ANAPI : perte de l’expertise technique et descente aux enfers !

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Structure autonome placée sous la tutelle du ministère du Plan, chargée de diagnostiquer les causes de désinvestissement dans plusieurs domaines, et de leur trouver des solutions, l’Agence nationale pour la promotion des investissements a également pour autres missions, de conseiller le gouvernement dans sa politique visant l’amélioration du climat des affaires, eu égard au rapport Doing Business de la Banque mondiale, de renforcer en RDC l’attractivité des investissements directs étrangers, en offrant aux investisseurs potentiels, non seulement une vitrine économique diversifiée sur toutes nos potentialités et la palette des filières susceptibles d’intéresser les milieux d’affaires étrangers, ainsi que d’encadrer les investisseurs étrangers en mission de prospection ou de création de leurs entreprises dans notre pays.

Pour toutes ces missions importantes, l’Anapi a, en collaboration avec ses principaux partenaires, les agences africaines et européennes de promotion des investissements, formé la plupart de ses cadres de commandement et développé une expertise dans ce domaine où l’improvisation et l’amateurisme n’ont pas de place. Pour preuve, l’abondante documentation réalisée sur les secteurs agricole, minier, pétrolier, du bois, les fiches techniques sectorielles sur le tourisme, la pêche, les études sur le secteur de la construction, et sur l’immobilier, pour ne citer que ceux-là.

            Une série des films documentaires montre les facilités administratives accordées par notre pays, aux investisseurs étrangers avec le code des investissements, avec comme grande préoccupation, faire de la RDC, la destination de premier choix pour les entreprises étrangères en quête des pays attractifs pour l’extension de leurs activités.

Des rapports trimestriels dévoilent le nombre et la nationalité des investisseurs étrangers venus en RDC, leur domaine de prédilection, le nombre des sociétés créées, leur localisation provinciale, les fonds investis, les emplois directs et indirects créés. Avec des tableaux complétés par des graphiques, l’on pouvait se faire une idée de la progression des demandes des investisseurs pour la création des entreprises. Et durant des périodes creuses, l’ancienne direction générale de l’Anapi entreprenait des actions de promotion tant à l’intérieur du pays, qu’à l’extérieur. Ainsi chaque année, l’Anapi participait aux expositions et conférences internationales et aux forums d’échanges économiques. Par exemple, entre la RDC et l’Afrique du Sud.

Une entreprise contre-productive

Elle a accueilli de nombreux investisseurs belges, français, allemands, italiens et asiatiques, désireux d’implanter des industries en RDC. En amont, il faut reconnaître le laborieux travail de marketing entrepris par les bureaux de représentation de l’Anapi, par exemple au niveau de  l’Union européenne et du Canada.

Aujourd’hui, le bilan de toutes ces actions a permis d’enregistrer depuis la création de l’Anapi, plus de 5.000 investisseurs accueillis en RDC dont plus de la moitié ont créé des établissements bancaires, des institutions de micro-crédit, des sociétés minières, agricoles, pétrolières, de téléphonie cellulaire, de service, de construction et de l’immobilier, de l’hôtellerie, pharmaceutique, des fabriques de l’eau minérale et boissons gazeuses, et tant d’autres qu’on ne peut citer toutes ici.

Les réunions tenues avec les responsables de services publics oeuvrant dans les ports et aéroports, les régies financières et autres, ont permis de maintenir à quatre les services autorisés à opérer aux portes d’entrée et dans les postes frontaliers de la RDC.

            Avec les femmes commerçantes et entrepreneures, l’Anapi avait établi un solide partenariat qui a renforcé la lutte contre les tracasseries administratives et policières, l’assouplissement des conditions d’accès des femmes aux crédits bancaires et aux institutions de la microfinance.

            Et dans les milieux économiques de la RDC, des voix s’élèvent aujourd’hui, pour décrier le vaste mouvement de restructuration qui vient de frapper l’Anapi et par lequel, tous les agents et cadres de la Fonction publique et formés à l’étranger pour chapeauter les directions spécialisées et les services techniques centraux, ont été renvoyés à leur ministère d’origine, du Plan.

            La question que l’on peut se poser est celle de savoir pourquoi la nouvelle direction de l’Anapi a tenu à se débarrasser de toute cette expertise accumulée depuis 2002 et qui peut encore rendre de précieux services à cette agence et à la nation ? Cette perte est incommensurable à plus d’un titre, quand on sait que former d’autres cadres pour exécuter les mêmes attributions, représente un coût que le gouvernement, par ces temps de crise, aura du mal à engager sans perturber gravement son plan de trésorerie.

            Si gérer, c’est aussi prévoir, la restructuration visant à dépouiller l’Anapi de ses techniciens expérimentés serait irrémédiablement contre-productive, sinon une entreprise qui ne récolterait que des contre-performances tant sur le plan de la productivité que de la qualité des études.

J.R.T.