Après Kisangani, les intellectuels donnent de nouveau de la voix : la RDCongo victime du « Syndrome de Caïn » !

0
240

Il y a trois semaines, des professeurs congolais d’universités s’étaient réunis à Kisangani dans le cadre d’un forum axé sur la situation politique, sécuritaire, économique et sociale du pays. Tout en s’auto-flagellant comme complices de la descente aux enfers de leur
mère patrie, ils ont fait un constat amer du retour aux antivaleurs décriées sous Mobutu (dictature, pensée unique, corruption, concussion, pillage du patrimoine collectif, impunité, culte de la personnalité, clochardisation du grand nombre, cécité intellectuelle),
etc. Leur conclusion était que pour sauver le Grand Congo en péril, il faut un renouvellement de la classe dirigeante par le choix, dans les urnes, de vrais patriotes.

Nos confrères de « laprunellerdc » rapportent qu’hier lundi 21 mai
2018, à Lubumbashi, les intellectuels, se sont livrés au même
exercice, en commençant par l’aveu de leur culpabilité dans les «
malheurs » politiques, sécuritaires, économiques et sociaux du peuple
congolais. Le professeur Maindo, de l’Université de Kisangani, a sorti
une expression forte, selon laquelle la RDC était atteinte du «
Syndrome de Caïn ». Selon lui, cette pathologie se manifeste par la
destruction, par les décideurs politiques congolais, de l’avenir de
leurs compatriotes, bloquant ainsi toute possibilité d’émergence du
bonheur collectif. Et quand on les pointe du doigt, ils s’empressent
de plaider non coupables.
On a retenu, de cette intervention, cette analyse fort
interpellatrice : « les croque-morts politiques ont conduit Mobutu à
sa dernière demeure. Ils en ont fait autant de Mzee Laurent-Désiré
Kabila. Et aujourd’hui, ils refont la même chose avec Joseph Kabila ».
Selon une idée empruntée au Dr Denis Mukwenge, il a relevé que le
système politique congolais, depuis le départ des colonisateurs
belges, repose sur trois piliers : « Paupérisation, corruption et
restriction » ou « PCR ».
Quant aux intellectuels, il a décelé en eux le « Syndrome d’Adam »,
qui consiste à se répandre en jérémiades au lieu de mener des actions
de nature à impulser le changer de gouvernance.
Le professeur sociologie Kapetenga a dénoncé, pour sa part, le rôle
néfaste joué par les intellectuels congolais au sein de tous les
régimes qui ont eu à régenter la RDC depuis l’aube de l’indépendance,
en versant dans l’obscurantisme. S’ils tiennent réellement à faire
amende honorable, a-t-il indiqué, ils devraient abandonner « la
servitude volontaire pour l’engagement comme éclaireurs de leur
communauté. « Le changement passe par une réflexion responsable et
patriotique », a-t-il lancé à la ronde.
A l’instar du forum de Kisangani, la « Conférence de Lubumbashi »
visait à identifier les maux qui empêchent la RDC de devenir un Etat
émergent aux plans économiques et industriels et de se muer en Etat de
droit. D’où l’idée de partager des réflexions de nature à booster une
vraie démocratie et une gouvernance fondée sur la construction d’un
Congo nouveau, puissant aux plans politique, sécuritaire, économique,
industriel et social. La ville de Goma est d’ores et déjà retenue
comme le prochain lieu de rassemblement de ces libres penseurs.
Kimp