Agitation autour des 26 provinces : le gouvernement montre ses caisses vides et rappelle les préalables !

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La République s’est finalement souvenue jeudi qu’elle avait un problème majeur à résoudre : celui du découpage territorial. Les éclairages « publics » que les Congolaises et Congolais attendaient depuis des lustres ont atterri en catastrophe. L’Assemblée Nationale s’est saisie d’une motion d’un de ses membres pour faire le constat de l’irresponsabilité et de l’immobilisme dans la perspective, connue depuis 36 mois, du passage du pays de 11 à 26 provinces. Mais, au finish, elle a eu du mal à proposer une piste de sortie.

De son côté, l’exécutif national, par la voix du Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, a sorti la grande artillerie pour faire étalage des préalables juridiques et financiers liés à la mise en application des articles 2 et 226 de la Constitution. Il s’avère, à l’analyse, que membres du Gouvernement comme du Parlement se retrouvent prisonniers des préalables. L’Assemblée Nationale, à laquelle il est imputé, avec raison, la responsabilité du retard de finalisation de l’arsenal juridique devant sous-tendre le découpage territorial, n’a donné aucun signe de son empressement de se mettre à jour au regard du délai coupe-gorge du 15 mai 2010.

En clair, même si les moyens de supporter le fardeau financier de 26 provinces, dont 21 nouvelles, étaient disponibles, celles-ci ne pouvaient devenir opérationnelles à cause de l’insuffisance des textes législatifs ad hoc.

En effet, l’ardoise, telle que présentée par le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur a de quoi donner des sueurs froides : c’est presque l’équivalent des recettes internes dégagées dans le cadre du budget national 2010. Autrement dit, passer automatiquement à 26 provinces, c’est canaliser l’ensemble des ressources internes vers les dépenses de fonctionnement des administrations de ces nouvelles entités.

Mais, le gouvernement savait, depuis 2008, ce que devait lui coûter la matérialisation de la volonté du législateur. Pourquoi avoir entretenu, pendant 36 mois, l’illusion de sa capacité à faire face à la facture fort salée de la prise en charge de 26 provincettes ?

A présent que les faits démontrent que les responsabilités sont partagées entre les pouvoirs exécutif et législatif, des millions de Congolais souhaitent que le réalisme habite les uns et les autres dans le souci partagé de ne pas violer la Constitution. Qu’il s’agisse de la révision constitutionnelle dans le volet relatif au découpage territorial ou de la recherche des moyens financiers à allouer aux nouvelles provinces, que rien ne se fasse dans la précipitation et les états d’âme. Tout a un coût, même la simple modification du nom d’une province en termes de documents et actes administratifs, fiscaux, judiciaires, douaniers, fonciers, domaniaux… et autres à renouveler.

Le grand regret que ressentent des millions des compatriotes, est que ceux qui évoluent dans les institutions nationales se soient réveillées sur le tard pour donner des réponses pertinentes aux questions qui auraient dû être discutées il y a une année ou deux. Qu’à cela ne tienne, tout le monde est au moins d’accord sur une chose : il est impossible d’avancer tête baissée vers une République Démocratique du Congo à 26 provinces. Cela va demander du temps, suffisamment de temps… et de l’argent, beaucoup d’argent.  

Jacques Kimpozo

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