Après 9 mois d’interminables discussions Gouvernement-M23 : Kampala : c’est fini !

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francoismwambaauparlementTractations de Kampala entre le gouvernement de la RD Congo et le mouvement rebelle M23 : où en sommes-nous ? C’est pour éclairer l’opinion que François Muamba Tshishimbi, Coordonnateur du « Mécanisme national de suivi en vue d’accompagner et de superviser la mise en œuvre des engagements pris au niveau national dans l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RD Congo et la région signé le 24 février 2013 à Addis-Abeba (Ethiopie) par 11 pays »( MNS), s’est entretenu pour la première fois et officiellement avec la presse, le samedi 31 août 2013, dans son cabinet de travail à Gombe.

 En effet, en liminaire, François Muamba a exprimé la surprise de Kinshasa qui observe, depuis quelques temps, des appels répétés de la Communauté internationale invitant le gouvernement de la RD Congo à regagner la capitale ougandaise afin de poursuivre les négociations avec le principal mouvement rebelle du Nord-Kivu, le M23. « Tout le monde, à tous les niveaux, donne l’impression d’ignorer que dans la région, la RDC est le seul pays qui offre le dialogue et tend la main. Ça fait 9 mois que nous discutons à Kampala, pour la recherche de la paix par la voix politique et on devrait prendre acte que nous le faisons depuis longtemps…», a-t-il appuyé.

Ajoutant que «la RDC avait mis sur la table une proposition d’Accord qui respecte sa Constitution et sa souveraineté. Ce document, assure-t-il, créait des conditions pour que la guerre s’arrête.  Par rapport aux revendications du M23, nous y avons répondu point par point. Sur les 35 points de l’Accord du 23 mars, seulement 12 n’étaient pas encore exécutés, mais cela ne justifie pas ce qui se passe à l’Est. C’est un prétexte… ».

Négociations entièrement prises en charge par le Trésor public congolais, elles sont considérées comme bouclées car un Accord final a été établi. A en croire le coordonateur du MNS, depuis fin mai, le médiateur ougandais ne faisait pas diligence pour sortir la première mouture dudit texte. Lorsqu’elle a été présentée finalement, le gouvernement de Kinshasa l’avait rejetée car portant des germes de déstabilisation (intégration, mixage, etc.) et violant la Constitutions congolaise. «Nous avons dit NON ! Quand à la seconde mouture de la facilitation, comportant les mêmes imperfections, le M23 ne l’a pas acceptée non plus…».

Il a rappelé que le gouvernement avait mis fin au tralala des plénières durant lesquelles le M23 se donnait en spectacle. Le coordonateur a dévoilé qu’ils avaient obtenu que tout se passe désormais par écrit. D’où, la décision de rentrer au pays et d’adresser simplement des correspondances aux autres parties, afin d’éviter le coût du séjour qui incombait au gouvernement congolais.

            Y a-t-il maintenant une troisième mouture qui nécessite le déplacement pour Kampala ? A cette question qu’il s’est posée, François Muamba a indiqué qu’il aimerait qu’on lui transmette d’abord ledit document. «L’essentiel pour nous, c’est le contenu. On n’est pas des va-t-en guerre, mais nous ne voulons pas non plus de distraction. Aucun pays au monde ne sous-traite sa sécurité. Nous l’avons compris, la distraction c’est terminé ! La RDC a tout compris, celui qui veut nous chercher, va nous trouver ! », a-t-il clamé.

            Martelant davantage que l’important pour le gouvernement de la RDC est de savoir ce qui est nouvellement proposé, le Coordonnateur du MNS a fait savoir que les négociations sont déjà terminées car une solution politique existe. Mais depuis 9 mois, rien n’en sort. «Maintenant, on dit, si vous voulez une solution, il faudrait que le M23 dépose les armes et procède à son autodissolution…».

            Pour rappel, le président Joseph Kabila avait pris lundi 13 mai 2013 à Kinshasa l’ordonnance n°13/020 portant création, organisation et fonctionnement au sein du gouvernement de ce mécanisme national de suivi, dans le respect total de la souveraineté de la République Démocratique du Congo. Créé pour une durée d’un an, le mécanisme est composé de 3 comités : pilotage, exécutif et consultatif.

Tshieke Bukasa

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