Après Botour, la Monusco : incendies à Kinshasa : la terrible loi des séries

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Les agents et cadres de la Monusco, expatriés comme Congolais, étaient sous le choc hier à la suite de  l’incendie qui s’était déclaré le mercredi vers 3 heures du matin dans les installations de cette mission de l’Onu en RDC. A en croire Charles Bambara, Directeur de l’Information publique de la Monusco, les dégâts sont importants au niveau des services financiers et de transport.

A première vue selon lui, il est plus probable que les causes à la base de l’incendie soient plutôt d’ordre technique que criminel. Les enquêtes se poursuivent pour déterminer l’origine de ce sinistre. Les installations de la radio de la mission onusienne n’ont pas été touchées par le feu. Cette triste nouvelle laisse les gens pantois dans la mesure où la Monusco est à priori un des sites les mieux équipés en matière de prévention des sinistres. Celui-ci intervient alors qu’il y a à peine vingt-quatre heures, un autre incendie s’était produit à l’immeuble « Botour », ravageant deux magasins d’habillement et de vente d’ordinateurs.

            En l’espace d’au moins une année, on déplore à Kinshasa une kyrielle d’incendies. A titre d’exemples, on retient les incendies survenus à l’ambassade du Japon sur l’avenue Lukusa dans les batiments de la City Bank,  ; au « Super marché Regal » à Barumbu ; dans l’immeuble «Empire» sur l’avenue Mont des Arts et à Kintambo/Magasin ; à l’immeuble du 29 juin à la Gombe, etc. Hormis ces quelques cas répertoriés, on ne peut passer sous silence d’autres cas enregistrés dans les communes de Ndjili, Matete, Masina, Bumbu, Selembao, Mont Ngafula, Kalamu, Maluku….

            Les sinistres enregistrés dans ces communes sont agravés par le caractère rudimentaire des moyens utililisés pour les combattre. Il n’y a pas d’eau et les rares sapeurs pompiers dépêchés sur les lieux ne peuvent pas opérer des miracles.

            Cette multiplication des incendies commence à inquiéter les Kinois « d’en bas ». D’une manière générale l’opinion kinoise impute les incendies aux courts circuits. En raison du faible taux de desserte en électricité, les coupures du courant électrique sont monnaie courante à Kinshasa. Et pour pallier à ces déficiences, la population se greffe sur des réseaux électriques voisins. Ces raccourcis  dépannent les usagers mais occasionnent des surcharges et autres courts circuits qu’on déplore chaque jour. Au-delà de ces raisons techniques, on ne peut manquer de penser à des actes posés de manière délibérée par des individus à la conscience chargée, cherchant à camoufler des actes délictueux posés en interne. Il s’agirait alors des incendies volontaires dont le seul objectif serait d’effacer les vols et autres détournements opérés en solo ou en groupe.

 

Une prise de conscience indispensable pour trouver des remèdes 

 

            Revenons aux incendies consécutifs à l’approvisionnement en énergie électrique pour dire qu’il est important d’impliquer les experts de la SNEL dans les enquêtes à mener pour établir ou écarter la probabilité des incendies provoqués par un mauvais courant ou non. Les Kinois ne comptent plus les jours où ils reçoivent dans leurs installations électriques un voltage excessif  qui provoque la destruction  de leurs appareils électroménagers, etc. Ces pertes, lourdes de conséquences pour les abonnés, ne sont jamais compensées par une quelconque réparation de la SNEL, qui, dans tous les cas de figure, joue au Ponce Pilate. On peut se poser la question de savoir  s’il faudrait que des personnes physiques et morales victimes des incendies se mettent à intenter des procès contre la SNEL pour que cette entreprise prenne conscience de ce problème pour y remédier.

            Cette loi des séries qui continue de produire ses effets dans la capitale devrait être une occasion pour les autorités urbaines, les responsables de la SNEL et les associations des consommateurs de se pencher sur les causes  réelles ou supposées des incendies. A l’issue de ces concertations, chacune des parties se verra assigner librement des obligations qu’elle devra remplir dans le souci de diminuer de manière drastique ce phénomène. En outre, les autorités urbaines ont l’obligation de doter la quasi-totalité de nos  municipalités des camions anti-incendie ; les communes à forte densité humaine devraient bénéficier de plus des véhicules que d’autres.

Jean-Pierre Nkutu