Les appels se multiplient pour un vrai dialogue

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R56A0795Le caractère non inclusif du dialogue lancé par le facilitateur Edem Kodjo le jeudi 1er septembre ne fait plus l’ombre d’un doute. On se souvient que le jour même du coup d’envoi, le précité s’était laissé convaincre par les participants de l’absence des poids de l’Opposition, d’où sa décision de suspendre les travaux pour 48 heures, le temps pour Vital Kamerhe, désigné co-modérateur pour le compte d’une frange de l’Opposition, de tenter une mission suicide en direction du Rassemblement, dont tout le monde connaît le fiasco.

Après trois semaines d’entêtement, Edem Kodjo, la Majorité présidentielle ainsi que l’Opposition qui lui est inféodée, viennent d’être rappelés à l’ordre par les manifestations du lundi 19 et du mardi 20 septembre 2016.

Le message principal envoyé par « la rue » aux faucons de la famille
politique du Chef de l’Etat, à la communauté internationale et aux
participants au fameux dialogue est que ce forum n’est pas celui
appelé à relancer le processus électoral et booster l’alternance
politique au sommet de l’Etat. Le désaveu des résolutions en chantier
à la Cité de l’Union Africaine, avant même leur annonce publique, est
patent.
Ayant sans doute pris la pleine mesure de la situation, la Conférence
Episcopale Nationale du Congo (CENO) vient d’annoncer son retrait d’un
forum qui continue de souffrir du déficit d’inclusivité. Les Evêques
Catholiques ont laissé entendre qu’ils ne pourraient reconsidérer leur
position que si ce forum répondait aux critères de l’inclusivité.
Comme pour souligner le même défaut, la Nouvelle Société Civile
Congolaise a, elle aussi, décidé de plier bagages.
Interpellée par le message de la « majorité silencieuse », qui refuse
toute prolongation du second et dernier mandat de l’actuel Chef de
l’Etat, la Communauté internationale, qui semblait déjà divisée dans
son soutien à Edem Kodjo, vient de se prononcer clairement pour le
retour à la case départ. Ainsi donc, les Nations Unies, les Etats-Unis
d’Amérique, la France, la Belgique, la Grande-Bretagne… en appellent à
l’organisation d’un vrai dialogue, auquel devraient prendre part
l’Opposition ainsi que les organisations de la Société civile qui
comptent réellement dans ce pays.
Bruxelles, par la voix de son Vice-Premier ministre et ministre des
Affaires Etrangères, Didier Reynders, a même proposé Saïd Djinnit,
Envoyé spécial du Secrétaire général de l’Onu dans les Grands Lacs,
comme facilitateur du nouveau dialogue.
Par ailleurs, les objectifs d’un tel dialogue sont clairement définis
: l’élaboration d’un calendrier électoral mettant au premier plan
l’élection présidentielle et l’organisation de cette dernière dans le
meilleur délai, à une date précise, en vue d’une passation civilisée
des pouvoirs entre le président sortant et son successeur à sortir des
urnes de manière transparente, démocratique et pacifique.

Le chaos aux portes du grand Congo

Lorsqu’il y a quelques mois, un rapport de l’ONU faisait état de la
perspective d’une fin d’année chaotique en République Démocratique du
Congo au cas où l’élection présidentielle n’était pas organisée dans
le délai constitutionnel, l’alerte paraissait relever de l’excès de
zèle. Mais, après ce qui s’est passé à Kinshasa lundi et mardi
derniers, mais aussi ce qu’avait connu la capitale en janvier 2015,
chacun peut constater que le « glissement » du calendrier électoral en
général et du scrutin présidentiel en particulier constitue un «
problème ».
D’où, les observateurs pensent qu’à l’image de la marche-arrière
effectuée par le Parlement au sujet de la tentative de révision de la
loi électorale, et ce à la suite des manifestations de rue à Kinshasa
pendant cinq jours, ceux qui cherchent le passage en force dans leurs
velléités de prolongation du mandat du chef de l’Etat en fonction,
auraient intérêt à rechercher un consensus politique par le biais d’un
dialogue inclusif. Un « glissement collectif », avec la caution morale
des participants à un dialogue inclusif, ferait moins de dégâts qu’une
initiative ayant l’air d’un complot contre la République et son
souverain primaire. Les avertissements venus des Congolais d’en-bas,
qui se reconnaissent de moins en moins dans leurs gouvernants, à cause
notamment de leur incapacité à éradiquer la pauvreté, en dépit
d’immenses opportunités de créer des richesses au bénéfice de la
multitude, devraient en tirer les leçons qui s’imposent afin de ne pas
tomber dans les travers de la fin de règne des « Mobutistes ». Le
peuple ne demande rien d’autre que d’user de son droit de sanctionner
positivement ou négativement les futurs participants aux compétitions
électorales.

Des ambassadeurs hier chez Tshisekedi

Une délégation comportant plusieurs ambassadeurs accrédités à
Kinshasa s’est rendue hier après-midi à la résidence d’Etienne
Tshisekedi, sise rue Pétunias, dans la commune de Limete.
On croit savoir que les échanges entre ces diplomates et le Président
du «Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au
Changement» ont porté sur la recherche des voies et moyens de mettre
en oeuvre le vrai dialogue, réellement inclusif.
Au regard des réactions qui fusent de plusieurs chancelleries
occidentales contre un dialogue non inclusif, celui qui se tient à la
Cité de l’Union Africaine a très peu de chance d’atterrir en douceur.
Kimp