Des agroforesteries pour protéger la forêt naturelle et lutter contre le changement climatique

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foret-equatoriale1-412x310Le ministre de l’Environnement, Robert Bopolo, et une délégation de l’Union européenne conduite par l’Ambassadeur Jean-Michel Dumond, ont effectué du samedi 19 au dimanche 20 mars 2016, une visite de terrain dans l’agroforesterie de N’tsio, située au plateau des Bateke à environ 150 kilomètre de la ville de Kinshasa.  Accompagnée des membres de Green journalists network, un réseau des journalistes œuvrant dans le secteur de l’environnement, la mission a pu se rendre compte de l’évolution de ce projet exécuté par la fondation Hanns Seidel grâce au financement de l’UE. Il vise à transformer la savane en forêt artificielle en impliquant la population avec l’installation des fermiers, non seulement dans le but de protéger le forêts naturelles de la dégradation avec la coupe des bois et lutter contre le changement climatique, mais aussi, pour contribuer à l’épanouissement des populations environnantes, notamment à travers la production agricole.

En exécution depuis le 13 janvier 2013 et étendu sur une durée de 5 ans, le projet N’tsio recouvre une surface de terre de 5 milles hectares répartis en 4 associations des fermiers (Mudiankulu, Wolimbwa, Mutio et Dwale) dont chacun des 270 que compte le domaine, s’est vu attribué 17 ha de terre avec une maison de deux chambres et salon construite en matériaux durables, où ils sont logés avec leurs familles respectives, avec comme activité principale, l’approvisionnement vivrier. Dans le cadre de ce projet, la fondation procède chaque année, au boisement d’un hectare et demi de l’étendue de chaque fermier.

Grace aux deux forages d’eau alimentés par les panneaux solaires sans batteries, avec une capacité de production de 100 mètres cubes chacun (avec 4 châteaux d’eaux), la fondation fournit de l’eau aux ménages,
ce qui leur permet de bien travailler leurs champs.
C’est ainsi que pour palper du doigt toutes ses réalisations de terrain, la grande équipe a commencé  sa visite par la pépinière centrale de N’tsio où elle a reçu les explications de Franck Bisiaux, directeur du projet et celles des experts agronomes, vétérinaires, techniciens, etc., sur l’importance et le rôle des différentes espèces de plantes et arbres et le fonctionnement du système d’approvisionnement en eau. Dans cette pépinière, la fondation procède à la culture des centaines de milliers des variétés de plantules d’acacias, de pinups, d’eucalyptus. Une fois la maturité atteinte, elle les distribue ensuite aux fermiers pour la plantation. Ces espèces de plantes sont minutieusement choisies suivant les critères recherchés et les exigences  (soit pour l’obtention des bois de chauffe, la fertilisation du sol, la séparation des zones, la lutte contre les incendies et les érosions, soit encore pour l’agroforesterie urbaine, etc.).

Après la visite de la pépinière, les délégations ont ensuite visité quelques familles et associations des fermiers qui ont exprimé leur gratitude à l’endroit de l’UE et de la fondation Hanns Seidel qui leur ont permis d’amorcer le développement de leur village avec la construction des écoles, des hôpitaux, etc. Ici, le ministre Bopolo a exhorté les responsables des associations des fermiers à travailler dans la vision de la pérennisation du projet, tout en félicitant l’UE pour cet appui remarquable.

Il sied de signaler  que la visite de cette agroforesterie a commencé par celle de Mampu, située à environ une heure de route de N’tsio. Ce projet qui a été financé également par l’UE avec la fondation Hanns Seidel et qui a pris fin il y a environ 5 ans, est considéré comme l’ancêtre de N’tsio, étant donné qu’il a conduit à la naissance de cette dernière. Saisissant l’occasion du passage du ministre de l’Environnement sur leurs terres, l’association des fermiers de Mampu a remis un mémo à Robert Bopolo, dans lequel ils ont sollicité l’implication de son autorité afin de résoudre les problèmes qui menacent la pérennisation et la survie de Mampu.

Myriam Iragi