Après la désignation de son dauphin : l’Ensemble invite Kabila à avancer davantage dans la bonne direction

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Dans une déclaration datée du dimanche 12 août 2018 et signée par son Vice-président, Pierre Lumbi, la plate-forme électorale « Ensemble », qui porte la candidature de Moïse Katumbi à la présidentielle, se réjouit de la rénonciation du Chef de l’Etat, Joseph Kabila, à un troisième mandat. Tout en félicitant l’ensemble du peuple congolais pour cette victoire commune, elle déplore la décision fort tardive de désignation de son dauphin, d’où le cortège de nombreux morts, blessés, prisonniers et exilés politiques, en amont.

Pierre Lumbi et ses pairs estiment que la bataille de l’alternance au
sommet de l’Etat est en passe d’être gagnée, mais le sort de la «
guerre » reste incertain. A leur avis, quatre fausses notes
caractérisent le fichier électoral : l’exclusion de Moïse Katumbi, le
maintien en prison de plusieurs politiciens et activistes de
mouvements citoyens, la machine à voter et un fichier électoral
corrompu.
D’où l’appel à toutes les forces politiques et sociales acquises au
changement à se souder davantage pour baliser le chemin des élections
en vue de l’obtention, grâce à de nouvelles pressions sur les forces
du statu quo, d’une décrispation politique totale, du rejet de la
machine à voter et du nettoyage exhaustif du fichier électoral. Quant
au Chef de l’Etat, il lui est recommandé d’avancer davantage dans la
bonne direction.
DECLARATION POLITIQUE
1. Le Président KABILA vient de désigner son Dauphin et renonce, par
ce geste, à son projet de modifier la Constitution dans le but de
briguer un troisième mandat. Nous nous en félicitons.
2. L’histoire retiendra que, pour y arriver, il aura fallu au peuple
congolais 4 longues et dures années de lutte, de sacrifices de sang,
de larmes, de privation de liberté, de souffrance et d’humiliation.
3. Que du gâchis qui était totalement évitable!
4. A cette étape de notre lutte, nous renouvelons nos hommages aux
dignes filles et fils de notre pays, tombés sur le champ de bataille
pour que triomphent la liberté et la démocratie dans notre pays.
S. Nous saluons la résistance de notre vaillant peuple qui a maintenu
depuis janvier 2015 la flamme de l’espoir par sa constance et la force
de son combat. Cette victoire est avant tout la sienne.
6. Cette victoire, si belle soit-elle, n’est qu’une victoire d’étape.
Il reste encore plusieurs batailles à mener, jusqu’à obtenir la tenue
d’élections libres, crédibles, apaisées, transparentes et inclusives.
7. La communauté nationale et internationale aura constaté qu’un digne
fils congolais, le Président Moïse KA TUMBI, a été délibérément
empêché, par le régime de Kinshasa, de rentrer dans son propre pays et
de déposer son dossier de candidature.
8. Cet acte viole notre Constitution, viole l’Accord de la Saint
Sylvestre, et prive des millions de Congolaises et Congolais qui se
reconnaissent aujourd’hui en lui le droit de choisir leur candidat.
9. Nous attirons l’attention du gouvernement congolais et de la
Communauté Internationale sur les conséquences qui pourraient découler
de cette situation.
l0. Par ailleurs, l’opinion retiendra l’obstination du pouvoir en
place d’une part, à maintenir en détention de dizaines des prisonniers
politiques et d’opinion, parmi lesquels Jean-Claude MUYAMBO, Franck
DIONGO, Eugène DIOMI NDONGALA, Gecoco MULUMBA, Carbone BENI ; et
d’autre part, à contraindre plusieurs Congolais à l’exil.
11.La décrispation politique, volet important de l’Accord du 31
décembre 2016, continue ainsi à être bafouée par le pouvoir en place :
aucun cas emblématique n’est pris en considération ni résolu. Le
régime actuel poursuit sa politique d’exclusion et de déni des droits
et libertés fondamentaux de certains citoyens congolais.
12.Le peuple congolais n’acceptera pas l’exclusion de Moïse KATUMBI
aux prochaines élections présidentielles, ni toute autre exclusion par
le fait de prince.
13.Le peuple congolais n’acceptera pas non plus l’utilisation de la
machine à voter, ni celle d’un fichier électoral corrompu.
14.Ainsi, nous en appelons à la responsabilité du Président Kabila.
15.Monsieur le Président, vous venez de faire un grand pas dans la
bonne direction; il ne comptera que s’il est suivi d’autres pas devant
aller vers la décrispation du climat politique afin de ramener la
sérénité dans notre pays.
16.Monsieur le Président, libérez les prisonniers politiques encore en
prison, levez cette malheureuse mesure qui retient injustement le
Président Moïse Katumbi à l’extérieur du pays, demandez à la CENI de
nettoyer le fichier électoral, demandez-lui de retirer la machine à
voter du processus actuel.
17.Ce sont des conditions incontournables pour offrir à notre pays des
élections apaisées et crédibles, en garantissant l’égalité des chances
à tous les candidats.
18. Faites le Monsieur le Président, cela ne pourra que vous honorer
et nous honorer tous.
19.Nous invitons la communauté internationale, en particulier les
Nations Unies, l’Union Africaine, l’Union Européenne, la SADC et la
CIRGL d’accentuer leurs efforts pour que toutes les mesures de
décrispation contenues dans l’Accord de la saint Sylvestre soient
réellement effectives, afin de permettre à la CENI d’organiser les
élections dans un climat apaisé et de réconciliation. Il en va de
l’intérêt et la paix dans notre pays, dans la région, dans le
continent et dans le monde.
20.Nous appelons le peuple congolais à demeurer vigilant et à ne point
se relâcher dans la lutte pour la décrispation politique, la tenue des
élections le 23 décembre 2018 sans la machine à voter, ni fichier
corrompu, dans le strict respect de la Constitution et de l’Accord du
31 décembre 2016.
Fait à Kinshasa,
le12 août 2018
Pierre Lumbi Okongo
Vice-Président d’Ensemble