Après avoir conféré avec Kabila, Tshisekedi et Kamerhe : la CENCO confirme la crise

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Le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), l’abbé Léonard Santedi, a été approché par la presse hier au centre interdiocésain pour expliquer le sens de la démarche des évêques qui ont rencontré le lundi 5 mars 2012 Etienne Tshisekedi, Joseph Kabila, Vital Kamerhe et un délégué de Léon Kengo wa Dondo, en la personne de M. Bongongo. Le secrétaire général de la CENCO a tenu à dire que « dans leur message de janvier 2012, les évêques membres de la CENCO avaient demandé au gouvernement de privilégier dans une démarche inclusive, la voie du dialogue pour l’intérêt supérieur de la nation congolaise. Comme pasteurs vivant aux côtés de la population congolaise, les évêques ont relevé qu’il persiste un malaise au niveau social et politique qui engendre une frustration tant chez le peuple que chez les acteurs politiques de l’opposition comme de la majorité.

Cela est une source d’inquiétude et ne pouvait les laisser indifférents. » Il a souligné que c’était dans cet état d’esprit qu’une délégation du comité permanent composée des six archevêques est allée le lundi rencontrer les quatre différents acteurs politiques. A une question sur la composition de la délégation de l’Eglise catholique, l’abbé a indiqué qu’en principe les six archevêques du pays devraient rencontrer ces acteurs politiques. Les archevêques de Mbandaka/Bikoro, de Bukavu, de Kisangani et de Lubumabshi étaient présents. L’archevêque de Kananga, Mgr Madila, retenu dans son archevêché pour diverses raisons a été remplacé par Mgr Nicolas Djomo, évêque de Tshumbe dont le diocèse est dans la province ecclésiastique de Kananga ; et l’archevêque de Kinshasa, Mgr Monsengwo, qui séjourne à Rome a été remplacé par Mgr Modisho, évêque de Kenge, un diocèse faisant partie de la province ecclésiastique de Kinshasa. 

Pour ceux qui pensaient que l’Eglise avait dépêché auprès des acteurs politiques, les évêques favorables à Kabila, le secrétaire général de la CENCO a déclaré que « cette lecture n’était pas une lecture correcte, l’Eglise reste au milieu du village et est au service de l’évangile et de la promotion humaine. ».  Avec cette démarche l’Eglise ne met- elle pas une croix sur son message du 12 janvier 2012 ? A cette question, le secrétaire général de la CENCO a répondu par la négative. Pour lui, c’est dans la continuité de ce message qu’il faut comprendre la démarche des évêques. « Dans ce message, a-t-il expliqué, les évêques avaient décrié certains faits en rapport avec le déroulement des élections présidentielle et législatives, mais ils avaient aussi fait des propositions dont celles invitant les acteurs politiques à un dialogue inclusif. Puisque personne n’a fait le premier pas, les évêques ont voulu être les premiers à faire ce premier pas. La démarche de l’Eglise c’est pour montrer qu’elle est au milieu du village. » Il a ensuite ajouté : « C’est une démarche qui est dans sa phase initiale. Nous avons écouté et nous allons revenir pour dire ce que nous pensons.

L’Eglise est servante et apporte ses services pour la construction de la nation. Elle ne peut pas dire qu’elle ferait ceci ou cela. » S’agissant de la réaction des acteurs politiques sur la visite des évêques, le secrétaire général de la CENCO a dit que « tous ont apprécié cette initiative. » En définitive, a dit l’abbé Léonard Santedi, pour la CENCO, le dialogue des acteurs politiques et de toutes les forces vives de la société pour le service du bien commun et de l’intérêt supérieur de toute la nation congolaise reste l’unique voie pour résoudre le malaise sociopolitique actuel en Rd Congo. Par cette démarche ces évêques se sont mis à l’écoute de tous afin de voir comment reconstruire ensemble notre pays dans la paix, la justice et la vérité. » Jean-René Bompolonga

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