Antoinette Samba : une combattante de la Société Civile au service des autres

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Antoinette Samba Kalambayi, juriste et auxiliaire socio-éducative, a une grande expérience dans l’accompagnement des personnes en difficultés. Elle a plusieurs casquettes. Elle est fonctionnaire dans l’administration publique. Elle coordonne une plate-forme «Forum des leaders des  associations de la société civile», elle dirige une ong environnementale  et est vice – présidente  du  «Synafet». Samba est également connue comme activiste de la société civile. Elle a déjà jubilé aux éditions du Panthéon, en France, un livre  intitulé : «Commission Electorale Nationale Indépendante (Ceni) : jouit-elle de son indépendance juridique et fonctionnelle ? »
Q. En quoi consiste votre travail de terrain ?
  Je suis vice – présidente du Syndicat national des agents et  fonctionnaires  de l’Etat et para – étatique  (Synafet). Je coordonne toutes les matières syndicales. Ma mission, c’est d’accompagner les agents et  fonctionnaires de l’Etat et para – étatique  lorsqu’ils ont  des problèmes administratifs, pour les résoudre conformément aux statuts réglementant l’administration publique dans notre pays. Concrètement, lorsqu’un agent est soit suspendu, soit reçoit une demande d’explication ou soit encore une lettre de révocation, nous avons la matière alors qu’en général les concernés n’ont pas la maîtrise de la loi et de ce fait, nous les accompagnons pour répondre selon les statuts.  Je suis parmi ceux qui assurent l’instruction des délégués syndicaux et  lorsqu’il y a grève, nous sommes là pour  soutenir nos syndiqués.  
Je suis représentante d’une Ong environnementale «Mabele». C’est une association ayant une personnalité juridique  française et implanté au Congo depuis 2010. L’objet social de L’ong Mabele, c’est l’amélioration de la qualité de vie de la population congolaise ainsi que le social. C’est par des ateliers de formation que cette association sensibilise la population sur la manière de protéger l’environnement par de petits gestes, notamment comment éviter les maladies des mains sales, la gestion des boîtes vides et des déchets ménagers, l’usage des pesticides, etc. Les activités de l’ong «Mabele» étaient dynamiques dès son  implantation en RDC, en 2010  jusqu’en 2014. Actuellement, nous fonctionnons au ralentie par manque de financement. Néanmoins,  nous sommes en pleine phase de montage des projets et espérons trouver dans un avenir proche des bailleurs pour relancer nos activités à caractère environnemental.                                                                     
En tant que coordonnatrice de la plate-forme  «Forum des Leaders», nous encadrons des associations  syndicales, environnementales ainsi que des regroupements des femmes ayant des objets sociaux différents. Nous les accompagnons dans les montages des projets  et les orientons auprès des bailleurs. Concernant la plate-forme elle-même, nous organisons des formations sur base des modules portant sur l’éducation civique et électorale à l’intention des représentants des associations membres afin qu’ils puissent à leur tour répercuter à la base. 
 
Q. Parlez-nous de votre publication sur la Ceni?
 
Je viens de publier un livre dont l’inspiration est partie de nos activités en tant qu’activiste de la Société civile. Pour rappel en 2012, nous avons initié une pétition contre le bureau de la Ceni, à l’époque du pasteur Ngoyi Mulunda et nous avons obtenu la démission dudit bureau et en même temps, le Parlement légiférait sur la modification de la loi portant organisation de la Ceni et parmi les propositions de la société civile, il  y  avait notamment : l’instauration de  deux organes (le bureau et le plénière) et que cette institution devrait être dirigée en majorité par la Société civile. A la publication de la loi modifiée 13 / 012 le 19 avril 2013, ces propositions ont été prises en compte, sauf que la loi accorde 10 postes aux partis politiques à raison de 6 pour la majorité, 4 pour l’opposition, alors que la Société civile n’a que 3 postes. Cela m’a beaucoup inspirée pour publier mon livre dans lequel je déplore que loi ait intégré les politiques en majorité par rapport à la Société civile.  Je propose qu’on puisse élaguer tous les politiques pour laisser cette institution à la Société civile, c’est-à-dire les confessions religieuses, les associations des droits de l’homme et les associations des femmes pour organiser les élections que tous voudrons démocratiques, libres et apaisées.
 
Q ; Comment les concernés ont-ils réagi et qu’envisagez-vous après?
 
Mon livre est encore à la phase promotionnelle. Le baptême a eu lieu au Centre Wallonie Bruxelles à Kinshasa. Les membres de la société civile ont réagi  positivement à la publication du livre et répondu nombreux à l’invitation pour le baptême. Sur le plan international, il se vend   bien en version papier et en version électronique (cfr sites Amazone, Fnac) et je signale que deux exemplaires sont déposés à la bibliothèque nationale française, deux à la bibliothèque nationale suisse et deux autres à la bibliothèque nationale belge.  Je déplore le fait que les institutions officielles du pays – la Présidence, le Sénat,  le Parlement et la Ceni – n’ont pas encore réagi alors que j’ai déposé des exemplaires. Il en est de même des politiques : la majorité et le rassemblement. J’ai remis personnellement un exemplaire au patriarche, Etienne Tshisekedi wa Mulumba d’heureuse mémoire. 
J’aimerai porter à la connaissance du public que grâce à l’appui du centre Wallonie Bruxelles,  j’élabore un calendrier annuel pour le vulgariser, par des conférences dans des universités, les instituts supérieurs, les écoles et associations, surtout des femmes, et les médias.
Je pense devoir attendre le prochain Parlement pour faire le plaidoyer afin de voir cette loi modifiée.  
 
Q. Quelle est votre expertise?
 
C’est surtout mon expérience de travail sur terrain  à Emmaüs en France où durant cinq ans, profitant de mon séjour pour les soins médicaux, j’ai travail auprès des sans-abris qu’il fallait après écoute, convaincre qu’ils puissent accepter leur situation et entamer avec eux des  démarches pour obtenir des papiers. En tant qu’activiste de la société civile, j’ai aussi des ambitions politiques. Candidate indépendante malheureuse aux élections de 2011, je continue à garder espoir d’être élue aux échéances prochaines où je compte me représenter à la circonscription de la Lukunga à Kinshasa.
CM (CP)