Albert II : voici mes propositions aux autorités congolaises

0
21

Le message du Roi Albert II était attendu avec une fébrilité et une impatience difficiles à imaginer, à Bruxelles comme à Kinshasa, à l’occasion de la fête nationale belge, prévue ce mercredi 21 juillet 2010. L’attention de l’opinion tant belge que congolaise s’est brusquement focalisée sur le couple royal belge depuis son dernier séjour à Kinshasa, dans le cadre du Cinquantenaire de la République Démocratique du Congo, du 28 juin au 1er juillet mais surtout à la suite de la controverse née autour du cadeau reçu par la Reine Paola de Marie Olive Lembe Kabila, l’épouse du président congolais.

            Tous les pronostiqueurs avaient parié sur au moins un mot du Roi sur le sujet, à défaut d’une mise au point. A la surprise des observateurs, Albert II est resté silencieux à propos des bijoux et colliers en diamants ramenés par son épouse de Kinshasa. Les Congolais se sont finalement rendu compte qu’il s’agit d’une affaire belgo-belge. Ce qui les a par contre réjouis, c’est d’entendre l’arrière-petit-fils de Léopold II louer l’hospitalité congolaise ainsi que le dynamisme des populations du Congo, tous âges et sexes confondus.

            Le Roi des Belges a davantage surpris des millions de Congolais par son souci de booster autrement la coopération belgo-congolaise, de renforcer l’amitié entre Belges et Congolais, de voir le Congo retrouver une paix durable et le chemin de la prospérité. Les décideurs congolais ont bénéficié gratuitement, via le message royal, des recommandations liées à leur lourde charge consistant à s’investir dans la satisfaction des desiderata des masses congolaises.

            Albert II a été clair : la Belgique est prête à appuyer toutes les initiatives visant la promotion de la paix et du développement dans la sous-région de l’Afrique Centrale pour ne pas dire des Grands Lacs, ce vaste ensemble que l’on a en partage avec deux anciennes colonies belges, le Rwanda et le Burundi. Le respect mutuel, a promis le Roi, sera au cœur des relations entre la Belgique et son ancienne colonie.

            Que dire des propos du souverain belge sinon que le débat autour des présents en diamants remis à la Reine Paola n’est pas au centre de ses préoccupations d’homme d’Etat. On pourrait même affirmer qu’au niveau du Palais de Laeken, le débat est clos avant d’avoir commencé.

            Ainsi que l’ont relevé plusieurs officiels belges, notamment l’ambassadeur de Belgique à Kinshasa, le ministre Michel et la sénatrice Arena, il se trouve en Belgique des extrémistes prêts à jeter de l’huile au feu des relations belgo-congolaises, pourtant replacées dans un contexte d’apaisement depuis la fin de la grave crise de 2007-2008. La leçon à tirer de la sortie d’Albert II à la veille du 21 juillet 2010 est que Congolais et Belges auraient plus à gagner à se concentrer sur ce qui les unit et les rapproche qu’à se laisser distraire par des sujets qui fâchent.                   Kimp.

 

LEAVE A REPLY

*