Après Kisangani, Buta, Isiro et Bunia : Tshisekedi ce lundi à Goma

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Lundi, 14 Novembre 2011 23:42

A l’image de leurs compatriotes de Kisangani, de Buta, d’Isiro et de Bunia, des milliers de Congolaises et Congolais habitant la ville de Goma s’apprêtent à accueillir, ce lundi 14 novembre 2011 Etienne Tshisekedi, président national de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social) et candidat à la magistrature suprême de la République Démocratique du Congo. Il s’agit d’un événement de taille pour une ville qui avait accueilli l’intéressé pour la dernière fois en 2002, dans le cadre de l’Alliance pour la Sauvegarde du Dialogue Intercongolais, une structure momentanée regroupant son parti, l’UDPS, le RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie) ainsi que toutes les forces vives opposées à la tentative du «putsch» contre le Dialogue Intercongolais oechestrée par l’ex-Gouvernement de Kinshasa et le Mouvement de Libération du Congo. Grâce à cet acte politique relevant d’un courage exceptionnel, l’Accord de Cascades avait fait flop, ce qui avait permis la reprise du Dialogue Intercongolais, la mise en place des institutions de la Transition (2005-2006) basées sur le Régime 1+4 (un Président et 4 vice-présidents) et l’organisation des élections en 2006.

Après les ras de marée provoqués en Province Orientale, Etienne Tshisekedi est d’ores et déjà crédité d’une nouvelle démonstration de popularité au chef-lieu de la province du Nord-Kivu.
On laisse entendre qu’après Goma et le « Grand Nord », il pourrait se rendre successivement au Sud-Kivu, au Katanga, au Maniema, à l’Equateur, au Bandundu, à Kinshasa et au Bas-Congo. La boucle serait bouclée avec les deux Kasaï. Ainsi qu’on le voit, l’homme s’est engagé dans une véritable course contre la montre par rapport à la date du 26 novembre, jour de la clôture de la campagne électorale.

« Je reviendrai à Bunia en décembre sous un autre statut… »

Etienne Tshisekedi est arrivé hier à Bunia où il a été accueilli dans une ambiance de carnaval comparable à celles vécues à Kisangani, à Buta et à Isiro. Conduit directement par le comité local de l’UDPS à la grande place de la ville, sur le Boulevard de la Libération, il a tenu un grand meeting populaire. « Je reviendrai à Bunia en décembre 2011 sous un autre statut, celui de Président de la République », a clamé le candidat n°11 à la présidentielle, devant une foule en liesse. « Nous voulons conquérir le pouvoir démocratiquement afin de bâtir effectivement un Etat de droit », a assuré Tshisekedi, qui a relevé que le Congo était un pays à l’état complètement délabré.
Il a fait savoir à l’assistance que beaucoup d’investisseurs sont prêts à venir en RDC créer des entreprises et donner de l’emploi aux Congolais. Ils sont cependant découragés par l’insécurité permanente et le mauvais climat des affaires. Prenant l’exemple de l’Ituri, il a rappelé que cette partie du pays est sous le contrôle, depuis des années, des groupes armés congolais et étrangers qui tuent, pillent, volent, violent… chaque jour, dans une totale impunité et une absence criante de l’autorité de l’Etat.

«Quand nous serons au pouvoir », a promis Tshisekedi, nous allons relancer les entreprises du Portefeuille, améliorer le bien-être social des fonctionnaires, des policiers, des militaires et de l’ensemble de nos compatriotes… Nous allons surtout garantir l’indépendance alimentaire, en relançant l’agriculture grâce aux crédits agricoles ». Le Congo, selon le leader de l’UDPS, devait être en mesure de produire suffisamment pour permettre à ses citoyens de consommer local.
Parlant du pays, il a constaté que celui-ci connaît de sérieux problèmes pour assurer la défense de son intégrité territoriale et sécuriser ses citoyens. « C’est pourquoi un effort particulier serait entrepris en vue de mettre sur pied une armée républicaine et une police au service des citoyens », a lancé le Lider Maximo.
A l’en croire, l’éducation serait un de ses principaux chevaux de bataille. Afin de favoriser l’instruction des enfants congolais, l’enseignement primaire serait totalement gratuit, comme préconisé par le législateur. « Nous avons un pays immensément riche mais les richesses ne profitent qu’à une poignée d’individus », a déploré le candidat n°11.

Avant de terminer, Tshisekedi a décliné le chronogramme des premiers objectifs de son mandat :
– 2012 : faire en sorte que le Congo retrouve son niveau de l’indépendance (1960) ;
– 2013 : faire entrer le Congo dans le club fermé des pays émergents.
Aussi a-t-il invité les Congolaises et Congolais à lui faire confiance dans son futur rôle de Président de la République et à lui donner la majorité parlementaire.

Kisangani : échec à l’intox

Beaucoup de choses avaient été dites au sujet du voyage d’Etienne Tshisekedi à Kisangani. Des « forces du mal » avaient fait circuler des tracts incitant les Boyomais à ne pas le recevoir dans leur ville, à caillasser son cortège, à lui jeter des tomates et à ne pas se présenter à son meeting. Bref, le décor d’un fiasco planifié était planté. Certains esprits ont cru qu’il en serait ainsi après le rendez-vous manqué du mercredi 09 novembre.
Mais, fait curieux, en dépit de son arrivée tardive, incertaine et nocturne le jeudi 10 novembre, toute la ville de Kisangani s’est réveillée dès que la nouvelle de son arrivée s’est répandue comme une traînée de poudre. En lieu et place d’une arrivée dans la clandestinité, Etienne Tshisekedi s’est offert un bain de foule qui s’est prolongé jusqu’au-delà de minuit. Bloqué à plusieurs carrefours de la ville et le plus souvent contraint à des marches à pieds, il avait eu du mal à atteindre son hôtel.

Le vendredi 11 novembre, le meeting que le Comité fédéral de l’UDPS avait programmé à 11 heures à l’Hôtel des Postes avait dû être renvoyé à 16 heures, compte tenu du calendrier trop chargé de visites et entretiens mais aussi des embouteillages provoqués par ses passages. A la foule venue nombreuse à son meeting, il a réitéré sa volonté de favoriser l’émergence d’un Etat de droit en RDC, de rendre gratuit l’enseignement de base, de revaloriser la justice et le magistrat, de faire du pays une puissance agricole, de réhabiliter le fonctionnaire et les compatriotes sous le drapeau, d’assainir le climat des affaires, de changer les mentalités, de combattre sans merci les antivaleurs, de désenclaver les journées, etc.

Tshisekedi a rendu hommage à la population martyre de Kisangani, victime de l’insécurité et de l’instabilité politique depuis les années ’60. Il a fait à l’intention des milliers d’auditeurs l’historique de la longue lutte menée contre les dictatures qui se sont succédées au pays en vue de l’émergence de la démocratie.
S’agissant de ses propos sur RLTV, il s’est demandé qui était le véritable torpilleur du processus électoral entre celui qui fait tuer et blesser des compatriotes qui exigent la transparence du serveur de la CENI et celui qui demande à la population d’aller libérer des compatriotes injustement privés de liberté. Au sujet de son auto-proclamation comme Chef de l’Etat, Etienne Tshisekedi a dit se conformément simplement à la volonté populaire car partout où il passe, il est désigné sous le titre de Président de la République. Aussi, le 6 décembre 2011 ne serait qu’une formalité pour valider le verdict des urnes. Légaliste, il ne nourrit aucune intention de faire un coup d’Etat ou de prendre le pouvoir avant cette date.

Kimp

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