Apocalypse du 30 juin : Moïse Katumbi n’y croit pas du tout

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C’est un cri de cœur que Moïse KATUMBI a lancé hier mercredi 26 juin aux populations de la Province du Katanga par l’entremise des députés provinciaux pour leur demander de garder leur calme et de vaquer à leurs occupations le 30 juin prochain. « Je demande à nos frères égarés qui ont pris les armes ainsi qu’à leurs complices de cesser les hostilités. Je veux rassurer la population que le gouvernement central et l’exécutif provincial ne ménagent aucun effort pour ramener la paix sur toute l’étendue de la province. J’exhorte la population à ne pas céder aux rumeurs et à la psychose entretenue par certaines forces négatives et de vaquer à vos occupations le 30 juin ». 

            Le Gouverneur de la province du Katanga tenait ces propos alors que dans la nuit du samedi au dimanche 23 juin, des éléments des « Bakata Katanga » avaient attaqué la prison de la Kassapa pour tenter de faire libérer un officier des FARDC condamné au mois de mai dernier pour détournement des munitions et armes de guerre et violations des consignes, a-t-on entendu du côté des gardiens de cette prison, où avaient été détenues des personnalités politiques célèbres dont Patrice LUMUMBA en 1959 et bien d’autres après lui.

            Moïse KATUMBI a d’ailleurs rappelé que les troubles dans la province ont éclaté au lendemain de l’évasion spectaculaire de Gédéon KYUNGU Mutanga en septembre 2011, juste avant les élections présidentielle et législatives. Ce chef de guerre condamné à la peine capitale et ses «Maï Maï» avaient semé la terreur dans les territoires du Nord-Katanga par des massacres des populations civiles non armées, des viols massifs, des exécutions sommaires et des déplacements massifs des populations locales.  Avec le recul du temps, il apparait de plus en plus évident que Gédéon KYUNGU Mutanga serait l’un des chefs de guerre à la tête des ces miliciens appelés « Bakata Katanga ». De par les méthodes de travail macabre et des revendications politiques, notamment le refus de procéder au découpage territorial conformément à un article de la Constitution qui prévoit l’érection des 26 provinces en RDC.

            L’appel lancé par Moïse KATUMBI ne tombe pas au hasard, car depuis le défilé inoubliable des «Bakata Katanga» au mois de mars dernier dans la ville de Lubumbashi, d’autres qui avaient pu échapper à la rafle, se sont fait signaler dans des villages situés dans la périphérie de la capitale du cuivre, notamment à Shindaika et à Kinsevere. Où ils avaient égorgé en plein marché un officier des FARDC avant de trimbaler son corps à travers les deux villages comme un trophée de guerre, provoquant une débandade généralisée des populations vers Lubumbashi.

            Parlant du bilan de cette insécurité généralisée dans sa province, Moïse KATUMBI  n’a pas fait dans la dentelle. Larme aux yeux mais regardant dans les yeux les honorables députés provinciaux, le gouverneur a fait état d’environ 400.000 déplacés dans la partie Nord du Katanga, sans oublier des incendies des villages, des viols massifs, des exécutions sommaires des villageois, des pillages des biens, des destructions méchantes. La campagne agricole a été hypothéquée, a-t-il indiqué et des milliers d’enfants ont déserté les bancs des écoles. L’on dénombre des milliers des morts, tous sexes confondus, faute des soins médicaux.

            Pour rassurer davantage les habitants du Katanga, Moïse KATUMBI a révélé que des négociations sont en cours pour obtenir la reddition des miliciens Maï Maï et Bakata Katanga. Il se fait malheureusement que certains d’entre eux ont radicalisé leurs positions par des menaces de mort à l’endroit de ceux qui déposeraient les armes, a-t-il précisé.

F.M. 

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