Ancien d’Afrisa, du TP OK Jazz et de Bana OK : Pépé Ndombe est décédé

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L’artiste musicien Ndombe Opetun  est décédé hier jeudi 24 mai 2012 chez lui à Bandal, rue Kisantu,  en fin d’après-midi.  Il est mort d’un malaise subit en fin d’après- midi.  Ndombe, a-t-on appris des sources indépendantes, était interné dernièrement  à la Clinique Ngaliema. Il y a passé deux semaines.     Aussitôt alerté,  Lutumba Ndomanueno, le numéro un de Bana OK, est descendu à Bandal pour s’occuper des formalités du transfert du corps de  son  proche collaborateur  à la morgue de la Clinique Ngaliema.  Deux de ses enfants, Baby Ndombe (ancien de Wenge Maison Mère), sont aussi des disciples d’Orphée. Le défunt  est mort à l’âge de 68 ans. Il laisse plusieurs orphelins.
 
Un  artiste prolifique.
 
  Paul Ndombe a vu le jour le 21 janvier 1944 à Bagata, province de Bandundu.  Ses études secondaires terminées, Ndombe entre dans l’administration publique. Il est fonctionnaire au ministère du Plan à Kikwit.  Entre-temps, il fourbit ses armes dans l’orchestre  « Select Jazz », et plus tard dans « Fiesta » de Kikwit.  Dans cette ville, on parle en bien du fonctionnaire mélomane. Tabu Rochereau est l’idole de ce chanteur en herbe promis à un bel avenir.
. Nous sommes dans la seconde moitié des années ‘60 .   Ndombe passe ses vacances dans la capitale. Il  en profite pour intégrer l’African Fiesta National de Tabu Ley. Ses premiers pas dans cet orchestre sont prometteurs. 
 
« Hortense » est l’une des premières chansons de Ndombe. En 1970, Pascal Tabu, Kare, Biolo, Ndombe… se produisent à l’Olympia de Paris pendant  un mois. Ils récoltent un immense succès. Ils  sont les premiers noirs du Sud du Sahara  à se produire dans ce célèbre music hall.
De retour au pays, Michelino, Atel, Emponpo, Seskain Molenga…. boudent.
« Où sont parties les sommes mises à notre disposition par Mobutu, via, ses plus proches collaborateurs ? », ne cessent-ils de maugréer en privé.
Une réunion se tient pour recréer l’harmonie au sein du groupe. Rochereau tonne, ses poulains le laissent parler. A la fin de la réunion, les « frondeurs » décident de créer l’orchestre Afrizam.
Beya Maduma « Morro Maurice », Atel, Ndombe….connaissent un réel succès.  Quatre ans plus tard, Afrizam devenu Makinaloka se désintègre. Ndombe est dans le doute.
Nous sommes vers le milieu  des années 70. Luambo Makiadi veut imprimer une nouvelle orientation à son groupe, l’OK Jazz. Et pour y arriver, il fait des clins d’œil aux ténors du style fiesta. Ndombe mord à l’hameçon.
Wuta May, Djosky, Sam Manguana, Nedule… répondent presents, à l’appel de Luambo.
 
              Le déclic
 
Dans l’OK Jazz, Ndombe va  se signaler avec des chansons comme « Nzela ya Bandundu », « Youyou », « Mokolo nakokufa, nayebi ndenge bakolela ngai », Mashata…. qui se vendent comme de petits pains.
Véritable pigeon voyageur, il quitte l’OK Jazz et réintègre un moment l’Afrisa.
« Ce jour-là, Franco, désabusé,  regarde la télé et voit Ndombe raconter qu’il rentre aux côtés des siens », se rappelle un des proches de Luambo.
Vers 1982, Ndombe, Manguana, Empompo… créent l’orchestre Tiers Monde Coopération. A cette époque, il compose « Mbuta ».
Ndombe va revenir quand même plus tard dans l’OK Jazz  et y restera jusqu’à la disparition de Luambo Makiadi en 1989.
 
Le dernier virage
 
L’après Franco ne sourit pas beaucoup à Simaro et consorts. Après des débuts euphoriques, la famille biologique du défunt se brouille avec la bande à Lutumba.  Les deux parties  ne sont pas  d’accord sur la quotité des dividendes  à  rétrocéder à la famille.
Ndombe, Djosky, Makoso font bloc avec Lutumba et créent le Bana OK.  Compositeur intarissable, il fait sensation avec « Chance ya mondele », « Esakola ya mawa », « Male », « Tekele »….Il est désigné par ses pairs  président du Conseil d’administration de la Soneca, mais ne restera pas longtemps à sa tête.
A la faveur du voyage de Bana OK en Europe à la fin des années ‘90, Makoso, Djosky, Elba, Olivier Tshimanga, Lokombe… en profitent pour rester en  Occident.
Ndombe et Lutumba préfèrent  rentrer au pays.
Mais depuis quelques années, l’étoile de cet artiste a  déjà pâli. La preuve est que Ndombe,  entré au studio , il y a plus de quatre ans, n’est pas parvenu à finaliser les travaux d’enregistrement de son nouvel album.  Entre temps, le ministre Kambale l’avait appelé dans son cabinet comme conseiller culturel. Jeannette Kavira l’a maintenu à ce poste.
« Ma voix est naturelle. Je n’aime pas la forcer. C’est ainsi que je tiens encore le coup. Manguana est un grand chanteur que je respecte beaucoup. Mais je n’ai pas de complexe envers lui », a dit le défunt un jour au Phare. Ndombe a composé une centaine d’œuvres musicales.
Baby Ndombe a honoré dernièrement son géniteur en interprétant ses œuvres. On espère qu’il va continuer.
 
           Jean- Pierre Nkutu 

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