Après son acquittement pour crimes de guerre et contre l’humanité : CPI : Bemba libre

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C’est enfin hier que le sort de Jean-Pierre Bemba  a été fixé, à savoir sa mise en liberté provisoire, quatre jours après la décision de son acquittement prononcée le vendredi dernier par la chambre d’Appel de la Cour Pénale Internationale. Onze ans après son
arrestation vers 21 heures à Bruxelles, à son domicile privé du quartier huppé de Rhode-Saint-Genèse, le leader du MLC a quitté la prison de Scheveningen en homme libre, avant son retour plus tard à Kinshasa, qu’il avait quitté précipitamment en 2007 sous escorte des
forces de la Monusco, après les accrochages armés entre ses éléments et ceux des FARDC.

Le voilà libre en attendant la décision d’une autre chambre d’appel de la Cour Pénale Internationale devant statuer le 4 juillet prochain probablement sur la seconde accusation de subordination des témoins, une  charge à son endroit lui flanquée il y a une année au moment où il venait de faire appel des autres charges des crimes de guerre et
contre l’humanité, viols et pillages des biens en territoire centrafricain imputés à ses éléments venus en rescousse au régime légal et démocratique de feu le Président Ange-Félix Patassé.
Au regard de tous ces faits et surtout de son acquittement pour des
crimes gravissimes lui infligés, le leader du MLC espère deux choses :
soit au mieux sa remise en liberté totale, soit au pire une
condamnation à une peine entre un et cinq ans. On n’est pas encore là,
car c’est au mois de juillet prochain que sera connu  son sort final.

Non bis ibidem

Pour bon nombre d’observateurs attitrés, Il serait aberrant et
injurieux de lui infliger une autre peine d’un à cinq ans alors qu’il
vient de passer onze ans de sa vie derrière les barreaux sur la base
des accusations sans fondement et sans preuves. Et surtout que dans
son arrêt rendu public vendredi dernier, la Chambre d’Appel avait
conclu à une série d’erreurs de droit que la première chambre
d’instance avait commises en violation des règles et normes définies
par la Charte de Rome. Les juges de cette chambre n’avaient pas pris
en compte certains faits édifiants, vérifiables et vérifiés des pièces
du dossier des accusations portées à sa charge par le bureau du
Procureur Ocampo Moréno. Notamment le fait que Jean-Pierre Bemba
n’avait jamais foulé le sol centrafricain avant, pendant et après
toute la période de guerre entre les éléments de l’armée régulière
centrafricaine et les rebelles de François Bozize. En second lieu, il
avait saisi par une lettre le Premier ministre de cet Etat avec copies
pour informations aux principales institutions internationales, à
savoir l’Union Africaine, l’Union Européenne, les Nations-Unies et
certains Etats de la sous-région au sujet des bruits entendus relatant
des exactions que certains de ses éléments de sa milice auraient
commises en territoire centrafricain sur des populations civiles et
non armées. En réclamant ainsi des sanctions sévères à l’encontre de
tout manquement et conformément au Code Militaire pénal en vigueur
dans le pays où auraient été commises ces exactions.
Pendant tout le procès, l’on a remarqué avec douleur et tristesse que
la CPI n’a jamais inquiété ni cité à comparaitre aucune autorité
politique, administrative ni militaire de la République centrafricaine
qui dirigeait les opérations militaires de ratissage de la capitale
Bangui, ses environs ainsi que d’autres localités et villes de cet
Etat.
Il est aberrant de constater que pendant onze ans, les magistrats du
parquet et de siège n’aient pas découvert les différentes erreurs de
droit dans lesquelles ils nageaient délibérément. Le verdict rendu le
vendredi dernier aurait pu être de mise il y a dix ans si le bon sens
avait pris le dessus sur des considérations partisanes, politiciennes
et irrégulières.

La CPI viole sa propre jurisprudence*

Il y a quatre ans, un autre leader d’une milice armée, en la personne
de Matthieu Ngudjolo, emprisonné à la Haye avait été reconnu non
coupable des crimes attribués à ses miliciens, notamment des massacres
perpétrés sur des populations civiles et non armées dans la localité
de Bogoro du fait que selon des témoignages concordants et
indépendants recueillis, il ne se trouvait pas sur les lieux des
crimes, car retenu dans un centre de santé pour assister les
opérations d’accouchements des femmes.  La CPI l’avait libéré de
toutes les charges et Matthieu Ngudjolo a retrouvé la liberté totale.

Bemba candidat aux élections prochaines

Après onze ans de privation de liberté, le plus grand souci qui anime
depuis vendredi dernier le leader du MLC est de prendre part au
congrès que son parti compte organiser au mois de juillet pour pouvoir
participer à la tête de son parti aux élections générales de fin
d’année.
F.M.