Après condamnations et sanctions financières : guerre de l’Est, entêtement suspect de Kagame

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A cause de son appui militaire et financier avéré à la pseudo-rébellion du M23, le régime de Kigali fait l’objet de condamnations directes et indirectes en série : Nations Unies, Union Européenne, Union Africaine, Conférence Internationale sur la Région de Grands Lacs et SADC (Southern African Development Community). Quant aux sanctions financières, elles portent la signature de plusieurs pays du Nord : Etats-Unis d’Amérique, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Allemagne et Suède.

    En principe, la panoplie de sanctions politiques et économiques qui s’abattent sur le Rwanda aurait dû obliger Paul Kagame à faire profil bas et à retirer illico presto ses pions du M23 du Nord-Kivu. Mais, contrairement à ce que l’on espérait, l’homme fort de Kigali n’a toujours pas modifié d’un iota sa position vis-à-vis de cette force négative qu’il instrumentalise dans la partie Est de la République Démocratique du Congo. Au regard de l’entêtement du président rwandais, l’on est en droit de s’interroger sur le sens de ces condamnations politiques et sanctions financières qui semblent n’avoir aucun effet sur le pouvoir de Kigali. En restant sourd à toutes les pressions internationales et africaines l’enjoignant de se déconnecter du M23, le pays de Paul Kagame risque-t-il réellement un isolement politique, diplomatique et économique ? Est-ce que le Rwanda prend au sérieux  les réunions et sommets qui s’enchaînent à travers le continent au sujet de la situation sécuritaire du Nord-Kivu ? Les sanctions économico-financières ainsi que la perspective de la mise en place d’une force internationale neutre pour sécuriser la frontière congolo-rwandaise ne passeraient-elles pas, aux yeux de Paul Kagame et consorts, pour de simples gesticulations de la communauté internationale et africaine ?


    Au regard de la soif des conquêtes territoriales que tout le monde observe chez les hommes du colonel Ruzandiza alias Sultani Makenga, il est permis de s’inquiéter. Lorsque l’on se livre à une analyse de fond des discours et actes des autorités rwandaises, l’on est tenté d’arriver à un douloureux constat. C’est comme si elles laissent aboyer le chien pendant que la caravane du démembrement du Congo démocratique progresse. Tout porte à croire, jusqu’à preuve du contraire, que le régime de Kigali et les mutins du M23 obéiraient à un schéma de déstabilisation et de balkanisation du Congo qui bénéficierait des complicités internes et externes. Si Paul Kagame pouvait un seul instant craindre des ennuis politiques, diplomatiques, économiques et financiers pour son pays, à cause de ses aventures militaires en territoires congolais, il n’afficherait pas autant de sérénité et d’arrogance vis-à-vis de ceux qui régentent notre planète.

Risque d’un réveil douloureux pour la RDC

    Compte tenu de la poursuite, par le Rwanda, du travail de fragilisation de la RDC comme Etat, les décideurs congolais devraient lire correctement les signes de temps et ne pas s’accrocher aux déclarations d’intention de la communauté internationale et africaine quant à leur implication dans la résolution de la crise de l’Est. Le pouvoir en place à Kinshasa devrait mettre à profit cette nouvelle page noire de notre histoire pour analyser froidement nos faiblesses politiques, diplomatiques, militaires et économiques et réfléchir à la thérapeutique appropriée pour y apporter des réponses réalistes et efficaces.
En d’autres termes, les Congolais devraient cesser de croire que la paix tant recherchée dans la partie Est du pays va finir par tomber comme la manne du ciel. Si nous voulons vivre en paix sur le sol de nos ancêtres, nous n’avons pas d’autre alternative que de mobiliser, dans le meilleur délai, les ressources financières, humaines et matérielles compatibles avec les besoins de la défense nationale et de la sécurité intérieure. Le réveil risque d’être douloureux si nous ne prenons pas conscience du ras le bol de ceux qui nous jugent incapables de gérer un demi-continent et ses scandaleuses ressources naturelles.

KIMP

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