André Mbata chahuté au Palais du peuple : les députés contre l’abolition de la peine de mort

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Il fallait être  André Mbata pour terminer son exposé. Il est l’auteur  de la proposition de loi portant abolition de la peine de mort, qui a éprouvé pas mal de peine à se faire comprendre par ses collègues députés. Pour ces derniers, voter une telle loi, c’est favoriser l’insécurité et remplir inutilement les prisons. Malgré la rhétorique développée par l’auteur de la loi, il n’a pas convaincu ses pairs.  

            André Mbata a, aligné plusieurs arguments dont les conventions et traités dont la République démocratique du Congo est signataire pour retenir ne fut-ce que l’attention de la salle.  Il a fini par « voyager » à travers les Saintes Ecritures dans l’unique but de se faire comprendre, et au besoin faire passer son texte.

            Malheureusement, la salle était tellement sceptique que la rhétorique et l’argumentation développées par le professeur Mbata n’ont pas eu raison des élus dont nombreux gardent de mauvais souvenirs de la violence.

L’opposition de la salle a fait que les députés refusaient même de débattre de la matière, préférant passer directement au vote  afin de sanctionner la tentative de leur collègue, jugée non appropriée au contexte actuel de notre pays ou encore comme une prime au crime.

            Une motion a été même présentée par Mazunda dans ce sens sous les applaudissements nourris de la salle. Cependant, deux interventions dont celle du président de la PAJ, ont fini par rappeler aux élus la nécessité de suivre la procédure en matière d’examen d’une loi.

            Apparemment, rien n’a changé parce que plus de 90% d’intervenants n’ont fait qu’enfoncer l’auteur de la loi en vue de son rejet par la plénière au moment du vote.

            L’auteur a utilisé un argument biblique pour démontrer que le fait que Dieu ait interdit de tuer Caïn malgré son forfait sur Abel, était déjà l’abolition de la peine de mort pour la remplacer par celle à perpétuité. Un intervenant, en l’occurrence Cyrille Mbuebue, lui a opposé un autre argument biblique pour démentir l’allégation de l’auteur.

            Il a cité le passage  qui dit « qui tue par l’épée, périra par l’épée ».

Plusieurs exemples cités par l’auteur de la loi ont connu le même sort, à l’instar des instruments juridiques internationaux auxquels il a fait vivement allusion pour soutenir sa thèse.

            Sur ce chapitre, Delly Sesanga a démontré avec une organisation ni convention ne fait obligation à un Etat membre d’abolir la peine de mort. Chaque Etat est libre d’élaborer sa législation nationale en tenant compte des réalités psychosociales de son peuple.

            L’ambiance était  électrisée à telle enseigne que certains députés ont dû demander à leur collègue de retirer carrément sa loi parce que impropre à la consommation. 

L’auteur joue à la prolongation 

            Alors que tout était visible et l’auteur conscient du climat qui régnait dans la salle démontrant clairement l’opposition farouche à son initiative, André Mbata a préféré tirer les choses en longueur.

            Ce qui a en plus énervé ses collègues au point que certains ont même eu des écarts de langage à son égard. 

            A part quelques députés parmi lesquels le professeur Nyabirungu, Emery Okundji et Jean Ernest Kyaviro, la quasi-totalité voulait qu’on en finisse. C’est-à-dire que le président passe la question au vote, plutôt que de tirer inutilement en longueur, alors qu’on n’a plus de temps à perdre face à l’abondance des matières inscrites au calendrier de la présente session qui prendra fin le 15 décembre prochain.

            Face à cette exigence, Evariste Boshab a invité de nouveau l’auteur à prendre la parole, en lui demandant s’il pouvait accepter de trancher dans le sens de la revendication de la salle.

Hélas, l’élu de Dimbelenge est resté de marbre face à l’exigence de la plénière.

            Raison pour laquelle il reviendra à la prochaine séance pour répliquer à ses collègues, même s’il n’y a presque pas de préoccupations lui adressées. Car, les interventions allaient dans le sens de casser son argumentation, et non lui poser des questions auxquelles attendre des réponses ou explications.

Dom      

 

 

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