APR/AFDL : la sale guerre

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Confidentiel ou pas : le rapport du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, au sujet des massacres commis en territoire congolais et imputés au tandem APR/AFDL, est sur la place publique. Les faits révélés aujourd’hui sont, en réalité, connus depuis plus de dix ans. Tout le monde se souvient du bras de fer entre Kinshasa et New York en 1998, à l’époque de la Commission Amega, du nom de l’expert onusien originaire du Togo, chargée d’enquêter sur les présumés massacres des Hutu dans plusieurs villes et contrées de notre pays, à commencer par Mbandaka, dans la province de l’Equateur.

            Les autorités congolaises avaient alors affirmé qu’aucune fosse commune hébergeant des cadavres ou ossements des réfugiés Hutu n’existait à Mbandaka ou ailleurs, en rapport avec la randonnée des soldats rwandais sur un parcours estimé à 2.000 km, entre Lemera et Kinshasa. La question que l’on se pose maintenant est de savoir pourquoi le régime d’alors à Kinshasa avait-il systématiquement fait obstruction au travail des enquêteurs onusiens et couvert par ricochet des crimes que ceux-ci étaient décidés à mettre sur le dos de l’armée rwandaise, celle de la RDC n’existant que sur papier, entre octobre 1996 et mai 1997.

            Cette attitude de complicité avec le régime de Kinshasa eut comme conséquence de favoriser d’autres massacres, avec l’entrée en scène, à partir de 1998, d’autres armées nationales, considérées comme alliées ou d’agression selon le camp dans lequel on se trouvait à l’époque, ainsi que d’autres mouvements dits rebelles, créés dans les conditions que l’AFDL.

            Comment interpréter ce réveil tardif de l’ONU et que faut-il en attendre ?

L’exhumation du dossier des massacres des Hutu rwandais en terre congolaise paraît comme un message spécial en direction des Congolais et de leurs anciens alliés dans la belligérance, à la veille d’un nouveau processus électoral mal engagé par l’abbé Malumalu et sa CEI (Commission Electorale Indépendante). Il y a lieu de bien scruter l’avenir et de se poser des questions oppressantes au sujet d’une démarche qui a tout l’air de rappeler à tous ceux qui ont un passé noir dans la période de conflit que leurs crimes, réels ou supposés, peuvent les rattraper à tout moment.

            En attendant que la communauté internationale donne une suite claire au rapport sous examen, la prudence s’impose à tous les Congolais ayant joué un quelconque rôle dans ce qui est en train de prendre la forme d’un génocide des Hutus rwandais, après celui, fortement médiatisé, des Tutsi rwandais. L’agenda caché de l’ONU viserait-il la traque des criminels congolais ou rwandais, ou encore les deux à la fois ?  Beaucoup de donneurs d’ordre et d’exécuteurs ayant quitté la terre des hommes, un procès devant une juridiction internationale ne déboucherait-il pas sur une impasse ? Une réelle difficulté se présente pour l’heure devant les Nations Unies : l’incompétence de la CPI pour des crimes antérieures à se création juillet 2002. L’idée de création de nouveaux mécanismes judiciares, pour briser le cercle de l’impunité, est de plus en plus évoquée. Affaire à suivre.                                                                     Kimp.

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