Alerte à la cybercriminalité dans le monde et en RDC

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Dans le cadre du mois de la francophonie, un panel des spécialistes du numérique ont planché hier jeudi 29 mars 2018, au Centre de Documentation sur l’Enseignement Supérieur et Universitaire de Kinshasa « Cedesurk », sur les enjeux de la cybercriminalité, les intelligences numériques, les opportunités d’investissement dans les NTIC, etc.

Cette journée sur les intelligences numériques a été organisée par la
Délégation de la Wallonie Bruxelles « DWB » et l’Agence Universitaire
de la Francophonie « AUF ».

Présente  sur les lieux, la représentante spéciale du Chef de l’Etat
à la Francophonie, Isabelle Tshombe, a affirmé avoir vu naître le
Cedesurk, il y a de cela 16 ans. A sa naissance, a-t-elle rappelé, il
avait suscité beaucoup d’espoirs. Elle a relevé le fait que la RDC,
qui possède un sous sol riche et contribue à sa manière à l’éclosion
du numérique, soit en retard.
En sa qualité de directeur chargé de la planification à l’ANAPI,
Pierre Kanika a parlé en long et en large de l’agence sus évoquée.
L’ANAPI, a indiqué cet intervenant, mis sur pied pour faciliter la
tâche aux investisseurs potentiels et  les accompagner dans le volet
administratif, est un organe technique du gouvernement. Et d’ajouter
que les NTIC dépendent du ministère des PTT et de l’Autorité de
Régulation des Postes et Télécommunications.
Selon Kanika, la vision de  notre Etat  sur les NTIC est d’adapter le
régime des réseaux  et  des  télécommunication  aux réalités actuelles
pour éliminer les inégalités  de traitement  et les anomalies liées à
une non prise en compte  de la convergence des services, mais aussi
réduire le coût d’accès à l’internet et aux NTIC.
A l’en croire toujours, les NTIC peuvent  être utilisées dans les
secteurs de l’agriculture, la santé (télé médecine), l’éducation…..
Plusieurs  opportunités s’offrent aux investisseurs  sur les NTIC, a
conclu  Kanika.
Emmanuel Musuyi a défini que la cybercriminalité comme toute activité
illégale menée par un ou des individus en recourant à l’internet. La
RDC, qui compte des milliers d’internautes, n’est pas épargnée par  ce
fléau qui est beaucoup plus lucratif que la drogue.  Elle se
caractérise par le piratage des cartes bancaires, l’espionnage, la
publicité mensongère, la cyber pédophilie…….
Quant aux enjeux culturels, Musuyi a épinglé le problème des droits
de la propriété, relevant des cas des milliers des films piratés, des
marques contrefaites….. Le marché du disque s’est effondré. Au moins,
1,5 million des gens sont escroqués chaque jour.
Est-il possible d’intenter un procès contre des internautes peu vertueux ?
A cette question posée par un participant, Kodjo Ndukama, spécialiste
en droit numérique et intervenant lui aussi, a répondu qu’il est
difficile de le faire, dans la mesure où l’identification des auteurs
est un véritable casse-tête. Il y a également le problème de
l’harmonisation des lois. Un cybercriminel habitant par exemple
l’Indonésie mais qui a opéré en Chine, doit être jugé selon le droit
chinois ou indonésien ? s’est-il interrogé.

Musuyi a repris la parole pour dire que la cybercriminalité est
comparable au VIH sida. L’éradiquer, c’est vraiment difficile.  Les
pays ont intérêt à travailler en synergie pour tenter de freiner ce
fléau, a-t-il indiqué.
L’autre temps fort de la journée d’hier était la présentation des
projets innovants initiés par une dizaine des jeunes entrepreneurs
dans le domaine des NTIC.
En somme, ces jeunes gens servent d’interface entre les fournisseurs
de service et les consommateurs.
Farel Mayimbi, ancien étudiant en Inde, est certainement le jeune
entrepreneur à avoir le plus séduit l’assistance en expliquant avoir
étudié comment sécuriser des informations, mais aussi apporter des
solutions  en ce qui concerne la protection des données
confidentielles des entreprises et la réduction drastique  des vols.
Pourquoi, en dépit de la création de l’ANAPI et du service du Guichet
unique, les investisseurs ne bousculent pas en RDC ?
Kanika a fait savoir que l’ANAPI travaille à sa manière pour attirer
des investisseurs en RDC. Il a expliqué que le Congo est un pays post
conflit. Et qu’à voir comment les immeubles poussent comme des
champignons, on doit dire que les choses s’améliorent.  Kodjo a
recommandé aux « innovateurs » de faire breveter leurs inventions ou
les faire légaliser.

Jean-Pierre Nkutu