AMP : la revendication démocratique

0
54

 Les membres de l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP) avaient passé trois journées très chaudes à Kingankati, dans la ferme de leur « Autorité morale ». L’image qui a le plus fait le tour des états-majors des partis politiques et groupes parlementaires de cette plate-forme est le coup de colère piqué par Joseph Kabila, lorsqu’il s’est agi de traiter le dossier ce qui se présentait comme une dissidence voilée dénommée « Centre Libéral et Patriotique » (CLP), et pilotée par Olivier Kamitatu, José Endundo, Mbusa Nyamwisi et Modeste Bahati.

 Le patron de l’AMP était tellement fâché que chacun a compris à quel point il tenait non seulement à la cohésion de sa famille politique, mais aussi au respect du deal politique conclu avec le Palu et l’Udemo pour toute la durée de la législature en cours.
 Après le coup de colère et les sévères mises au point du Chef de l’Etat au sujet des droits et devoirs des partenaires politiques regroupés sous la bannière de l’AMP, les observateurs en sont à s’interroger sur ce qui se passe réellement au sein de cette famille politique ces derniers mois. Il n’y a jamais de fumée sans feu, dit-on. La question qui revient sur toutes les lèvres est celle de savoir comment une structure qui paraissait fort bien huilée et soudée en est-elle à donner aujourd’hui l’impression d’être sérieusement fissurée.
Trois alertes…

 On rappelle que la première alerte avait été enregistrée en mars 2009, lors du renouvellement du bureau de l’Assemblée Nationale, avec le maintien de leurs candidatures par certains députés AMP, en violation de la consigne de groupe. La seconde était intervenue à la fin de l’année écoulée, avec la montée du Courant Rénovateur, dont les ténors se répandaient en critiques à l’endroit de leur famille politique dans les médias et même à la tribune du Palais du Peuple. On avait notamment entendu Fabrice Puelo et compagnie se plaindre du déficit de débat démocratique, de manque de transparence dans le partage des postes de responsabilité, des consignes imposées d’autorité, de soutien aveugle aux mandataires publics non méritants, etc.
Les ténors du Centre Libéral et Patriotique, qui viennent de s’illustrer dans un acte téméraire de revendication d’une sanction contre le gouvernement pour non satisfaction des attentes du peuple, suivi d’une spectaculaire reddition, ont, au-delà de tout ce qui pourrait faire penser à un agenda caché dans leur chef, embouché la même trompette que les animateurs du Courant Rénovateur. Ils ont, à leur façon, fait passer le message d’une exigence de plus de démocratie au sein de l’AMP, de plus d’engagement en faveur du combat politique du Chef de l’Etat et de plus d’attention à l’éventuel vote-sanction du souverain primaire en 2011. Certes, leur image est terriblement brouillée par leur volte-face mais l’on devrait tenir compte des non dits de leur démarche.

« Il faut le débat ! »

 Ainsi qu’on le voit, nombre d’affiliés de l’AMP brûlent d’envie de revendiquer le débat, à l’image du célèbre feu Enoch Nyamwisi Muvingi, l’auteur de la célèbre expression « Il faut le débat ! ». Colère et émotion une fois passées, il serait nécessaire que les partenaires politiques du Chef de l’Etat prennent le temps de s’interroger au sujet de la structuration de leur plate-forme politique, de son fonctionnement et de sa gestion des ressources humaines.
 C’est probablement ici qu’on réussira, à la faveur d’analyses sans complaisance visant l’intérêt communautaire, à cerner les véritables maux qui la minent. Ce travail exige d’être réalisé sans état d’âme, si l’on veut réellement  éviter que les membres ne se mettent à parler et agir désormais sous l’emprise de la peur, ou pire, qu’ils ne se réfugient derrière des visages masqués, alors que les circonstances commandent de privilégier la vérité, le franc jeu.

    Kimp

LEAVE A REPLY

*