Appel pour conjurer la violence par l’organisation d’un dialogue

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La Société civile de la Rd Congo est préoccupée par les scènes de violences que rien ne peut justifier ; particulièrement celles qui ont émaillé dernièrement le Processus électoral avec les dépôts des candidatures à la Présidentielle de novembre 2011. Elle se dit convaincue que cette situation est le fruit d’un manque de dialogue, de confiance entre les différents intervenants dans le cycle électoral. Elle a lancé à ce sujet un appel urgent à tous les décideurs, opérateurs politiques, sociaux et religieux et à tous les membres des mouvements associatifs pour l’organisation d’un Dialogue national qui puisse rétablir la confiance entre les différents intervenants au Processus électoral et rassurer ainsi tout le monde sur la crédibilité des scrutins qui pointent à l’horizon. Ce cri d’alerte est poussé au nom de la Société civile de la Rd Congo par Me Marie-André Muila Kayembe, questeur du Bureau de cette organisation lors d’un point de presse organisé le samedi 10 septembre 2011, dans la salle de réunion du ‘RENOSEC’, dans la commune de la Gombe.

Pour souligner l’urgence de cette démarche, il a noté le fait que tous les observateurs, étrangers ou congolais, qui se sont exprimés jusqu’à ce jour – tels que les leaders religieux de notre pays, la Monusco, l’Ambassadeur des USA etc. – ont condamné ces violences et tous ont insisté sur la nécessité pour les Congolais de s’assumer, de se prendre en charge pour éviter la réédition de ces incidents. Ils doivent préparer des élections démocratiques, transparentes, crédibles et apaisées. Me Muila a constaté que le processus électoral en RDC connaît des ratés, mais cela n’induit pas que les Congolais étaient incapables de se prendre en charge en cette matière.

Il pense qu’il faut enlever l’idée que les Congolais sont incapables de conduire et de certifier eux-mêmes leurs élections. Pour lui, l’heure n’est plus à attendre un autre Moustafa Niasse ou Ket Masire. Il a précisé pour la Société civile de la Rdc qu’il était plus que temps pour l’élite politique et intellectuelle et le peuple congolais de comprendre que le Bateau, qui les transporte et au bord duquel se joue le jeu électoral, risque de chavirer et que s’il chavirait, elle chavirerait avec tous les Congolais.

La problématique de la transparence et de la paix électorale concerne tout le Peuple

Pour cela, au lieu de continuer à se plaindre, à s’entraccuser, à s’insulter ou à se prêter des intentions ; à faire des communiqués de presse et des mémorandum ; à organiser des marches dénonçant l’opacité du processus électoral, il faut, ensemble, se mettre autour d’une table (arbre à palabre) et faire l’état de lieu du processus électoral, identifier tous les problèmes porteurs d’opacité et, à la longue, de la contestation et la violence et leur donner des solutions. Comme exemples, Me Muila a dit que lancer des appels et donner des conseils, comme l’ont fait les chefs des confessions religieuses, c’est bien ; mais organiser un dialogue à l’intention des acteurs intervenants dans le processus électoral, c’est mieux ; dénoncer et accuser les autres de préparer la tricherie et la violence, c’est bien ; mais donner des propositions et des plans d’engagement pour créer la confiance mutuelle entre acteurs du processus électoral, chasser l’opacité et promouvoir la transparence et consolider la paix et la démocratie à travers le cycle électoral c’est mieux.

Le questeur de la Société civile de la Rd Congo pense que certains partis politiques ont compris cette démarche après avoir exigé, mais en vain, la certification des résultats électoraux par la Monusco et en revenant après auprès de la même Monusco demander qu’elle serve de médiation entre eux et la CENI. Il s’est posé à lui-même la question de comprendre, par cette démarche, que dans ce pays, il n’y a pas de personnes ressources ou de structures congolaises capables d’organiser cette médiation ? En outre, pourquoi la problématique de la transparence et de la paix électorale – qui devrait, à cause de son importance et son impact sur la vie de tout le Peuple congolais, faire l’objet d’un débat national, populaire et citoyen – peut-il être limité à un débat entre des partis politiques et la Ceni?

Un atelier de trois jours pour des élections transparentes et apaisées

La Société civile de la Rd Congo pense que notre pays regorge en son sein des compétences indéniables. Elle pense particulièrement aux confessions religieuses, au monde de savants et à des organisations citoyennes qui recèlent des personnalités ressources à moralité et à indépendance d’esprit éprouvées ; spécialisées notamment dans l’observation électorale, la médiation électorale, la sécurité électorale, les Droits de l’Homme électoraux, la justice préventive et répressive des violences électorales, etc.

Selon Me Muila, le Comité de suivi du Symposium national de la Société civile propose comme solution l’organisation d’une rencontre de trois jours, où va se retrouver environ 80 participants provenant du gouvernement de la République, des partis politiques de la Majorité présidentielle et de l’opposition, de la CENI, de la Société civile et des partenaires étrangers. Au cours de cette rencontre, on choisira des personnalités qui, après leur acceptation par les parties prenantes et avec l’accompagnement de la Communauté internationale et sous la supervision des chefs des confessions religieuses, animeront la Facilitation du Dialogue social pour les élections transparentes et apaisées.

SAKAZ

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