Alan Doss : « Nous n’avons simplement pas le pouvoir de livrer le Terminator »

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Le patron de la Mission des Nations Unies en RD Congo, Alan Doss, a réagi à l’article « Le Terminator vit dans le luxe pendant que les Casques bleus observent » publié dans le Guardian du 6 février 2010. Dans cette mise au point faite dans les médias locaux le  mercredi 17 mars, le représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu a, d’entrée de jeu, déclaré que ce reportage du confrère sur le conflit en RDC, semble supposer que, lorsque les Casques bleus sont appelés dans un pays en proie à des troubles, toutes les carences et les responsabilités en matière d’ordre et de loi incombent à l’Onu. Il n’en est pas ainsi, dit-il. Avant d’ajouter que les gouvernements demeurent responsables de leurs forces de sécurité, de la protection des civils, de l’intégrité du territoire, des ressources naturelles et des institutions publiques. « Nous assistons la RDC dans nombre de ces domaines, mais nous ne pouvons pas imposer notre volonté au gouvernement congolais », a-t-il clamé.

Face au repérage de Bosco Ntaganda, un chef rebelle recherché par la Cour pénale internationale(CPI), sur un terrain de tennis à Goma, alors qu’il continue à servir en tant que général dans l’armée congolaise, qui jouit du plein soutien de la Mission de maintien de paix de l’Onu en RDC, Alan Doss a souligné que l’appui de la Monuc fournit à l’armée nationale n’est en aucun cas lié à la liberté de Bosco. Il est alors injuste de dépeindre l’assistance de la Monuc à l’armée assistance décidée par le Conseil de Sécurité de l’Onu comme un « pacte avec le diable ». «Nous avons déclaré à maintes reprises que si les autorités congolaises demandaient à la Monuc d’aider à livrer Ntaganda à la CPI, nous le ferions. Mais le Président Kabila a choisi pour l’instant d’écarter toute action contre Bosco. Beaucoup souhaiteraient peut-être qu’il en soit autrement, mais les Casques bleus de l’Onu déployés en RDC n’ont pas plus de pouvoir d’arrêter quelqu’un sur un terrain de tennis à Goma qu’ils n’en auraient à Wimbledon », a-t-il indiqué.

Certifiant que la Monuc est la plus grande opération de maintien de la paix dans le monde, Alan Doss estime cependant qu’un budget annuel de 1,3 milliard de dollars ne devrait pas être pris pour une baguette magique qui résoudrait tous les problèmes du pays. Nous disposons, poursuit-il, de 18.000 Casques bleus alors que le Kosovo, infiniment plus petit, avait 40.000 soldats de l’OTAN et un appui aérien que les Casques bleus de la RDC ne peuvent dont rêver. Pour ce qui est de la concentration de plus de 95% des troupes dans les provinces de l’Est, couvrant une superficie trois fois plus grande que celle de la France, Doss précise que le terrain y est très boisé, peu de routes, isolement des communautés alors que les conditions ne permettent pas un accès rapide lors des interventions.

Quant au titre du « Guardian » qui implique que la Monuc se tient volontairement hors-jeu, la Monuc s’y inscrit en faux et renseigne que ses éléments patrouillent au départ de 90 localités et protègent des convois humanitaires qui apportent de l’aide à quelque 1,2 million de personnes. Dans le Nord-Kivu, ils effectuent chaque mois près de 1800 patrouilles diurnes et nocturnes, pédestres et motorisées. « Toutefois avec un Casque bleu pour 110.000 personnes, nous ne pouvons pas être partout à la fois »

Enfin, Alan Doss a confirmé que le Président Kabila et le Conseil de Sécurité ont demandé un plan graduel de désengagement, voire éventuellement de retrait, mais le Conseil a aussi souligné son intention de renouveler le mandat de maintien de la paix pour une autre année. «Nous travaillons avec les Congolais pour élaborer des propositions qui permettront une réduction des effectifs sans préjudice à la stabilité », a-t-il conclu.  

 

                 Tshieke Bukasa

 

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