Appel du 17 mai 2018 : l’heure est grave, traitons en toute responsabilité la question de la sécurité du chef de l’Etat et des siens, après le pouvoir

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A l’occasion de la journée du 17 mai qui marque la prise du pouvoir par l’AFDL, le Conseil de l’Apostolat des Laïcs Catholiques du Congo lance un appel à la classe politique en général et à la majorité présidentielle en particulier. Ce qui était advenu en 1997 au Maréchal Mobutu est la résultante d’abord de son entêtement et des siens à bloquer la démocratisation de la vie nationale exigée par le peuple qui l’avait clairement exprimé lors des consultations populaires de 1989-1990. Ensuite, il y a eu l’indélicatesse de l’opposition à vouloir humilier le chef de l’Etat jusqu’à lui promettre la prison. Ce qui avait pour effet d’endurcir le cœur du Maréchal.

Les uns et les autres refusèrent d’écouter la voie de la sagesse qu’exprimait le président de la CNS, l’actuel Cardinal Laurent Monsengwo, qui appelait à la repentance et au pardon en vue de la réconciliation nationale.

Le décor d’aujourd’hui n’est-il pas le même ? Comme dans les années 1990, la République Démocratique du Congo, notre beau et grand pays, est de nouveau à la croisée des chemins. Le raté des années 1990 a plongé le pays dans la guerre dont nous n’arrivons pas à sortir jusqu’à ce jour. Si nous ne réussissons pas une sortie apaisée de la
crise en cette année, il sera impossible d’arrêter le calvaire du
peuple. Les tueries se poursuivront et s’intensifieront. La cohésion
et l’unité nationales seront hypothéquées pour très longtemps ; pas
moins de 50 ans. Dieu seul sait combien de gens désirent voir advenir
cette catastrophe qui plongera toute l’Afrique dans le chaos.
C’est pour cette raison que les pays de la SADC sont très préoccupés
par la situation en RDC. Ce pays qui devrait être le leader de la
région est aujourd’hui à la traine et constitue une épine dans la
marche des affaires du Continent.
D’où l’appel solennel à la responsabilité que le CALCC adresse.
1. A l’Eglise, à toutes les communautés de foi et au peuple congolais
tout entier
2. Au Chef de l’Etat, à la Majorité présidentielle et à l’opposition politique
3. A la communauté internationale représentée par les missions diplomatiques.
Pour épargner le peuple et la nation congolaise du désastre, il n’y a
pas une autre voie : traitons en toute responsabilité la question de
la sécurité du chef de l’Etat et des siens, après le pouvoir. C’est là
le nœud du problème, impossible à dénouer si on n’aborde pas la
question dans sa dimension spirituelle qui explique et permet le
pardon. Il faudrait un débat public sur cette question qui se chuchote
dans des discussions secrètes. Il faut que le peuple congolais se
l’approprie d’autant plus que c’est une solution qui est connue dans
les milieux des hommes et femmes de foi comme une exigence de Dieu qui
appelle la Nation à la repentance et au pardon.
Aussi le CALCC projette-t-il avec le Mouvement des laïcs salutistes
et le Comité provincial de l’œcuménisme, d’ouvrir le débat le week-end
du 25 au 27 mai.
Traiter cette question n’élude pas l’exigence d’organiser les
élections le 23 décembre. Au contraire, si on s’y met vite et bien, on
déblaiera le terrain pour la décrispation et la tenue effective des
élections apaisées et transparentes. Par contre, les voies et
stratégies fondées sur la ruse, la tricherie, le mensonge, la
violence, la haine et l’humiliation, même lorsqu’on les croit cachées,
ne résolvent pas le problème. Plus on s’entête sur ces voies, plus la
situation se complique et devient inextricable ; plus la haine monte
dans les cœurs des citoyens congolais contre leurs dirigeants, le chef
de l’Etat en particulier. Il est temps d’arrêter tout cela.

Fait à Kinshasa, le 17 mai 2018

Crispin NLANDA IBANDA
Président

1 COMMENT

  1. Pas question avec cette proposition! qui tue par la machette meurt par la machette! kabila avec sa doivent récolter ce qu’ils ont semé! la justice internationale est là. pour quoi Bemba est en prison? la loi est dure mais c’est la loi et tout le monde doit subir

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