«AgriBusiness Forum 2014»: une chance à saisir pour la RDC

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Kinshasa accueille, du 26 au 29 octobre 2014, un grand événement à caractère économique et agricole dénommé « AgriBusiness Forum 2014 ». Il s’agit d’une initiative du groupe EMRC. Le cadre choisi pour son organisation est le Grand Hôtel Kinshasa. 450 participants en provenance du monde entier sont attendus dans la capitale congolaise. Ce sera le rendez-vous des décideurs politiques, hommes d’affaires, industriels, bailleurs de fonds, chercheurs, managers d’entreprises publiques et privées, opérateurs du secteur agro-alimentaire.

            Tout ce beau monde est appelé à échanger autour des voies et moyens susceptibles de booster le secteur agro-alimentaire en Afrique. Les réflexions devraient notamment se focaliser sur les opportunités de partenariat entre notre continent et le reste du monde ainsi que sur les meilleures pratiques à mettre en œuvre pour y attirer les investisseurs.

            C’est depuis 2009 que le continent africain a commencé à abriter les activités de l’AgriBusiness Forum. La première édition africaine a eu lieu en 2009 au Cap, en Afrique du Sud, la seconde à Kampala (Ouganda) en 2010, la troisième à Johannesburg (Afrique du Sud) en 2011, la quatrième à Dakar (Sénégal) en 2012, la cinquième à Kigali (Rwanda) en 2013. On rappelle que les dernières éditions européennes s’étaient tenues en 2007 et 2008 à Rome, en Italie, siège de la FAO (Organisation Mondiale pour l’Alimentation et l’Agriculture).

Pourquoi la RDCongo ?

            Ainsi, l’honneur échoit cette année à la République Démocratique Congo de recevoir les « invités » de l’AgriBusiness Forum. On croit savoir que le choix de Kinshasa tient à plusieurs facteurs. L’on retient, de prime abord, l’assainissement du cadre macro-économique par le gouvernement, sous la conduite, depuis mai 2012, du Premier ministre Matata Ponyo. Crédité aujourd’hui d’un Produit Intérieur Brut dont la croissance est estimée à 8,7 % pour l’exercice 2014, notre pays s’impose désormais comme un partenaire fréquentable par les bailleurs de fonds internationaux, étatiques comme privés.

            Les réformes économiques engagées par l’équipe gouvernementale, dans le cadre de l’amélioration du climat des affaires, en vue de conférer à la RDC le statut de pays émergent à l’horizon 2030, commencent à porter des fruits. Des innovations telles que la bancarisation des salaires des fonctionnaires de l’Etat, la réduction sensible du délai de création d’entreprise, la facilitation et la simplification du paiement des taxes et impôts, la simplification et la facilitation des conditions d’accès au crédit… sont autant d’avancées de nature à rassurer les investisseurs.

            L’autre facteur déterminant dans le changement positif de d’attitude chez les  bailleurs de fonds, surtout privés, se trouve être la restauration de la paix dans la partie Est du pays, en proie à l’insécurité récurrente depuis près de deux décennies. Le retour de la paix ouvre à la RDC d’heureuses perspectives pour les activités agro-pastorales au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, dont le climat est proche de celui de plusieurs pays de l’hémisphère Nord.

            S’agissant précisément de l’agriculture congolaise, beaucoup d’observateurs la considèrent comme la rampe de lancement du développement de la République Démocratique du Congo. Décrétée « priorité des priorités » depuis belle lurette, elle devrait être dotée des moyens financiers et techniques pouvant lui permettre d’impulser effectivement l’autosuffisance alimentaire en faveur non seulement des populations congolaises mais aussi africaines.

            Le potentiel agricole congolais renseigne que la RDC héberge 80 millions d’hectares des terres arables. Avec l’eau douce en abondance et en permanence, il suffit de réhabiliter les fermes et plantations abandonnées et d’en créer de nouvelles pour nourrir, à leur faim, les 73 millions de Congolais ainsi que les 250 millions de bouches répertoriées à travers l’Afrique.

            Grâce à l’AgriBusiness Forum 2014, notre pays se voit offrir, sur le plateau d’or, la vitrine tant recherchée pour jouer pleinement son rôle de géant agro-alimentaire en devenir. Il appartient donc aux décideurs politiques et aux hommes d’Affaires congolais de jouer la bonne carte face à l’Afrique et au monde, pour se lancer dans un développement marqué par une cadence hautement accélérée.

Kimp

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