qui vient de connaître un nouveau rebondissement avec l’arrestation de certains mandataires de l’OCC, de la SONAL,  de la DGDA, etc. Peut-être que la liste va s’allonger avec certains ministres indélicats et maladroits impliqués dans bien d’opérations mafieuses et dont les noms circulent déjà sur le Net.

Pas de divorce avec le PALU ?

Ce qui est très peu probable, même si d’aucuns y pensent, c’est le divorce entre le PALU et la Majorité Présidentielle. Du fait que des assurances ont été fournies pour rassurer les amis du patriarche GIZENGA que le Pacte qui a été conclu hier au Stade Vélodrome est une affaire interne qui ne les concerne pas du tout, l’alliance demeurant solide, a-t-on entendu dans les couloirs de la famille de la majorité présidentielle. De même, l’environnement sociopolitique du moment ne l’autorise pas, étant donné que l’accord d’alliance conclu en 2006 demeure jusqu’à la fin de cette législature.

Il faut cependant se méfier de bonnes intentions affichées par les kabilistes. Car rien ne les empêche de remettre en cause l’alliance conclue en 2006 avec le PALU. Par moment, des partisans du PPRD avaient évoqué l’éventualité de la récupération du poste de premier ministre pour bien préparer les élections quitte à se retrouver au lendemain de élections générales de 2011 pour discuter cartes sur table en fonction du poids électoral d’un chacun. Ce qui devrait se traduire par l’attribution des postes juteux jusque là occupés par le PALU aux membres effectifs de la Majorité Présidentielle. C’est pour cette raison que des voix se sont élevées pour mettre en garde la famille politique présidentielle contre  toute tentative de remise en cause de cette alliance qui a fait gagner au candidat Joseph KABILA des centaines des milliers des voix à Kinshasa et dans la province du Bandundu. Toute tentative de remise en question serait considérée comme une rupture aux conséquences énormes quant à l’avenir, ne cessent de clamer haut les dignitaires du PALU. Gare donc à la tendance totalitaire et dictatoriale qui semble avoir élu domicile dans la famille présidentielle et qui donne des insomnies aux alliés de 2006 dont particulièrement l’Udemo qui n’a toujours pas bien digéré la révocation de François-Joseph MOBUTU.

Remaniement dans un environnement lourd et explosif 

Ce réajustement ministériel surviendrait dans un environnement lourd, vicié et explosif caractérisé par une série des contestations consécutives à la révision constitutionnelle. Laquelle a donné lieu au changement du mode de scrutin lors de l’élection présidentielle qui se fera désormais à un seul tour pour des raisons de compression budgétaire, a-t-on indiqué dans le camp de la majorité présidentielle. Il y a ensuite cette rumeur du découplage de l’élection présidentielle des élections législatives et provinciales que de nombreux observateurs considèrent comme une manœuvre de tricherie de trop dès lors que cela nous ramène au système de deux tours de l’élection présidentielle que l’on vient d’abolir. En outre, le retard constaté dans les opérations de révision du fichier électoral est venu alourdir davantage les suspicions de tricherie ou des intentions dissimulées de conduire le pays vers une énième transition politique aux contours flous et surtout à l’avantage de ceux qui tiennent à conserver le pouvoir d’Etat par tous les moyens.

La toute dernière tentative d’assassinat du chef de l’Etat par des hommes sortis du fleuve Congo a sensiblement affecté les relations entre Brazzaville et Kinshasa par le rappel de l’ambassadeur de la RDC en République du Congo. Un climat de méfiance à la suite du refus opposé par les autorités brazzavilloises de procéder à l’extradition de l’ex-général Faustin MUNENE considéré par Kinshasa comme le cerveau moteur de cette atteinte à la sécurité intérieure de la RDC. Une situation qui aura des répercussions sur la suite des évènements et qui peut influencer le choix des hommes devant composer la prochaine équipe gouvernementale.

F.M.

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